CHAPITRE VII
De la cause qui a poussé M. Comte dans la méthode subjective.
Laissant de côté, pour le moment, ce que j'ai essayé d'établir dans les chapitres précédents, à savoir que M. Comte a introduit la méthode subjective indûment, que les applications de la doctrine ne comportent pas une autre méthode que celle de la doctrine même, et que les conséquences provenant de ce changement sont, expérimentalement, en désaccord avec les faits historiques et, théoriquement, avec les principes de la méthode positive, ainsi abandonnée; laissant, dis-je, de côté tout cela, il importe d'examiner, non plus philosophiquement, mais psychologiquement, par quel entraînement M. Comte en est venu à se livrer tout entier à la méthode subjective.
La cause en effet est psychologique; car là-dessus j'ai, non pas mes propres conjectures, que je me serais abstenu de proposer, mais les dires mêmes de M. Comte.
Depuis qu'en 1842 il eut terminé le Système de philosophie positive^ il ne cessa de rouler dans son esprit le livre qu'il avait promis sur la politique positive. Pourtant, ce fut en 1845 seulement que le caractère et le plan en furent arrêtés. Cette reprise de sa composition philosophique ^ ou, comme il dit encore plus précisément, Vélaboration initiale de son second grand ouvrage, coïncida avec une grave maladie nerveuse. Voici ce qu'il écrit à M. Mill: « Cette lettre a pris une telle extension que je suis forcé d'ajourner d'intéressants
détails sur une grave maladie nerveuse, déterminée sans doute par la première reprise de ma composition philosophique, quelques jours après ma dernière lettre (15 mai). Le trouble a consisté en insomnies opiniâtres, avec mélancolie douce, mais intense, et oppression profonde, longtemps mêlée d'une extrême faiblesse. J'ai dû suspendre quinze jours tous mes devoirs journaliers et rester même au lit. Mais mes précautions soutenues ont toujours circonscrit la maladie dans le sein du système nerveux, en prévenant par l'abstinence la fièvre et Tirritation gastrique, de façon à me dispenser d'appeler aucunement mon médecin, qui est loin d'entendre comme moi le gouvernement de mon propre appareil cérébral. Vos deux affectueuses lettres m'ont trouvé en pleine convalescence, sans que toutefois le sommeil soit encore recouvré suffisamment. Quoique mon élaboration naissante ait été ainsi suspendue, l'ensemble de ma composition aura beaucoup gagné à cette période exceptionnelle, où ma méditation était loin d'éprouver l'atonie de ma motilité (Paris, 27 juin 1845). »
Cette lettre est mystérieuse. On ne promet pas iHutéressants détails sur une fièvre ou une fluxion ; et on croit en avoir assez dit quand on a annoncé à un ami le fait, quelques symptômes et le résultat. C'est que, véritablement, ce n'avait été ni une fièvre ni une fluxion, mais une crise dans laquelle l'flme de M. Comte avait subi de profondes impressions et de durables modifications. Cela est nettementexpliqué dans ce passage d'une autre lettre à M. Mill ...... L'invasion décisive de cette vertueuse passion (pour Mme Clotilde de Vaux) coïncida, l'an dernier, avec Télaboration initiale de mon second grand ouvrage. Vous concevez ainsi la vraie gravité d'une crise nerveuse qui jusqu'ici vous était imparfaitenient connue, et dans laquelle J'ai couru un véritable danger cérébral, dont d'énergiques souvenirs personnels m'ont heureusement préservé, sans aucune vaine
intervention médicale, par la seule assistance du sévère régime que j'ai introduit, à cette occasion, pour tout le reste de ma vie. Sauf cet inévitable début, je sentais avec délices Tadmirable harmonie spontanée de cette affection privée avec ma mission publique, au moment où je commençais ma nouvelle carrière philosophique, où le cœur, comme je vous Tannonçai, aura désormais au moins autant de part naturelle que l'esprit lui-même.... (Paris, le 6 mai 1846). »
Il n'est aucunement impossible de se rendre raison des phénomènes psychologiques qui se passèrent en lui. Depuis près de trois ans, le plan d'une politique positive l'occupait exclusivement, et il était livré à tous les efforts de la pensée. C'est dans ces méditations prolongées et absorbantes qu'il eut une crise.
Jusque-là, cette crise est indéterminée. Mais Teffort de pensée qui le travaillait» approchant de sa fin, se rencontra avec l'amour passionné que lui inspira Mme de Vaux. Dès lors, la crise prit un caractère déterminé, et eJJe imprima le sceau du sentiment sur la conception qu*il élaborait.
Ainsi, dans cette méditation profonde qui dominait son esprit, et dans cette tendresse passionnée qui captivait son cœur, les obstacles qui l'avaient arrêté jusque-là disparurent, les écailles lui tombèrent des yeux, et il aperçut la méthode subjective comme un guide lumineux qui l'introduisait dans le plus lointain avenir d'une humanité tout entière livrée à l'amour. Dès lors, son œuvre lui fut tracée d'un bout à l'autre; et il ne s'agit plus que de déduire et de combiner; or, quelle plus forte tête y eût-il pour enchaîner et suivre les combinaisons?
De pareils phénomènes nerveux ne sont pas rares; plusieurs hommes célèbres ont reçu de ces secousses mentales qui ont grandement modifié leurs dispositions intérieures.
Saiot Paul, sur le chemin de Damas, en est un des plus mémorables exemples.
Ces secousses mentales ne sont pas nécessairement salu* taires. Aveugles de leur nature, elles peuvent conduire au droit ehemin ou conduire au mauvais. Si M. Comte eût appartenu à la théologie ou à la métaphysique, une crise le jetant dans la voie positive, il eût bénéficié de la bonté de la voie par le hasard de la crise. Mais, inversement, un hasard de même nature Timpliqua dans les déceptions de la voie subjective.
Le caractère de ces secousses mentales est d'inspirer une pleine confiance, une par&ite sécurité ; même les délices, comme ille dît fort bien, n*y sont pas étrangères. Il avait, pris un optique complaisant qui lui ouvrait une perspective infinie; et, plus que jamais, il s'applaudissait dans la force d'une activité cérébrale renouvelée.
Aussi, est-ce à ce moment qu'il se crut rajeuni et en possession d'une seconde vie. Bien plus, à mesure qu'il avança en âge, il se flatta, si le sort lui donnait la longévité de Fontenelle ou du moins celle de Voltaire (c'étaient là ses deux termes), d'ajouter à sa seconde vie une troisième» celle de l'art, oh la poésie devait tenir le haut rang. De sorte que, pour lui, dans son illusion, les pas progressifs vers la vieillesse étaient des pas de retour vers la jeunesse. Un ordre physiologique que rien ne peut changer met Tart et la poésie dans l'âge de la force et de la création ; cette phase ne se prolonge pas jusqu'aux limites de l'existence ; et Goethe lui-même, comme on l'a dit, s'était survécu. Quant aux natures scientifiques et philosophiques, elles redemanderaient en vain à la vieillesse, pour l'art et la poésie, une place qu'elles ont donnée à d'autres travaux.
La crise se rencontra, comme on l'a vu, avec un vif amour pour une dame, Mme Clotilde de Vaux, dont il a inscrit le nom dans les livres de sa seconde vie. L'influence
en fut mystique, surtout quand la mort, qui tarda peu, en eut consacré le souvenir; et le mysticisme fut une aggravation de la méthode subjective.
Dans de pareilles conditions, l'œuvre de M. Comte, an terme où il Ta poussée, est devenue quelque chose de trèsmélangé; il s'y trouve même des portions qui ne représentent que des impulsions toutes personnelles, sentiments ou sensations. Chacun des disciples a maintenant à aire son examen de conscience, et à dire ce qu'il admet et pourquoi il l'admet. Quant à mpi, les attaques dont j'ai été récemment l'objet à propos d'une canditature académique, m'obligent plus particulièrement à déterminer ma position philosophique. J'ai été rudement traité comme positiviste; je ne m'en plains pas, car l'accusation est juste, tout cet ouvrage le démontrerait de nouveau, si cela était nécessaire; et, pour mes convictions, j'accepterais bien d'autres sacrifices que ceux d'une exclusion. Mais encore faut-il que^ de mes responsabilités, j'écarte tout un ordre de propositions et de conséquences.
Donc, je décline la méthode subjective et tout ce qu'elle implique ; je décline la construction, faite dès à présent, de l'avenir social, le tableau cérébral, les fétiches, la terre, l'espace, et la finalité revenant avec eux. Les six premiers chapitres de cette troisi^e partie contiennent là-dessus tout ce que j'ai à dire.
Je décline, cela va sans dire, l'hypothèse de la viergemère. Voici ce qu'est cette hypothèse, qu'un esprit monté à l'état mystique a pu seul écrire, et que je ne transcris qu'à regret, mes devoirs envers la philosophie positive me le commandant : « Afin de mieux caractériser l'indépendance féminine, dit M. Comte en 1854, je crois devoir introduire une hypothèse hardie que le progrés humain réalisera peut-être, quoique je ne doive examiner ni quand ni même comment. Si l'appareil masculin ne
contribue à notre génération que d'après une simple excitation, dérivée de sa destination organique, on conçoit la possibilité de remplacer ce stimulant par un ou plusieurs autres, dont la femme disposerait librement. L'absence d'une telle faculté chez les espèces voisines ne saurait suffire pour l'interdire à la race la plus éminente et la plus modifiable. Ce privilège s'y trouverait en harmonie avec d'autres particularités relatives à la même fonction, où la menstruation constitue surtout une amélioration décisive, ébauchée chez les principaux animaux, mais développée par notre civilisation. Il serait superflu d'insister davantage sur une telle hypothèse, destinée seulement à faire ici pressentir combien la femme peut devenir indépendante de rhomme, jusque dans son office physique... Si l'indépendance féminine peut jamais atteindre cette limite, d'après l'ensemble du progrès moral, intellectuel et même matériel, la fonction sociale du sexe affectif se trouvera notablement perfectionnée... La production la plus essentielle deviendrait indépendante des caprices d'un instinct perturbateur, dont la répression normale constitue jusqu'ici le principal écueil de la discipline humaine. Une telle attribution se trouverait dignement transférée, avec une responsabilité complète, à ses meilleurs organes, seuls capables de s'y préserver d'un vicieux entraînement, afin d'y réaliser toutes les améliorations qu'elle comporte {Politiqi^ positive, t. IV, p. 68). »
Je ne voudrais pour rien au monde entrer dans les conséquences morales qu'entraîne pour l'un et l'autre sexe une telle hypothèse. La physiologie me suffit : M. Comte a oublié l'exemple du mulâtre, né d'un blanc et d'une noire ou d'un noir et d'une blanche, qui prouve suffisamment que Faction du père ne peut être remplacée. De pareilles combinaisons subjectives sont de vaines ombres ; mais que dire quand, prenant ces ombres pour des réalités, on dé-
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clare que l'utopie de la vierf e-mère est le résumé synthétique de la religion positive (p. 876)yet que Ton yeut diriger d'après un pareil type toute la vie individuelle et eociale?
Par la confianee que noua avions en lui, et qu'il s'était justement acquise, par la puissance avec laquelle M* Comte continuait à combiner, son ascendant sur nous était grand. Je dis nous, car je l'ai subi, trop sans doute, puisque aujourd'hui je suis obligé de revenir sur mes pas. ATon que j'aie, en aucun temps, admis tout ce qui vient d'être énih niéré; la plupart de ces conceptions sont postérieures ao temps où je me retirai d'auprès de lui, et je n'ai jamais sd besoin de m'en défaire. Les corrections que j'ai i subir portent sur deux points, importants l'un et l'autre; le pnmier concerne mon adhésion à la religion telle que M« Comte l'a formulée; j'ai indiqué dans le préambule de cette troi* sième partie comment je modifle, sans rabaudouner, cette adhésion : pour moi, aujourd'hui, entre la philosophie positive et une religion, il y a équivalence et non identité. Le second point est le gouvernement révolutionnaire; il ^n sera question dans le chapitre huitième.
C'est le lieu de dire quelques mots de ce que M. GomiB nommait son hygiène cérébrale, hygiène à laquelle il ne se permettait pas d'infraction ; il en a parlé dans ses lettres; il en parlait dans 9es conversations. La chose et l'exprès^ sion sont également heureuses; et il y a là une indication à suivre et un germe à développer. Uhygiène cérébral» n'avait pour lui qu'un sens très-limité et tout personnel; cela signifiait seulement la rigoureuse abstention de toute lecture, à part quelques poètes favoris, et, sur la fin de sa vie, Vlmitatian de Jésuê-Chrùt. Depuis l'époque de sa jeunesse où il avait amassé s%% matériaux et formé son fonds intellectuel, M. Comte ne lisait plus rien; il faut ajouter que ce fonds intellectuel fut très-riche; que ses lectures s'étendirent très-loin, et que sa puissaote mémoire, raie-
< nant tout, conservant tout, mettait encore, bien des années i après, à son service l'ensemble de ce qu'il avait alors re« I cueilli. Cette hyifièiUf pour me servir de son expression» fut i très-bonne pendant tout le temps où M. Comte exécuta Tœuvre conçue ; l'idée était trouvée ; il importait de ne s'en i laisser distraire par rien, ni par le soin de prendre con* naissance de ce qui se passait, ni par les difficultés qu'aurait pu soulever dans son esprit telle ou telle nouveauté» Il ferma donc, avec la résolution qui le caractérisait, l'entrée de son cabinet à tout livre du passé ou du jour, et arriva victorieusement au terme de la carrière. Mais ce qui avait si bien convenu quand l'œuvre se faisait ne convenait plus quand elle fut faite et qu'il déposa la plume qui avait tracé la grande page de la philosophie moderne. Soit qu'il formât le projet de se reposer et de considérer & loisir l'efTet de son œuvre, comme on se met à distance pour considérer un tableaui soit qu'au contraire, ce qui était le cas, il fût décidé à travailler encore comme il avait travaillé jeune, il importait d'interrompre cette hygiène cérébrale. Vingt ans au moins s'étaient écoulés depuis ses premières et fructueuses lectures ; beaucoup de choses avaient eu un renouvellement dans les sciences^ dans les lettres, dans rhistoire, dans l'étude des langues et des races; c'était une provision nouvelle à faire. De plus, l'ancienne s'était usée, c'est-à-dire qu'il en avait tiré ce qui avait le plus d'analogie avec son esprit et avec ses idées ; le demeurant avait été, si je puis ainsi parler, pressé et manquait de suc. Donc, au moment de Tintervalle entre l'œuvre qui venait de s'achever et l'œuvre» quelle qu'elle fût, qui allait se commencer, une sage hygiène conseillait de reprendre la grande lecture, et de reconnaître en quoi les nouveaux matériaux influaient sur ce qui avait été fait en philosophie positive et sur ce qui restait à faire.
Il n'en fut pas ainsi ; non-seulement M. Comte ne changea
rien à ce qu'il nommait son hygiène cérébrale, et qui, à Trai dire» cessait d'être une hygiène pour prendre le a ractère d'un mauvais régime, du moment qu'il voulait continuer à travailler; mais encore il l'aggrava , joigoantà la concentration philosophique la concentration mystique. Il devint lecteur assidu de Ylmitation et mit en usage les pratiques des mystiques pour obtenir certains états cérébraux. Le mysticisme, avec des touches très-diverses, te unes légères, les autres profondes, appartient incontesta blement à l'âme humaine ; mais autres sont les sources à mysticisme qui se précipite dans l'absorption divine, et autres celles du mysticisme qui s'appuiera sur la conception positive du monde ; et de celui-là on sent un souffle dans ce beau vers d'un grand poëte italien qui, contemplant les horizons sans bornes, aimait à se perdre et à faire comme naufrage dans l'océan des choses (E naufragari' questo mar m'è dolce). En tout cas, devenir mystique, ce?: renoncer à être chef de la pensée ou guide de l'action.
M. Comte est le premier, je crois, qui ait nommé l'hygiène cérébrale. Je ne veux pas laisser l'idée confinée dans l'usage particulier auquel il la destinait. On peut en effet l'en dégager et recommander aux esprits méditatifs, et surtout aux médecins, l'importance d'un tel sujet Nous avons des traités sur Thygiène du corps ; nous n'en avons point sur l'hygiène de l'esprit ; les livres sur la santé des gens de lettres donnent des conseils pour éviter les inconvénients attachés au travail de cabinet, non des conseils pour étudier l'esprit, pour en connaître les côtés faiW^-*' et pour indiquer comment on peut fortifier ces côté^ faibles, comment il faut diriger les forces intellectuelles à l'efiTet d'en obtenir le meilleur parti et la plus longue durée, et quelles sont les occupations qui se rectifient l'une l'autre et dont l'alternance entretient l'intelligence. La matière e5i difficile; car tout y est à faire, aussi bien l'observation des
esprits considérés dans leur application aux différents genres d*études, que la recherche des conseils qui peuvent leur être utilement donnés. En attendant, j'engage tout homme qui travaille de tête à soumettre de temps en temps Texercice de sa pensée à un vrai contrôle, et à faire pour , le régime mental ce que la sagesse ordinaire fait pour le régime du corps.
Tout ce que H. Comte a produit depuis 1845 est sous l'empire de la méthode subjective et souvent du mysticisme, qui deviennent d'autant plus dominants que le terme approche davantage. Donc, partout, en le lisant, il faut abstraire la méthode subjective et le mysticisme, et faire son prolit de ce qui reste de vues et de pensées. «
Mais, dans mon opinion, il est, de ce temps, deux œuvres qui méritent une attention spéciale, je veux parler du Discours sur Vensemble du positivisme et du Calendrier positiviste,
La révolution de 1848 exalta M. Comte d'une façon favorable; et, sous cette émotion, il écrivit le Discours sur . Censemble du positivisme. 11 ne faut certainement pas ajouter une foi implicite aux arrangements lointains qu'il y prévoit pour la société, et, en cela, il passe les bornes de la déduction légitime ; mais le livre est écrit avec une verve qui entraîne, d'un style net et vigoureux qui captive; les aperçus nouveaux y abondent; c'est un livre plein de substance et dont la lecture profite singulièrement.
Le Calendrier positiviste mérite d'entrer dans la bibliothèque de tous ceux qui étudient et pratiquent l'histoire. Je laisse de côté l'intention de le substituer dans l'usage au calendrier courant^; je parle du fond. Il consiste essentiellement à remplacer les saints du calendrier catho-
1. M. Comte ne datait ses lettres que d'après ce calendrier. On trouve quelques-unes de ces dates dans des lettres qui ont été ou seront rapportées çà et là.
liquepar les hommes qui, ayant marqué dans l'histoire à quelque grand titre, ont servi an développement de rhumanîté.
J'emprunte à M. Comte l'exposition du plan de ce calendrier : « Je subordonne l'un à l'autre trois genres de types, mensueis, hebdomadaires et quotidiens. La succession, toujours chronologique des treize* types mensuels, représente l'étude la plus fondamentale de l'ensemble du passé....
chacun d'eux préside au mois correspondant Sous chaque
type du premier ordre, j'en range chronologiquement quatre du second^, principaux coopérateurs de révolution qu'il représente.... L'ensemble de ces cinquante-deux noms caractérise un second degré de développement et de précision pour la conception concrète du mouvement humain.... J'institue une troisième gloriUcatlon du passé, en comr crant chronologiquement les jours ordinaires de chaque semaine aux six meilleurs émules du type qui la donuoe Ces noms sont d'ailleurs choisis indijBTéremment parmi te précurseurs ou les successeurs du chef correspondant.... Ces illustrations du troisième ordre se trouvant être pins nombreuses que les jours de l'année, je n'ai pu embrasser tous les noms qui méritent une certaine glorification occidentale qu'à l'aide d'un artifice supplémentaire : il consiste à accompagner un type quotidien d'un nom accessoi/v, destiné à le remplacer, en vertu de titres analogues (pfÀque moindres (Ca2endn0rpo5Moi#fe, p. 14). »
On pourra discuter sur quelques admissions et quelques exclusions; mais, dans l'ensemble, les noms ont été ^ fiiitement choisis, et l'on admire la sûreté du jugement porté sur tant d'hommes et tant de départements divers. Cette commémoration fut conçue par M. Comte comme un grand témoignage de reconi^aissance de l'humanité tout