‹ Auguste Comte et son œuvre [microform]; le positivismeChapitre 1 sur 17 · V. OIARD ET E. BRIÈRE · texte numérisé non relu

V. OIARD ET E. BRIÈRE

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16, Rue Soufflot et 12, Rue Toullier

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Auguste Comte et son œuvre

Ce n'est pas en critique, mais en disciple, comme il convient, avec une pieuse vénération, que je vais évoquer la vie sainte et rappeler Tœuvre salvatrice d'un immortel héros, le plus grand de tous, le plus complet, par l'esprit, par le caractère comme par le cœur, Celui qui fut, à la fois, Aristote et saint Paul : Auguste Comte.

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sa vie. ses ECRITS

Il naquit, à Montpellier, le 19 janvier 1798. Son

père, fonctionnaire, était royaliste. Sa mère, née Ro-

^ salie Boyer, était catholique fervente. Auguste Comte

S s'est reproché, plus tard, de ne l'avoir pas assez

^^ chérie.

Il est vrai qu'à l'âge où la sensibilité s'éveille, à neuf ans, il fut placé comme interne au lycée de

Montpellier, c'est-à-dire «soustrait au cours ordinaire des émotions domestiques par une funeste claustration scolastique ».

Doit-on l'attribuer aux propres réflexions de l'enfant ou aux suggestions de professeurs voltairiens ? Bientôt, malgré toutes les objurgations et les punitions, il se refuse aux pratiques religieuses et il se 7 déclare républicain

Ayant terminé ses études classiques, il est admis à l'École polytechnique, en i8i3, le premier sur la liste de l'examinateur de la région, Francœur, une année avant l'âge prescrit par les règlements. Il emploie cette année en suppléant son professeur Daniel Encontre, malade, pour le cours de mathématiques spéciales au lycée.

A l'École polytechnique, d'après J. Bertrand, il est considéré par tous comme « la plus forte tête de la promotion ».

Mais, en 1816, à la suite de troubles, l'École est licenciée. Il suit alors les cours de la Faculté de médecine de Montpellier.

Malgré ses parents, il revient à Paris. Pour vivre^ il donne des leçons de mathématiques. Pendant trois semaines, il est secrétaire de Casimir Périer.

Cependant, il poursuit ses études. Sa faculté de travail, sa mémoire sont prodigieuses.

Il accumule ses matériaux encyclopédiques. Déjà, il marque ce qu'il sera.

Sa première publication semble avoir été un opuscule daté de juin 1816, intitulé: Rapprochement entre

le régime de 1793 et celui de 18 16 adressé au peuple français, où il dénonce les violences des Trestaillons de la Terreur blanche.

En 18 17, dans une autre « vaine publication », restée introuvable, il formule : « Tout est relatif, voilà le seul principe absolu. »

C'est en 18 18 qu'il entre en relations avec le comte H. de Saint-Simon. Pour un recueil périodique dirigé par celui-ci, la Politique ou Essai sur la politique qui convient aux hommes du dix-neuvième siècle, Auguste Comte écrit quelques articles : « de la liberté de la presse »; « du budget »...

On sait ce que fut le saint-simonisme. Saint- Simon, élève de d'Alembert, avait tous les défauts des Encyclopédistes sans en avoir les qualités. C'était un génie déséquilibré, un esprit tumultueux et confus, une âme obscure. La plupart de ses disciples, avec Enfantin pour chef, se ridiculisèrent dans les mascarades équivoques de Ménilmontant, les autres se lancèrent dans les grandes affaires industrielles et financières.

S'il n'a rompu tout à fait avec Saint-Simon qu'en 1824, dès 1821 Auguste Comte s'en était détaché. Il ne lui doit rien, sinon un retard dans son développement. C'est au début de ses relations avec Saint- Simon, pendant la très courte période où il en subit l'influence, qu'il eut quelques défaillances des sens. Plus tard, dans le Catéchisme positiviste, il écrira que c'est l'enthousiasme qui, alors, le préserva de « la démoralisation sophistique » à laquelle l'expo-

saient « les séductions passagères d'un jongleur superficiel et dépravé ».

Cependant, en 1819, il écrit, sur la constitution de la politique en science positive, Séparation générale entre les opinions et les désirs. L'année suivante, paraît une Sommaire appréciation du passé moderne.

Son Plan des travaux scientifiques nécessaires

pour organiser la société date de 1822. Il fut réimprimé en 1824, après sa rupture définitive avec Saint- Simon, sous le titre, qu'il a déclaré plus tard « prématuré », de Système de politique positive. C'est dans cet opuscule qu'il formule, pour la première fois, la loi des trois états qui fonde la sociologie : «Par la nature même de l'esprit humain, chaque branche de nos connaissances est nécessairement assujettie dans sa marche à passer successivement par trois états théoriques différents : l'état théologique ou fictif; l'état métaphysique ou abstrait ; l'état scientifique ou positif. » Dans sa première leçon du Cours de philosophie positive, il ajoutera : « En d'autres termes, l'esprit humain, par sa nature, emploie successivement dans chacune de ses recherches trois méthodes de philosopher dont le caractère est essentiellement différent, et même opposé : d'abord la méthode théologique; ensuite la méthode métaphysique; enfin la méthode positive. De là trois sortes de phi losophies ou de systèmes généraux de conceptions sur l'ensemble des phénomènes qui s'excluent mutuellement. La première est le point de départ nécessaire de

l'intelligence humaine, la troisième son état fixe et définitif : la seconde est uniquement destinée à servir de transition. »

C'est après un travail de cinq nuits successives, de 7 heures du soir à 10 heures du matin, que turent établies les bases du système de politique positive. Voilà un moment mémorable de l'histoire humaine I Les conséquences n'en seront jamais épuisées.

Pour Auguste Comte même, cette découverte des lois sociologiques va lui «procurer, dès l'âge de vingtquatre ans, une véritable unité cérébrale, en faisant intimement converger les deux ordres de tendances, scientifiques et politiques », qui l'avaient jusqu'alors partagé.

Dans ses Considérations philosophiques sur les sciences et les savants, il revient sur la loi des trois états, plus spécialement en ce qui concerne les sciences, et il préconise la formation d'un corps de savants philosophes pour prendre la direction spirituelle au nom de la science positive.

Des Considérations sur le pouvoir spirituel, il dira lui-même : « Dès 1826, mon travail décisif sur le pouvoir spirituel avait hautement voué l'ensemble de ma vie à fonder une autorité théorique vraiment digne de diriger l'entière régénération des opinions et des mœurs, en remplaçant définitivement le monothéisme épuisé. Ainsi se termina mon début septénaire, commencé en 1820, par ma première coordination du passé moderne. »

La préparation encyclopédique indispensable à sa

<c mission sociale » est achevée. Son « ardeur rénovatrice » le poussera aussitôt « vers la construction directe de la doctrine destinée à terminer l'immense révolution occidentale».

L'époque est favorable. A la fin de sa vie, Comte rappellera que pendant sept ans, de 1821 à 1828, ce fut «. le plus honnête, le plus noble, et le plus libérai de tous les régimes » sous lesquels il a vécu.

C'est en 1825, après une méditation continue de quatre-vingts heures qu'il conçoit le plan général de la philosophie positive. Sans doute, Georges Leroy parlait déjà de « science positive » au dix-huitième siècle; Saint-Simon, de «philosophie positive » dès 1802 ; mais, comme l'a fait remarquer judicieusement Pierre Laffitte,« il y a loin entre une proposition entrevue et une proposition démontrée ».

En avril 1826, chez lui, Auguste Comte commence son cours, devant les premiers savants du temps, parmi lesquels Alexandre de Humboldt, Poinsot et de Blainville.

Malheureusement, il venait de se marier avec Caroline Massin, dont la nature morale était loin d'être au niveau d'une vive intelligence. Ce fut, a déclaré Comte, « la seule faute vraiment grave de ma vie ». Un an après cette union fâcheuse, « par un fatal concours de grandes peines morales résultées de cette union et de violents excès de travail », après la troisième séance de son cours, il eut un grave accès d'aliénation mentale qui nécessita son internement dans la maison de santé d'Esquirol. Le traitement

médical ne fit qu'empirer le mal. Après que les médecins l'eussent déclaré incurable, il fut rendu aux siens le 26 novembre 1826. Ceux-ci déjouèrent une tentative de suicide et, grâce à leurs soins affectueux, Auguste Comte guérit rapidement.

Et si bien, qu'en 1828 il put écrire, d'après l'observation de son propre cas, un Examen du traité de Broussais sur l'irritation et la folie.

Néanmoins, après l'effort considérable qu'exigeront la préparation de la sociologie positive en i838 et celle de la politique positive en 1845, il aura encore deux crises cérébrales, bien moins graves toutefois, qu'il surmontera aussitôt par une forte volonté et avec une hygiène mentale et morale appropriée.

Le 4 janvier 1829, il rouvrit son cours auquel assistèrent Navier, Poinsot, le baron J. Fourier, de Blainville, Broussais, Esquirol, Binet, etc..

Son Cours de philosophie positive en six volumes fut élaboré de i83o à 1842 : l. Les préliminaires généraux de la philosophie mathématique (i83o). - IL La philosophie astronomique et la philosophie physique (i834-i835). — III. La philosophie chimique et la philosophie biologique (i835). — IV. La partie dogmatique de la philosophie sociale (1839). — - V. La partie historique de la philosophie sociale, et tout ce qui concerne l'état théologique et l'état métaphysique (1840-1841). — VL Le complément de la partie historique de la philosophie sociale et les conclusions générales (1841-1842).

Ce grand ouvrage lui valut les premières adhé-

sions de Lewes et Stuart Mill en Angleterre, du comte de Stirum en Hollande, de Littré en France.

Cependant il est aux prises avec les difficultés ordinaires de la pauvreté. La corporation des intellectuels universitaires et académiques, des spécialistes dessé chés, la « pédantocratie », comme il l'appelle, tentera de le réduire par la faim. A son foyer, il n'a aucun réconfort à attendre d'une femme indigne de lui. C'est la persécution qui commence. Il fautqu'elle ait son rôle dans ce drame. Auguste Comte serait moins grand s'il n'avait pas été éprouvé.

D'abord, il donne des leçons particulières de mathématiques. En i832, sur la proposition de son ami Navier, il est nommé répétiteur d'analyse et de mécanique à l'Ecole polytechnique, puis, en iSSy, examinateur d'admission. « Cette fois encore, ditJ. Bertrand, un de ses plus perfides ennemis, il excita l'admiration. Les examens de 1887 sont restés légendaires ; on les citait comme un m.odèlede sagacité et de finesse. Comte apportait une série de questions bien choisies, recueillies pendant vingt années d'enseignement, assez simples pour que tout élève bien instruit pût improviser une solution, assez complexes pour que les meilleurs trouvassent l'occasion de montrer leur supériorité, assez ingénieusement semées de pièges pour que les plus habiles atteignissent seuls le but, sans avoir trébuché sur la route. La salle d'examen était, dès le matin, remplie d'auditeurs, plus d'un maître y venait pour s'instruire, plus d'un curieux désintéressé prenait plaisir aux drames

ingénieux que Comte faisait naître. On avait rencontré l'examinateur sans défaut. » [Revue des Deux- Mondes, i®' décembre 1896.)

Il fut pourtant révoqué de ces deux fonctions, malgré les ministres Soult et Lamoricicre : de celle-ci en 1844 et de celle-là en i852.

Entre temps, il pose sa candidature à une chaire d'analyse et de mécanique pour laquelle tout le désigne : notamment, ilavait occupé cette chaire parsuppléance, tl le pédantocrate Bertrand convient luimême que le succès fut éclatant. Aussi, ajoute celui-ci, « les élèves ne comprenaient point qu'on voulût leur donner un autre maître. Le directeur des études, le physicien Dulong... déclarait ses leçons admirables. La sympathie des élèves lui était acquise. Par une démarche sans précédent, qui jamais ne s'est renouvelée, ils envoyèrent deux délégués, chez chacun des membres du conseil, solliciter en faveur d'Auguste Comte. » En outre, il avait publié, en 1848, un remarquable Traité de géométrie analytique. On lui préféra pourtant, par deux fois, quelques vagues spécialistes, qui ne doivent qu'à cette circonstance de n'avoir pas été tout à fait oubliés.

Cette basse persécution, qui se poursuivit ensuite par une odieuse conspiration du silence et, quand le silence ne fut plus possible, par une dénaturation de la doctrine régénératrice, eut néanmoins une heu-

reuse conséquence.

Quand le Maître fut sans ressources, ses admirateurs, à l'instigation de Littré, créèrent le subside po-

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sitiviste, par souscription annuelle. Dès lors, Auguste Comte put consacrer tout son temps au sublime apostolat qu'il avait assumé.

Sa femme avait déserté plusieurs fois le domicile conjugal, et il lui avait pardonné. Pourtant, en 1842, il la prévint qu'il ne la recevrait plus si elle récidivait encore. C'est ainsi qu'eut lieu la séparation définitive. Le calme, sinon la tendresse féminine, était nécessaire à ses méditations. Il assura une pension suffisante àCarolineMassin qu'il chargea ses disciples de continuer après sa mort.

Auguste Comte avait été Tun des fondateurs de l'Association polytechnique, en i83o, et il fit, sous les auspices de cette œuvre d'enseignement populaire, un cours public et gratuit. Son Traité philosophique d'astronomie populaire, qui a pour préambule le Discours sur resprit positif, réimprimé à part, est le résumé de ce cours (1844).

C'est en 1845 qu'il fait connaissance de Clotildede Vaux. Sa carrière intellectuelle s'ouvrit en 1822, par k découverte de la loi des trois états, et il aura été Aristote ; sa carrière religieuse va s'ouvrir maintenant, et il sera saint Paul.

Qu'est donc Clotilde de Vaux, qui aura été pour Comte ce que fut Laure pour Pétrarque, Béatrice pour Dante, — avec tout ce qu'Auguste Comte est de plus que Pétrarque et Dante?

Clotilde de Vaux est une jeune femme distinguée qu'un malheur immérité a sanctifiée. Mais ces victimes touchantes ne sont pas exceptionnelles. Ce qui

la place si haut, et l'immortalise, c'est ce qui est inexprimable, mais ce qui est, le culte que le Maître lui voua, l'influence morale qu'il reconnaît en avoir subie, malgré la brièveté de leurs relations.

Elle décéda, un an après leur rencontre, le 5 avril 1846, à 32 ans.

Ce que nous connaissons de Clotilde de Vaux nous montre une jeune femme d'une délicieuse sensibilité, où domine la bonté, et d'une intelligence ouverte, où prévaut la soumission.

Dans une nouvelle, Lucie, qu'Auguste Comte a pieusement reproduite en tête du premier volume de sa Politique, elle écrit, faisant allusion à sa pénible situation : « Il est indigne des grands cœurs de répandre le trouble qu'ils ressentent. » Elle a dit aussi : «Il fautà notre espèce plus qu'aux autres des devoirs pour faire des sentiments. » Avec Auguste Comte, elle revenait souvent sur ce sujet : « On se lasse de penser et même d'agir : jamais on ne se lasse d'aimer.»

Elle avait lié sa vie à un infâme, et toute sa jeunesse en avait été flétrie. Mais elle ne prenait pas prétexte de cet accident pour attaquer l'institutiondu mariage. « Victime innocente d'un sortexceptionnel, écrit Comte dans sa dédicace de \â Politique, tu reconnus dignement que l'indispensable généralité des règles sociales ne doit pas être jugée d'après leurs douloureuses anomalies. Malgré tes injustes souff*rances, ta hauteraison apprécia bientôt les déclamations frivoles ou sophistiques qui, exclusivement attentives à quelques maux incontestables mais accessoires ou fortuits, entrai-

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netitaujourd'hui à altérer radicalement la pureté et la consistance des principaux sentiments humains. »

Quelques minutes avant d'expirer, elle disait: « Comte, souviens-toi que je souffre sans lavoir mérité ! »

• Il s'en est souvenu.

« Ah ! si ma raison pouvait jamais rétrograder jusqu'à cet état théologique qui ne convient qu'à l'enfance de l'humanité, écrit-il encore dans sa dédicace, cette catastrophe suffirait pour me faire rejeter avec indignation l'optimisme providentiel qui prétend consoler nos misères en nous prescrivant la stupide admiration des plus affreux désordres. Toi, victime toujours innocente, qui presque jamais ne connus de la vie que ses plus intimes douleurs, tu es frappée au moment où commençait enfin ton digne bonheur personnel, étroitement lié à une haute mission sociale ! Et moi-même, quoique moins pur, méritais-je, après tant d'injustes souffrances, d'être ainsi frustré de la tardive félicité réservée à une existence solitaire, constamment vouée, dès le début, au service fondamental de l'humanité? »

Mais il l'a associée subjectivement à son apostolat, et tous les hommes de tous les temps les confondront dans la même vénération.

Le Discours sur rensemble du positivisme, préambule de la Po//ï/^we, parut en 1848, avec l'épigraphe: « Réorganiser sans Dieu ni roi, par le culte de l'Humanité. »

C'est de i85i à 1854 que fut imprimé l'ouvrage ca-

pital d'Auguste Comte, où converge toute sa pensée et tous ses efforts, le Système de politique positive instituant la religion de V humanité^ en quatre volumes : I. Discours sur l'ensemble du positivisme et introduction fondamentale (i85i). — II. Statique sociale ou traité abstrait de Tordre humain (i852). — III. Dynamique sociale ou traité général du progrès humain (i853). — IV.Tableau systématique de l'avenir humain (1854).

L'essentiel était fait. Néanmoins, V Appel aux conservateurs, complément du Catéchisme positiviste (1852), paraît en i855. Celui-ci s'adressait aux gouvernés, surtout aux femmes et aux prolétaires ; celuilà aux gouvernants.

En i856 est édité le premier volume de IdiSynthèse subjective ou Système Universel des conceptions propj-es à rétat normal de IHutnanité : « Système de logique positive ou Traité dephilosophie mathématique ». Ce fut aussi le dernier. Les deux autres volumes restaient à écrire quand il mourut le 5 septembre 1857. Ces deux volumes, dont il n'a laissé que les plans, devaient être : IL Traité de morale théorique, instituante connaissance positive de la nature humaine, et de morale pratique ou théorie positive de l'éducation ; III. Système d'industrie positive ou traité de l'action totale de l'humanité sur la planète.

Il avait 59 ans. Il lui restait donc près de « dix années de pleine vigueur cérébrale avant de prendre une sage retraite ». Et dans ces dix années, il se proposait d'élaborer, outre les deux derniers volumes de

sa Synthèse subjective, une Philosophie première^ expliquant les lois générales de Tentendement et les lois universelles du monde, et une Philosophie troisième opérant la coordination scientifique de la raison concrète.

Auguste Comte a été inhumé au Père-Lachaise. Son appartement, lo, rue Monsieur-le-Prince, où il habitait depuis seize ans, a été conservé dans le même état. Il est resté un but de pèlerinage pour tous ceux qui savent reconnaître ce qu'ils doivent aux grands serviteurs de l'Humanité.

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