‹ Auguste Comte, médecinChapitre 2 sur 12 · MÉDECIN · texte numérisé non relu

MÉDECIN

p , <n AVANT-PROPOS

Descartes, par une réaction naturelle contre l'autorité des Anciens qui avait dominé le 'moyen âge, dédaignait l'histoire de la science et s'isolait dans la sphère de ses propres réflexions : « Je ne veux même pas savoir, disait-il, s'il y a eu des hommes avant moi. » Leibnitz, sans méconnaître la nécessité de la spéculation originale, comprit mieux l'utilité de l'histoire pour le savant :

« La vérité, disait-il, est plus répandue qu'on ne pense, mais elle est souvent affaiblie et mutilée. En faisant remarquer les traces de la vérité chez les Anciens, on tirerait l'or de la boue, le diamant de la mine, et la lumière des ténèbres; et ce serait perènnis quœdam philosophiez » (1).

Aussi est-ce à bon droit que chaque science a son histoire, et qu'on regarde l'Histoire de le Médecine, en particulier, comme le complément naturel de toute éducation médicale.

Pour suivre le conseil de Leibnitz, nous avons voulu connaître les Anciens dans l'art de guérir, et c'est dans le cours de cette étude, intéressante

(1) Nouveaux Essais, L. I, C. I.

à plus d'un titre, que l'idée de cette Thèse nous est venue. La méthode expérimentale, source unique des progrès merveilleux opérés par le XIX' siècle dans les sciences médicales a été mieux connue et plus exclusivement appliquée, grâce aux travaux. d'Auguste Comte. Comme nos études antérieures nous avaient fourni l'occasion de connaître et d'étudier de près la philosophie positive, nous avons eu la curiosité de l'étudier au point de vue médical. Exposer et critiquer, s'il y a lieu, les idées d'Auguste Comte sur la médecine et les médecins, ses opinions en Biologie, en Pathologie générale et en Thérapeutique, tel est l'objet de ce travail.

Ceci n'est pas une œuvre de dénigrement, comme la pulpart des écrits qu'a suscités le Positivisme, mais c'est encore moins une œuvre d'aveugle admiration : « Artiicus Plato, sed magis arnica Veritas ! »

Nous prions M. le Professeur Charles Richet d'agréer nos remerciements les plus sincères pour l'honneur qu'il nous a fait en acceptant la présidence de notre Thèse. Nos meilleurs remerciements aussi à M. le Professeur Gautier, et à MM. Rérny et Blanchard, Professeurs agrégés, pour avoir bien voulu en être les juges.

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