‹ Auguste ComteChapitre 43 sur 49 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

S'il faut en croire Kant, son inventeur, la philosophie critique — dont l'idée inère estcellede la subjectivité des formes ou lois de nos puissances de connaître — est en droit de revendiquer un double mérite. D'abord ce qu'elle enseigne est vrai, ensuite elle est en mesure de donner satisfaction aux tendances essentielles de notre être.

En admettant que cette philosophie garantisse en effet la science des choses telles qu'elles nous apparaissent c'est-à-dire des phénomènes, qu'elle assigne à la loi morale l'unique fondement qui lui convienne, en la faisant reposer sur l'aulonomie de notre libre volonté, qu'enfin elle autorise la foi rationnelle en l'immortalité de l'àme et en l'existence de Dieu, à titre de postulais du devoir, toujours est-il qu'elle nous refuse la connaissance de l'Absolu. Or, un besoin de la nature ne se laisse pas détruire en vertu d'un décret de philosophes. La critique tte pOurrait-elle donc pas, à sa manière, nous fournir celte connaissance désirée? Elle ruine la thcori cde la

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