II. DOCTRINE DE COMTE DANS SA DEUXIÈME PÉmODS
102. — Culte public. — Il a pour objet direct rHumanité envisagée comme le Grand Etre*; — il est surtout collectif. — En ce qui concerne le lieu destiné au culte, tant que le positivisme n'aura pas un style d'architecture déterminé, oa emploiera les temples qui, à mesure que la religion nouvelle s'étendra, cesseront de servir à. Fancien culte. Cependant on peut dire déjà que les temples positivistes doivent être situés dans un bois, au milieu des tombeaux choisis, parce que les morts les plus dignes constituent la partieprincipale du Grand Être. L'axe du temple sera, dirigé vers la métropole de l'humanité, c'est-àdire vers Paris. Dans le sanctuaire du temple^ on élèvera la statue de l'Humanité, sous la figure d'une femme de trente ans (l'âge de Clotilde)^ avec un enfant sur le bras. Le sanctuaire doit être assez spacieux pour que le prêtre puisse toujours être entouré d'un cercle de femmesd'élite, parce qu'elles sont la meilleure représentation de l'Humanité, du Grand Etre. Le temple aura, en outre, sept chapelles de chaque côté: treize de ces chapelles renfermeront lesstatues des treize grands hommes qui donnent leur nom aux divers mois de l'année positiviste ;
1. Système, iv, 131 et suiv. Catéchisme^ pp. 124 et suiv. , — Aug. Comte, Culte systématique de V H amanite. Calendrier positiviste ou Système général de Commémoration publique', 4" édit. ; 1852.
dans la quatorzième on placera le groupe des femmes les plus éminentes*. Le positivisme a même son « signe de croix ». En disant la formule sacrée : « L'amour pour principe, Tordre pour base, le progrès pour but », on porte successivement la main aux organes de Tamour (occiput), de l'ordre (sommet de la tête), et du progrès (front).
103. — Calendrier positiviste. — Afin de régler systématiquement le culte de l'Humanité, Comte introduit un calendrier à lui que nous avons reproduit plus haut. Jl fait partir l'ère nouvelle du commencement de la grande révolution (1789) qui, à ses yeux, a préparé l'époque de la reconstruction finale de la société. Toutefois, cette date de 1789 ne devait que servir provisoirement de point de départ à la chronologie positiviste: l'ère nouvelle commencerait définitivement à l'inauguration solennelle et sociale du positivisme, et, dans son Système de politique positive^, Comte désigne l'année 1855. Pourtant, aujourd'hui encore, les positivistes comptent d'après l'ère provisoire. — L'année, qui commence avec l'année commune, se divise en treize mois de quatre semaines. Il y a un jour complémentaire pour les années ordinaires, et deux pour les années bissextiles. — En établis-
i. Système, iv, 253 ; i, 342 et saiv. 2. Système, iv, p. 400.