II. DOCTRINE DE COMTE DANS SA DEUXIEME PÉRIODE
sant ainsi son calendrier, Comte règle en même temps et le culte abstrait, final, et le culte concret, préparatoire de l'Humanité.
Le culte abstrait ou « idéalisation systématique de la sociabilité finale » renferme d'abord les « liens fondamentaux », puis les « états préparatoires », et enfin les « fonctions normales » de la société finale. Le culte concret rappelle le souvenir des principaux types de l'évolution humaine. Comte donne aux treize mois de l'année le nom des treize personnages qui, d'après lui, sont les hommes les plus éminents dans l'histoire. Au-dessous viennent comme patrons de la semaine, les quatre principaux émules de chacun des patrons du mois ; chaque jour de la semaine, à son tour, est consacré à un personnage, de troisième ordre, qui s'est distingué dans la même vocation que le patron du mois ; en outre, parfois, il y a un patron secondaire assigné à tel ou tel jour : c'est alors un personnage de quatrième ordre*. Les tableaux que nous
1 . Le successeur de Comte, P. Laffitte, a publié un volumineux ouvrage sur les principaux types du culte concret: Les grands types de l'Eumanilé (2 vol.), Paris, 10, rue Monsieur le Prince. — Les positivistes anglais viennent de faire paraître Thistoire des t saints » de leur calendrier: The new Calendar of great men; Biographie ofthe 558 worthies of ail Ages and Nations in thepositivist Calendar of A. Comte. London and New- York, 1892; Macmillan.
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avons donnés (pp. 232, 233; 241-247), expliquent très bien le culte concret et le culte abstrait, tels que les comprend notre philosophe. S'il reste quelque obscurité, elle disparaîtra à mesure que nous avancerons dans notre exposé. Le culte des hommes vraiment éminents est pour Aug. Comte une partie essentielle du culte de l'Humanité.
(d). — Le dogme positiviste,
104. — Loi statique et loi dynamique. — Le dogme positiviste consiste à « déterminer l'ensemble de l'ordre extérieur auquel notre unité ^st nécessairement subordonnée »*. Le centre du 4ogme de la religion positiviste, c'est le dogme de l'Humanité. Pour connaître la nature et la synthèse de l'Humanité, il faut distinguer trois sortes de lois: les lois physiques, les lois intellectuelles et les lois morales. L'ordre physique, qui est le moins élevé, et l'ordre moral, qui est le plus haut, forment les anneaux extrêmes de la chaîne ; Tordre intellectuel sert à les réunir. Les lois qui régissent l'intelligence, doivent donc être tout d'abord déterminées afin d'assurer l'unité théorique 2. Elles se divisent en loi statique et en loi dynamique. La loi statique a pour objet la « subordination continue de nos constructions sub-