Revue Occidentale, 1. c. p
ce fut en hésitant que je me nommai : cette fois il me tendit la main et me conduisit dans son cabinet. Là, il me fut facile de remarquer le profond changement qui s'était opéré dans sa physionomie depuis que je ne Favais vu. Il me rappelait maintenant une de ces peintures du moyen âge qui représentent saint François uni à la pauvreté. Il y avait dans ses traits adoucis une tendresse qu'on aurait pu appeler idéale plutôt qu humaine. A travers ses yeux à demi fermés éclatait une telle bonté d'âme qu'on était tenté de se demander si elle ne surpassait pas encore son intelligence. ... Il m'honora d'une longue conversation dont chaque mot me remplissait d'une nouvelle admiration. Ce n'était plus ce rigide penseur, régulier et sans passions, comme une mécanique. Il semblait avoir retrouvé sa jeunesse et ajouté quelque chose à son être primitif. Mais ce que c'était et comment ce changement s'était produit, c'est ce que je ne pouvais alors m'imaginer. Il fit allusion aux relations qui avaient donné cette impulsion à ses sentiments... L'histoire du pur amour auquel il dut le dernier développement de ses sentiments affectifs est une histoire étrange » etc...^
« Travail et prière » , conclut Robinet après
1. Voir Robinet, Notice,., pp. 543, et suiv.; d'après Chamber^s Journal^ 19 juin 1838.