‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 165 sur 181 · APRÈS LA MORT D'AUG. COMTE · texte numérisé non relu

APRÈS LA MORT D'AUG. COMTE

La vie et la doctrine de notre philosophe sont assurément marquées au coin de l'originaJité: mais les dispositions prises en vue de ses funérailles, son testament tout entier et les événements qui s'y rattachent, ne présentent pas un caractère moins extraordinaire.

134. — Funérailles. — Comte avait ordonné qu'on ne procédât pas aux funérailles jusqu'à ce que son corps « fût dans un état prononcé de putréfaction », parce que c'est là, disait-il, le seul signe de mort vraiment certain*. Il ne voulait ni autopsie, ni embaumement. Ce n'est point une

1. « Dès qu'on croira que j'ai cessé de vivre, on devra me laisser au lit comme un simple malade, jusqu'à ce que mon corps soit dans un état prononcé de putréfaction, seul signe de mort vraiment certain, faute duquel ont souvent lieu des inhumations déplorables». Testament. pp. 10,11.

immortalité matérielle qu'il espère; son corps peut donc disparaître. L'autopsie n'est qu une inutile curiosité anatomique. Il fixait l'endroit oti il voulait être enterré au Père-Lachaise, et le trajet qu'on devait suivre pour s'y rendre. On ferait une halte à l'église Saint Paul oii il avait tenu sur les fonds baptismaux un neveu de Clotilde, contractant ainsi avec elle, le 28 août 1845, le « mariage spirituel » ; du moins, en passant devant l'église, on inclinerait la « Bannière de la refigion universelle », et tous les assistants feraient le signe religieux du nouveau culte. Il excluait formellement du cortège son « indigne épouse » et quatre positivistes renégats. Littré était probablement l'un des quatre. Le capitaine d'artillerie deBlignières, expressément nommé dans une addition au Testament, avait été exclu le 29 juin 4857, à cause de son Exposition abrégée et populaire de la philosophie et de la religion positive, parce que cet écrit ne répondait pas au désir du maître.

135. — Sépulture. — Par son Testament, Comte avait aussi réglé sa sépulture. Elle devait, autant que possible^ répondre aux explications données à ce propos dans le Système de politique positive (iv, 553, 554) où il établit en principe la « communauté de la tombe avec les trois anges gardiens ». Il ordonnait qu'on déposât Clotilde à sa droite dans le même cercueil;

que, dans leurs mains entrelacées, on mît le petit médaillon que, le 5 octobre 1845, Clotilde avait, chez lui, tressé de ses cheveux et qu'il avait conservé depuis comme une relique. Dans le cas où cette communauté de la tombe ne serait pas possible, la main droite du philosophe, tenant le médaillon, devait reposer sur son cœur. Le corps de Clotilde serait alors remplacé par un cénotaphe avec cette inscription : « Clotilde de Vaux, épouse éternelle d'Auguste Comte ».

Un autre cénotaphe, avec ces mots : « A la digne mère de Comte, Rosalie Boyer », remplacerait le corps de sa mère. Enfin sa fille adoptive, Sophie, devait un jour être ensevelie dans le même tombeau que lui; ou bien, si ses parents y mettaient obstacle, on élèverait un troisième cénotaphe. Les cercueils ou cénotaphes de la mère et de la fille adoptive seraient placés à gauche et à droite du « cercueil conjugal » que le philosophe voulait partager avec Clotilde. Au-dessus de ce « saint groupe », on élèverait un simple monument de pierre avec une plaque de marbre, portant sur ses bords la devise du positivisme : « L'amour pour principe, l'ordre pour base, le progrès pour but », et, sur le milieu, Tinscription: « Auguste Comte et ses trois anges ». Le tombeau du philosophe qui a établi la maxime « Vivre aa grand jour », serait entouré d'une

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