‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 57 sur 181 · __ Côté scientifique de la philosophie po · texte numérisé non relu

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gitive. — A ce point de vue, le progrès est moins grand que sous le rapport logique (vi, 787, 835

i66 PÉRIODE DE LA « PHILOSOPHIE POSITIVE »

[676, 719]). Si Ton excepte les études mathématiques et astronomiques, la transformation positive des autres sciences en est encore à ses débuts. Cependant on peut suffisamment caractériser le côté scientifique du système positif. Les diverses études abstraites constituent en ellesmômes un système unique (vi, 787 [676]). D'après riiarmonie naturelle qui existe nécessairement entre nos connaissances réelles et nos besoins effectifs, nous avons simplement à chercher les lois des phénomènes qui sont capables d'exercer quelque influence sur V humanité. Quant aux connaissances qui ne feraient que contenter une vaine curiosité, elles nous sont refusées (vi, 787 [ii}l^]). Le système positif embrasse donc, d'une part, Vhumanité elle-même, considérée à tous les points de vue en rapport avec son existence et son activité, et, d'autre part, le milieu sous la constante influence duquel cette évolution s'accomplit.

Avant d'étudier l'humanité dans son organisme individuel et dans son organisme collectif, il faut connaître le monde extérieur auquel toutes les conditions de notre existence sont subordonnées, dont l'influence s'exerce sur notre évolution, surtout puisque l'organisme humain reste lui-même assujetti aux lois des phénomènes fondamentaux (vi, 788 [677]). L'ordre scientifique coïncide donc avec l'ordre logique. Il faut aussi

lY. — LE COURS DE PHILOSOPHIE POSITIVE

considérer l'existence mathématique. Puisque tous les phénomènes se ramènent dans l'ordre étatique à des rapports de grandeur, de forme, de situation, et, dans l'ordre dynamique, à des mouvements partiels ou généraux, l'existence mathématique doit donc se retrouver dans tout mode d'existence plus élevé et plus composé alors même qu elle n'en constitue point l'élément unique ou même l'élément principal (iv, 789

€ts. [678]).

Aug. Comte parcourt de la manière que nous connaissons déjà les autres sciences qu'il a nommées dans sa « classification » ; et il insiste toujours sur ce point que, sans doute, les sciences placées au rang le plus élevé sont subordonnées à celles qui viennent ensuite et qui sont plus générales, mais sans être absorbées par elles : au contraire, elles doivent réagir sur les précédentes, les gouverner, leur donner une direction. Cela est vrai surtout de la plus haute d'entre elles qui est la sociologie (vi, 829, 835 [714, 717]). De là, la valeur de « la raison publique », du « sens commun », dans la philosophie positive.

Grâce à la prépondérance philosophique de l'esprit sociologique, la morale recouvre ses droits éternels, « par suite de la suprématie mentale au point de vue social, rétablissant avec une énergique efficacité le règne continu de l'esprit <i'ensemble auquel le vrai sentiment du devoir

reste toujours profondément lié » (vi, 835 et s. [717]). En morale la grande idée de Vhumanité,. vers laquelle converge l'évolution tout entière (vi, 880 et s. [760]), doit être préférée à Vidée de Dieu (\i, 691 [589]). Elle est la base d'une morale vraiment réelle et positive qui, en écartant toute espérance et toute crainte chimériques, grandit Tliomme et ne reconnaît d'autres limites que celles de l'ordre réel « qu'il faut d'ailleur& chercher à modifier le plus possible à notre avantage » (vi, 857 et suiv. [739]).

Même pour le développement de Vesthétique^ la philosophie positive et surtout l'idée de l'humanité sont de la plus haute importance (vi, 876et s. [757]).

Comme conclusion, Aug. Comte affirme que les six sciences principales, ramenées à la nouvelle unité philosophique, doivent être remaniées et traitées au point de vue sociologique. Alorsseulement leur véritable caractère définitif apparaîtra. Puisqu'il ne peut davantage, il fera du moins lui-môme ce travail pour la première et la dernière de ces sciences. Il commencera par la sociologie ou philosophie politique, et lui consacrera quatre volumes. « Cet ouvrage est, ce me semble, par sa nature, le plus important de tous ceux qui me restent à exécuter » (vi, 889 et s. [768]).

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