CAUSES DE l'évolution PHILOSOPHIQUE DE COMTE
de sa femme venait, en grande partie, d une étrange inclination par laquelle il cherchait à se dédommager de ce qui lui avait manqué dans un si malheureux mariage. En avril 1845, il fit la rencontre d'une aimable femme, qui avait été la. victime d'un sort tragique : peu de temps après son mariage, elle avait vu son mari condamné k une détention perpétuelle. — Comte s'éprit aussitôt pour elle d'une vive passion.
Clotilde de Vaux — ainsi s'appelait cette femme. Elle avait trente ans environ. Dès lors, il n'eut plus de pensée que pour elle. Il croyait ne pouvoir vivre sans elle. Non content de deux entrevues par semaine, il entretint avec Clotilde de Vaux une correspondance très suivie qui, en moins d'un an, s'élève à cent quatre vingt une lettres. Il est malheureux lorsqu'une lettre éprouve un léger retard à la poste. Il numérote toutes les lettres; il les conserve comme des reliques, il les relit sans cesse pour mieux goûter tout ce qu'elles renferment*. Il songe même à adopter Clotilde pour l'avoir toujours auprès de lui. Des passages comme ceux-ci montreront combien le ton de ces lettres était quelquefois fade : Comte trouve que sa domestique a dit un mot digne de l'immortalité, en regrettant qu'il ne fût pas une femme, afin de pouvoir vivre tou