LIVRE II. — CHAPITRE V
sein arrêté, ferme, irrévocable de) devenir un saint (1), — le portant à remplir avec une fidélité entière ses devoirs connus et certains, ses devoirs d'état, matière première et essentielle de notre perfection, — lui faisant sanctifier ses actions ordinaires. Marceau écrivait environ à cette époque à un de ses amis de Tours, M. Dupont : « J'ai « trouvé ces jours derniers un sonnet de M. l'abbé a de Rancé qui finit par ce vers :
« Vivre sans vivre en saint, c'est vivre en insensé. »
« Ce vers me poursuit sans cesse. Ne pas vivre « en saint, ne pas consacrer toutes ses pensées, « ses paroles et ses actions à la gloire de Dieu, « ne pas être l'esclave de ses devoirs, ne pas ap- « porter à l'accomplissement de ses devoirs, « même les plus petits, tous les soins que récla- « ment la gloire de Dieu et l'édification du pro- « chain, c'est vivre en insensé ; quelle vie est donc « la mienne ! »
Ceux qui s'adressent de si vifs reproches, son ordinairement ceux qui font tout pour ne pas les mériter.
(1) Le saint, disait le P. deRavignan, est un homme qui a une idée fixe.