LIVRE IT. — CHAPITRE VI
« 22 décembre. — Je suis resté dans le salon de « l'amiral une heure au lieu d'une demi-heure que « j'avais résolu d'y rester. Le temps fuit vite au « milieu delà dissipation. »
« 25 décembre. — A vêpres, m'étant trouvé aua près d'un camarade qui voulait me parler de « choses et d'autres , je me suis scandalisé peut- « être mal à propos. — Chez Madame N..., duce rant le dîner, on a plaisanté sur les ridicules a d'une famille; je n'ai pas su faire changer la « conversation. »
a 19 janvier 1842. — J'ai peut-être été un peu « faible en ne faisant pas punir assez sévèrement « le chauffeur qui s'est évadé. — J'ai négligé mes « devoirs. »
« 20 janvier. — J'ai été très-tourmenté en ap- « prenant que quatre hommes ont violé leurcon- « signe; j'ai décidé que je les ferais passer devant « le conseil de justice. Si je l'avais fait hier pour « N...., les quatre d'aujourd'hui n'eussent peut- « être pas été punis. A diner j'aurais pu parler « un peu moins, d
« 24 janvier. — A bord, j'ai été un peu rude « avec un matelot. »
« 10 février 1842- — Je me suis laissé aller à « des pensées de vanité, lorsque du Couëdic m'a a dit que je suis le meilleur de nous. »
« 2 mars. — Ayant rencontré madame de Mon-
« Iholon, je n'ai pas été assez poli; tout en étant « fâché de cela, je me réjouis de la confusion qui « m'en revient. »
« 4 mars 1842. — J'ai manqué un peu à ce « que je dois à ma position , en donnant à un « maître un ordre qui contrariait ceux du se- « cond. »
a 12 mars. — J'ai manqué à l'examen particu- « lier et au chapelet, à l'heure indiquée. »
« 17 mars 1842. — J'ai manqué à un devoir de a politesse avec le second. Avec M. Delassau, je « me suis laissé aller à un mouvement d'orgueil « et de jalousie contre un ingénieur. — J'ai perdu « du temps. — J'ai affecté de paraître meilleur « que je ne suis. — Je me suis plaint, quoique je « souffrisse peu. — Je n'avais pas fait les disposi- « tions nécessaires peur recevoir convenahlement « M. Delassau. — J'ai, durant l'inspection, cher- « ché plusieurs fois à m'excuseret je n'ai pas as- « sez songé à faire valoir chaque homme. — Je « me suis laissé prendre aux éloges qui m'ont été « donnés. — Je me sens froissé intérieurement « quand on me rappelle mes défauts, et dans mon »» humilité il n'y a pas la sincérité qui convien- « drait. b
« 19 mars 1842. — J'ai eu la faiblesse de faire « connaître que l'idée d'une modification dans les « cheminées des machines m'appartient. »