LIVRE IL —CHAPITRE VI
« m'a donné tant d'encens, que j'ai craint d'avoir « fini par en être ébloui. »
« 14 octobre. — Ayant appris que le prince de « Joinville est à Lorient, j'ai désiré qu'il vînt à « mon bord. — Il m'a demandé ma façon de « penser sur le yacht et la machine. — J'ai parlé « avec défiance d'abord, puis je me suis laissé « aller. — Le Prince m'ayant pris en particulier « pour me témoigner sa satisfaction, j'ai cédé à <( un mouvement d'orgueil. J'ai commis une indis- « crétion, en confiant au commissaire que le « Prince m'a dit qu'il écrira au ministre de faire « un autre navire. En somme, orgueil, mais com- « primé par la divine nourriture que j'avais prise « ce matin. »
« 23 octobre. — En jouant chez M. N.... je me « suis trop occupé du jeu. — Je suis préoccupé « du yacht. Mon amour-propre se trouve inté- « ressé dans cette affaire autant que la vérité. Je « crois cependant être dans la bonne voie, et n'y « être pas par orgueil. »
« 14 octobre. — Ayant appris le désarmement « du yacht, je m'en suis trop réjoui, ce semble! »
« 6 novembre 1842. — Je n'ai pas été assez « prévenant envers de la Gournerie, et j'ai eu tort « de rester aussi tard chez M. du Couëdic. »
« 14 et 15. — Dans la voilure, j'ai eu un raou- « vement d'impatience en voyant qu'on attendait « un voyageur, et dans la nuit j'ai été parfois con-
(( trarié de ce qu'il me gênait ! — A dîner j'ai « succombé à la tentation d'une friandise. — J'ai « été effrayé de l'action du mauvais esprit. »
« 21 novembre. — J'ai trop de plaisir d'être « avec ma mère !!!... »
«11 janvier 1843. — En allant chez l'amiral, « je m'étais bien recommandé à Marie et à mon « ange gardien; et ensuite, malgré ma résolution, « j'ai cherché à attirer l'attention de quelques « personnes. Je n'avance que bien lentement, et « j'abuse bien des grâces de Dieu !... »
« 15 janvier. — J'ai été trop sérieux dans cette « occasion. J'ai pris trop de plaisir à causer avec « L..., et j'ai voulu faire de l'érudition. »
« 18 janvier 1843. — Chez l'amiral, je me suis « pris un peu, peut-être, à causer avec les grands a de préférence. »
« 18 mars 1843. — Ayant rencontré de Vau- « guyon, et ayant eu une longue conférence avec « lui, j'ai quelques reproches à me faire peut-être a au sujet de ce que je lui ai dit. — J'ai rencon- « tré à l'hôtel l'évêque d'Amata. J'ai eu peut-être « quelque vaine complaisance de me trouver avec « lui. »
« Avril 1843. — Dans un sermon on a dit : « Les sécheresses sont le pain des forts, » cela « m'a fait éprouver un mouvement de vanité. »
« 13 juin 1843. — Chez M. N..., j'ai été impora tun. A la bibliothèque j'ai été important. »