CHAPITRE PREMIER
MARCEAU ACCEPTE LE COMMANDEMENT D'UN NAVIRE POUR LE SERVICE DES MISSIONS CATHOLIQUES, ET CONCOURT A LA FONDATION DE LA SOCIÉTÉ DE L'O- CÉANIE.
( Septembre iSUU... norembre 18450
A partir de sa conversion, en Marceau, il y eut deux hommes, le marin et l'apôtre. On aurait dit l'esprit des anciens croisés. Nous allons voir à l'œuvre ce nouveau Christophe Colomb.
Qui n'a entendu parler de la Société de l'Océanie; cette noble et magnifique tentative, inspirée par le zèle, qui a fait un si grand bien, pouvait en faire à l'avenir un plus grand encore, et a échoué par suite de circonstances difficiles , en tête desquelles figure le tourbillon révolutionnaire de 1848-1851.
C'est sur ce théâtre qu'ont éclaté surtout les qualités et le mâle courage de l'homme de Dieu ; de zélés officiers de marine nous ont vivement engagé à ne pas trop rétrécir cette partie de notre
récit. Ils ont pensé qu'il jaillirait peut-être de cette lecture quelque pensée généreuse dans l'âme d'un autre Marceau. « Notre ami, écrivait un officier « supérieur, n'a pas eu, sur la terre, le temps de « réaliser son projet de marine religieuse; mais « au ciel, où il est, il le poursuit probablement, « toujours en conformité aux desseins de Dieu. « Qui sait si ce n'est pas dans ce but que l'auteur « a été inspiré par lui d'écrire ces pages? »
Toutefois, afin de ne pas nous écarter de notre plan , nous ne parlerons de l'œuvre de l'Océanie qu'autant qu'il sera nécessaire pour mettre en relief la part que Marceau a eue à son établissement, quelques-unes de ses pensées sur cette institution et les vertus qu'il a pratiquées jusqu'en 1 84 9, temps auquel il jugea à- propos, pour des motifs graves, de se retirer de la Société. C'est ce que nous pouvons, à juste titre, appeler sa carrière apostolique; elle nous conduira jusqu'à l'époque où la croix lui ouvrit ses bras sur le calvaire, après ses trois ans de vie publique, comme à un fidèle disciple de Jésus crucifié... et où, perfectionné par les souffrances , consommé par la volonté divine, il conquit sa dernière couronne.
« Vers la fin de 1842 (1), Monseigneur Douarre,
(1) Desmissionscatholiques dans l'Océanie, par M. Marceau, lieutenant de vaisseau de la marine royale. (Publié à Lyon, en 1845, chez Dumoulin, Ronet el Sibuet.) Nul document ne peut