LIVRE III. — CHAPITRE II
e nie sous ce rapport de beaux exemples. J'ai <r vu un Frère ^'oubliant lui-même pour le mis- « sionnaire , et si infatigable au travail , qu'il est « chanté par les sauvages dans plusieurs îles et que t son dévouement chez eux a passé en proverbe (1). »
Souvenir pour les morts. — Plantation de croix. — Foi de Marceau. — Patagons. — Feugiens. — Nouveau danger. — Confiance en Marie. — La semaine sainte a Valparaiso. — Une visite a bord de l'Arche d'alliance. — Justice et fermeté du Commandant. — « Enfin les habitants de V Arche d'alliance étaient en vue de la terre, et leurs yeux qui la cherchaient depuis si longtemps ne pouvaient se lasser de la contempler. D'un côté ils avaient la Patagonie, de l'autre la Terre
(1) Ce frère, Jacques Peloux (nommé par les naturels Sakopo) est mort à Futuna, le 10 juillet 1863 , en se rendant au tombeau du vénérable Cbanel, après dix-neuf ans d'apostolat en Océanie. M°r Elloy écrivait : « Ce frère possédait à un degré plus « qu'ordinaire l'humilité, l'obéissance et l'abnégation. La mis- « sion de Samoa lui doit en très-grande partie ses établisse- « ments et ce qu'ils contiennent. Les missionnaires les plus « aimés seront vite oubliés par nos néophytes ; mais de long- « temps Sakopo ne pourra l'être. Et cependant ce bon frère « se regardait comme le dernier de tous les frères, comme « l'homme le plus inutile. La conviction de son indignité lui « enlevait même le sommeil. » Plusieurs naturels de Futuna prétendent avoir vu la roche au pied de laquelle il est mort, tout illuminée pendant la nuit. Il est regardé comme un saint, et les habitants sont heureux de posséder son corps dans leur lie
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de Feu, aux côtes élevées et arides. Le navire mouilla près de l'île Elisabeth. Trois missionnaires, avec le second et cinq hommes de l'équipage, allèrent la visiter, et tombant à genoux ils mirent la Patagonie sous la protection de la croix et de la Vierge Immaculée.
On se trouvait dans les parages où l'Océanie orientale avait fait une perte douloureuse; trois ans auparavant, Mgr Rouchouse et ses vingt-six compagnons, membres de la société de Picpus, en doublant le cap Horn, avaient été ensevelis sous les flots, et avec eux les magnifiques espérances que promettaient de si abondants secours. Le 23 février, un service solennel fut célébré pour ces héroïques défunts, et aussi pour l'âme du Père Bret, Mariste, mort sur mer en se rendant dans l'Océanie occidentale en mars 1837. L'Arche d'alliance, sous l'influence et les inspirations de son vertueux Commandant , devenait ainsi comme une église ambulante où toutes les cérémonies du culte, où tous les enseignements du christianisme venaient rappeler tour à tour aux graves pensées, aux vérités éternelles.
Marceau relâcha à Port-Galant, situé sur les côtes de la Patagonie, port si beau et si sûr, qu'il le comparait à celui de Brest. Les rochers des montagnes qui le bordent sont de marbre blanc.
En attendant les vents propices, le Comman-