TÉMOIGNAGE
DE M. LE COMTE DE SEGUfl.
( 14 avril 1862. )
« Lettre de Mgr de Ségur. »
« Mon père, à qui j'ai fait lire la vie du capitaine
« Marceau , en a tiré les meilleures impressions, et il se
« joint à moi pour vous féliciter de l'œuvre que vous
« avez si heureusement menée à bonne fin. 11 serait bien
« désirable que ce livre, renfermant de si précieux exem-
« pies, pût être envoyé à tous les officiers supérieurs
« de la marine, afin de leur faire comprendre le bien
« qu'ils peuvent faire , et la mission religieuse dont ils
« peuvent à divers degrés prendre la glorieuse initia-
« tive. »
LETTRE
DE Msr PLANTIEE, ÉVÊQUE DE KIMES.
( 17 avril 1862. )
« Votre lie du commandant Marceau m'a profondé- « ment intéressé. Je vous sais gré surtout d'avoir fait une « si large part aux notes et aux correspondances de cet « homme admirable. Ce n'est pas certes que les pages où « vous tenez la plume ne soient très-attachantes; mais, « vous le savez, on aime à entendre parler de la mer et « des orages par ceux qui les ont vus de près. De même,
« je trouve un charme ineffable aux récits de cet illustre « naufragé, disant dans quelsabîmesle scepticisme l'a- « vait englouti, par quels prodiges la grâce l'a faitabor- « der aux rives hospitalières de la foi, quels coups de « tempêtes ont parfois essayé de le rejeter au large , et « avec quel bonheur enfin cette navigation tour à tour « calme et tourmentée, mais toujours instructive et glo- « rieuse, l'a jeté des bords du temps dans le port éter- « nel. Il y a dans cette peinture de ses écarts et de ses « regrets, de ses joies et de ses crises, de ses saintes « ambitions et de ses rudes mécomptes, un accent du « coeur qui vous saisit. On sent que dans la poitrine du « marin il y a le zèle de. l'apôtre et que, dédaigneux « pour sa propre fortune, il est consumé par la double « passion de Dieu et des âmes. Ce noble feu qui le dé- « vore s'exhale en élans si généreux qu'on est comme « involontairement pressé de se laisser envahir par ses « ardeurs, et je ne suis nullement étonné que l'ouvrage « où palpite cette grande nature transformée par l'Es- « prit-Saint, ait fait à Dieu des conquêtes dans la ma- « rine et dans l'armée. »
LETTRE