MARCEAU SUR DIFFÉRENTS SUJETS
Il est dans la vie des saints personnages, dit un auteur distingué , un ordre de faits qui n'appartiennent à aucune époque proprement dite, parce que, constituant l'état habituel de l'homme, ils appartiennent à toutes les époques. Le fait moral des vertus et des qualités d'un serviteur de Dieu n'a point de date fixe ; on ne peut pas dire : ces vertus sont de telle année.
Cette réflexion nous paraît fort juste. Aussi , quoique les sujets dont se compose ce chapitre se rapportent à peu près exclusivement aux années qui ont suivi la conversion de Marceau, il ne nous a pas paru utile de fixer l'époque précise et, pour ainsi dire, l'an et le jour de chaque parole et de chaque événement. Quelquefois môme la charité nous le défendait.
Nous n'avons pas cru non plus qu'il fût nécessaire de nous fatiguer l'esprit à chercher des transitions souvent difficiles pour unir l'un à l'au?
tre des traits qui souvent n'ont pas de liaison entre eux. Un simple titre, placé en vedette au commencement de la ligne, indiquera le sujet dont il s'agit. On nous assure que l'intérêt n'y a rien perdu, et qu'on nous sait gré d'avoir conservé la forme de mémoiresh. cette biographie. L'abandon et la simplicité, qui parfois ont bien des charmes, ont toujours des privilèges. Nous réclamons ceux-ci de l'indulgence des lecteurs.
Humilité. — Rien n'égalait l'humilité de Marceau. Quand , dans les conversations , il lui arrivait de dire : Lorsque j<> me suis converti , il se reprenait aussitôt et disait : Quand j'ai été converti, Quand Dieu m'eut converti. Il aurait regardé comme une espèce d'insulte à la Providence, comme une ingratitude de se donner une part dans la faveur qu'il avait reçue, et qu'il attribuait tout entière à la miséricorde infinie du Sauveur. Nous aimions à l'entendre se tromper ainsi, pour avoir le plaisir de le voir se reprendre sur-lechamp, et un sourire effleurait nos lèvres.
Pendant un voyage que fit Marceau dans le Levant, peu après sa conversion, un journal l'accusa de laisser sans le secourir un de ses plus proches parents qui était tombé dans la misère. Un commissaire de marine prit sa défense, et répondit que lui-môme était chargé de faire passer annuellement à ce parent malheureux une partie considérable des appointements du lieutenant de