CELLE QUI FUT HEAULMIÈRE
sensibles de la Flandre, si voisins des belles et éphémères irisations hollandaises. La grande mer du Nord, si proche palit le ciel sur toute l'étendue des plaines opulentes de Flandre; ses grains, ses bruines, sont sensibles dans les couleurs des matins de Brabant. Les vents violents portent dans l'intérieur des terres, des petites pluies fines qui tendent surtoute la contrée des écharpes aux mille nuances dégradées de noir et de gris; les vents agglomèrent sur les pignons flamands des concrétions violentes et babéliques de nuages, où le grand sculpteur pouvait étudier les fantaisies de la forme, les gigantesques à peu près de structure humaine et animale où se plait la fantaisie du hasard ou de la convenance inconnue qui modèle la ouate cendreuse ou candide des nuages. Là, les monuments se colorent autrement qu'ailleurs. Une statue de place publique a son enveloppe; plus qu'en d’autres pays, des statues de ton vieil or, ou de beau ton bronze, s’énlèvent des toits et des frontons et piquent de leur svelte silhouette, les couleurs tendres et nacrées de l'atmosphère, Rodin vit d'un œil de peintre, les modelès de ces statues changer avec l'heure de la lumière, et ce lui fut une belleétude, non point déterminante, maisutile, parce que venantaider au murissement de ses recherches par la présentation d'un fait existant. Au moins retrouva t'il plus tard ces sensations, car sa première manière, le sens de ses premiers éfforts, c'est dans la statuaire, la recherche de la vie, de l'amplitude et de la totalité du mouvement.