‹ Auguste RodinChapitre 13 sur 39 · FEMME · texte numérisé non relu

FEMME

Gothiques, dans la ligne tourmentée ou simple, mais ardente qui sculpte les élans de foi, et cisèle les grotesques et les repousse de contrastes violents. Elle trouve sa beauté dans les véhémentes contorsions d'un Puget, dans le puissant modelage de ses colosses.

Elle le rencontre aussi aux graces fières et strictes de Houdon, à l'élégance noble de Pigalle, au joli abandon de Clodion. Le style de David glaça ces graces et figea ces robustesses en des gestes d'école.

Ce qui ne veut point dire que de Clodion à Rodin, il n'y ait personne autre que David d'Angers, Barye et Carpeaux.

Mais sans contester Cartellier, Milhomme, Jaley, sans oublier la valeur de mouvement, de verve et de fantaisie de Préault, la fougue et les recherches polychromes de Clésinger, lesgrâces un peu bourgeoises de Pradier (grâces tout de même), sans

oublier Duret, ni Dantan spiri-

L'A'RMETV LE BEAU

tuel modeleur de terre, on peut dire que les grands représentants de la sculpture sont Rude, David d'Angers, pour sa pénétration du genre romantique, pour le littéraire en même temps que pour la matière de son art, et après eux, Barye et Carpeaux. Ils éminent: parmi les autres, comme kRodin, parmi les artistes honorables de son époque les Guillaume et les Paul Dubois.

Ils représentent le mouvement vrai de la sculpture, qui est la recherche du mouvement, et tiennent à la tradition générale de l'art depuis les Grecs et les Gothiques. Il n'y a point de liens précis entre Barye et Rodin, il y en a entre Carpeaux et Rodin.

Carpeaux tient aux romantiques par son Ugolin, mais surtout il procède de bons sculpteurs du XVIIT-.

Le premier, depuis eux, il recommence à faire jaillir des fleurs de pierre, des façades monumentales ; ses œuvres sont des sourires immortels de la beauté, quand elles s’appellent Æ/ore ou la Danse. On se souvient encore des objections faites à Carpeaux, de l'hostilité, des attaques violentes de la haine ; Carpeaux fut détesté, car il ne fut point de sculpture immobile. Il bouge, il grouille, il court, il danse ; il ajoute aux moyens de la sculpture des recherches qui semblent aux autres sculpteurs relever de la peinture, des recherches de mouvement. Ses contemporains préféreraient (les intéressés, les sculpteurs, ceux dont il augmente le métier en le rendant plus difficile), ils préféreraient faire du régulier, du posé, de ces groupes quasi-schématiques, plus faciles à obtenir comme les Gracques de Cavelier ou les victoires de Crauk, ils tiennent pour le statique, contre le mouvement. Mais la vérité fut plus forte qu'eux. Le sculpture c’est du mouvement autant que de la plastique. Les premières œuvres de KRodin ont pour but, pour idéal et pour règle, le mouvement ; donc il soulève les haïines des partisans de l'allure d'atelier,

de la pose de modèle, du grand

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