LE BEAU
vers l'infini, d'une évolution ininterrompue de progrès aboutissant à deux grandes figures de force et d'imploration« les bénédictions du travail » qui sera l'élan dernier et suprême de l'œuvre. Peu importe que les bas-reliefs qui donneront les aspects de la vie du travail, dans le costume ouvrier de nos jours, que les signes du Zodiaque qui symbolisent les labeurs de toute les saisons, ne soient pas exécutés. L'idée est mûre, la grande tour prête à s'ériger, dès que Paris ou une autre grande cité voudra voir s'élancer cet hymne sculpté au Travail humain. La beauté profonde de l'œuvre, ce qu'elle contiendra d'émotif et de communicatif est trouvé dans son ensemble et dès longtemps.
Et que d'autres œuvres nouvelles! Ici, c'est une Eve frissonnante et pudique que la Muse apporte du fond des airs, dans un véritable mouvement de vol, au “culpteur extasié. Ici c'est Eros arrachant Lrusquement les voiles qui couvrent la beauté et faisant apparaître en contraste de sa cambrure fière de jeune héros, le plus frêle et le plus délicat des corps féminins. Ici l'aile immense et neigeuse d'un grand cygne s’abaisse sur la rêverie lasse d'une femme qui semble écouter monter du sol les harmonies de’ la terre ltet c'est le Songe! c'est un projet de monument funéraire. Voici sévère, belle, casquée, une Minerve de marbre, un buste de victorieuse, puis des petits groupes ou fusionnent deux corps amoureux. Dans les vitrines, des recherches de bustes, des esquisses de mise en valeur de la grace féminine, par l'accentuation d'une allure, d'un détail; parfois juxtaposées la synthèse ornementale que Rodin à tirée d'une face humaine et le document exact, soit la représentation absolue du modèle, car pour atteindre à la beauté et à la vérité d'une figure, Rodin procède par une série
d'esquisses et fait mouler chaque point d'étape de son travail,
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de la recherche opiniatre de l'expression, pour aborder ensuite, muni de l’ensemble de documents qu'il s'est créé, latranscription définitive du modèle, vu par lui en son essentialité et sa vérité fondamentale ; car pour Rodin, la vérité du modèle s’augmente tout de suite de toute la quantité de symbole et de rêverie que le modèle peut suggérer à un regard d'intuitif et de divinateur du jeu des muscles et de la pensée hu-
maine.
Rodin très souvent parcourt son Musée, soulève les linges qui entoure l'œuvre de la veille, les projets longtemps caressés, ceux qu'il a pour un temps laissé de côté; même lorsqu'il en fait l'honneur à des visiteurs, à des amis il songe, il travaille; son crayon porte rapidement une indication sur un côté du plâtre,
un mot, un sig-
L'ARMETLEBEAU