RODIN CHEZ LUI
Depuis cette période de l'Exposition de 1900 où son art s'affirmait avec l'opulence d'un ensemble tel qu'aucun autre sculpteur n'en pour vait mettre en ligne de semblable, la gloire et la vigueur de Rodin n'ont fait qu'augmenter.
Actuellement, encore
que les résistances d'’Institut ne soient que bien partiellement vaincues, et que, si l’on ne peut nier Rodin ostensible- £ ment, on ne cesse point de lui faire la petite guerre, les succès obtenus à Paris, et la série destriomphesremportés à l'étranger ont constitué à Rodin le maximum dé gloire que puisse conquérir, de son vivant, un artiste véritable et incapable de concessions.
Rodin qui longtemps habita à Paris, ces quartiers lointains de Vaugirard chers aux artistes et surtout aux sculpteurs, parce qu'ils y trouvent à moins de frais les énormes ateliers dont ils ont besoin, aussi pour le charme particulier que dégage ce faubourg, solitaire le jour, populeux le
soir, curieux et spécial dans le décor de Paris, Rodin à l'étroit dans l'atelier que l'Etat lui a concédé au dépôt des Marbres, transporta après l'Exposition son pavillon blanc à Meudon Val Fleury, qui est devenu ainsi
pour les Parisiens épris de beauté comme un pélèrinage d'art.
La maison de Rodin surplombe un coude de la Seine qui se ravine entre les collines de Meudon et d'Issy. Un talus puissant
du chemin de fer longe ce creux. Un viaduc le barre; des arbres