‹ Auguste RodinChapitre 7 sur 39 · PYGMALION ET GALATHÉE · texte numérisé non relu

PYGMALION ET GALATHÉE

hauts et grèles ennuagent tout autour les petites maisons de plaisance qui commencent à pousser dans ce coin âpre. Quand Rodin y vint faire batir, c'était là le terrain vague, le chemin d’Issy à Meudon, un des points de transition de la banlieue crayeuse et usinière à la banlieue de plaisance. Des petits cabarets, des bouchons pour les rouliers coupaient cette route. Maintenant, de partout, de tous les bouquets d'arbres, on voit saillir un clocheton, on distingue les plaques d'ardoise de toits nouveaux. Rodin a apporté de la vie dans ces parages. De la maison de Rodin la vue est ample et belle. Elle donne, avec un moins vaste horizon, une impression semblable, un développement de vision panoramique, analogue à celui qu’on découvre dela Terrasse de Saint- Germain avec d'un côté Paris gagnant par les damiers de ses maisons, les moutonnements feuillus du Bois de Boulogne ; de l'autre côté c'est Meudon, le village grêle, parmi ses parcs, avec au dessus planantes, les formes bizarres des ballons captifs de son parc d'aérostation En face, le bras du fleuve silencieux et tranquille et le viaduc du chemin de fer, avec souvent, le roulement de la matière entrainée par des forces rompant de leurs fracas et de leurs fumées le silence d'un des coins les plus calmes des environs de Paris. On embrasse tout ce paysage, de tous les points de la maison de Rodin, de son atelier, comme d'auprès de la petite pièce d'eau aménagée pour le

nonchaloir des cygnes.

BARRE EBEAU

Au long de la maison court un petit sentier, un raccourci qui gagne un peu plus vite la route de la gare. C'est par là que passe Rodin lorsqu'il va à Paris, vers son atelier de la rue de l'Université, toujours coiffé du chapeau haut de forme, vêtu sans recherche autre qu'une parfaite correction. C'est ce sentier qui lui amène les visiteurs familiers. Il y a déjà un petit quart d'heure qu'ils ont quitté la gare, quand ils arrivent chez lui. La maison de Rodin est plus proche d'Issy que de Meudon; mais pour y arriver sans escalader les pentes sèches et souvent boueuses des coteaux il faut descendre à Meudon- Val-Fleury. Ceux qui arrivent là pour la première fois trouvent facilement leur route. Tout le monde connait la maison de Rodin, dans le pays. Les employés de la gare s'attendent, à chaque figure inconnue qu'ils voient, à ce qu'on leur en demande le chemin. Il n'est point à Meudon de petite papeterie, bureau de tabac, ou petit café où l’on n'en vende l'aspect en carte postale.

C'est

Musée, que l'on voit de la ligne du chemin de

surtout le pavillon de l'Exposition, le fer, c'est lui qui donne à la maison de Rodin, ses lignes nobles et son caractère de grave élégance antique. Il annule ce qui l'entoure, facilement, car Rodin nest pas bâtisseur. Une maison d'habitation simple, quelques ateliers ajoutés ou aménagés dans les petites maisons de paysans qu'il trouva là et qu'il vida de leurs cloisons pour en faire de grandes pièces, son Musée, c'est tout l’ensemble de son installation parmi de longues avenues ou l'herbe pousse, et quelques jardinets plantés autour des bassins de marbre blanc ou de pierre blanche et une petite

vigne, qu'il vient d'y ajouter.

ETUDE DE MAIN

L'ARIRERLEÉBEAU

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