‹ Auguste, sa famille et ses amisChapitre 4 sur 7 · TI · texte numérisé non relu

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MÉCÈNE ET LES POETES

Parmi les fondateurs du nouvel empire, il faut compter un personnage qui a été le conseiller, le négociateur d’Octave, comme Agrippa a été son homme d’action et son général ; tous deux ont été les bras , de même que Livie a été la tête de cette redoutable association. C’est de Mécène que je vous entretiendrai aujourd’hui, et j’essayerai de vous en faire un portrait à demi sévère, car il est difficile de se montrer tout à fait rigoureux devant une figure aussi aimable, aussi populaire aux yeux de la posté-

rité, et qui a tant été chantée par les poètes que son nom est devenu le nom générique de tous les protecteurs des lettres.

Mécène n 'était pas Romain de naissance. Il ne l’était que par adoption. C’était un Étrusque originaire d’Arretium. Sa famille paternelle s’appelait du nom étrusque de Cfelne qui a été traduit en latin par Cilnius, prénom de Mécène. La famille des Cfelne avait exercé le pouvoir dans la lucumonie d’Arretium. Elle en avait été chassée par un soulèvement, et y avait été rétablie par les Romains. Du côté maternel, Mécène descendait d’une autre famille qui s’appelait soit Mecné, soit Mesné, d’où l’on avait fait le mot latin Mœcenas. Suivant l’usage étrusque, son nom le plus important était celui de sa mère. C’est ce qu’on remarque dans les kmbeaux étrusques, où les morts sont désignés par le nom de leur mère, peut-être parce

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que, dans un pays aussi corrompu que l’était l’Étrurie, il n’y avait de filiation certaine que du côté maternel. Le nom de la femme étant préféré, le nom du père ne servait que de prénom.

Mécène était plus âgé qu’Auguste; nous ignorons en quelle année il était né. Auguste avait cinquante-cinq ans quand Mécène mou- * rut, et nous savons qu’il était alors un vieillard très-avancé en âge, voisin de la décrépitude. Comment les événements les rapprochèrent-ils, nous l’ignorons. Mécène, à Rome, n’était qu’un petit personnage. C’était un simple chevalier, qui ne devait probablement quelque importance qu’à sa grande fortune : mais, quelle qu’elle fût, il avait besoin delà grossir. C’était un esprit fin, perspicace, et quand nous le rencontrons pour la première fois dans l’histoire, il a déjà su s’attacher à la fortune d’Oc-

AÜGDSTE.

tave, non pas comme homme de guerre, quoiqu’il se soit bien comporté à la bataille d’Actium, mais comme conseiller; il n’avait en effet que peu de goût pour l’action, c’était surtout un homme d’affaires, adroit et conciliant. Chaque fois qu’il y avait quelqu’un à tromper, une négociation à engager, c’était lui qu’ Octave envoyait en mission. Une de ces négociations fut de marier Octave avec une descendante de Pompée. Une alliance allait se conclure entre Antoine et Sextus Pompée ; si elle se réalisait c’était la ruine certaine d’Octave. On envoya Mécène demander la main de Scribonia, qtù était petite-nièce du grand Pompée. Il réussit, et l’alliance de Sextus et d'Antoine fut rompue.

Une affaire plus difficile fut de réconcilier Antoine avec Octave , lorsque celui-ci n’était pas encore prêt à soutenir la lutte. On dépêcha à Brindes l’habile Mécène qui partit entouré

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de toutes ses séductions, c’est-à-dire de sa cour de poètes, déjà formée. Parmi ces poêles il y avait Horace, Virgile, Domitius Marsus, nom beaucoup plus obscur, mais cependant un des amis de Mécène. On arriva à Brin des comme à un rendez-vous de plaisir. Antoine, qui était privé depuis longtemps de ces plaisirs délicats, fut charmé. Mécène réussit encore, et on renvoya en Orient le triumvir réconcilié avec Octave, c’est-à-dire caressé, trompé, jusqu’au jour où l’on serait assez fort pour l’écraser.

Une autre transaction délicate se présenta lorsque la guerre éclata avec Sextxrs Pbmpéc, et lorsque Octave dut demander du secours à Antoine. Ce fut encore Mécène qu’on envoya ; il fallut partir de nouveau pour Brindes, s’embarquer,- traverser la mer et aller trouver Antoine pour en obtenir des légions et surtout des

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galères. Il réussit comme dans toutes ses missions. Enfin, après la victoire d’Actium, nous le retrouvons à Rome avec de pleins pouvoirs. Lui, simple chevalier romain, sans titre déféré par les lois, sans élection du peuple, il se trouve le maître de Rome et de l’Italie ! Il avait déjà appris, du reste, le moyen d’apprivoiser la multitude, car chaque fois qu’il y avait une sédition à Rome pendant le triumvirat, et qu’Octave avait besoin d’adresser au peuple de bonnes paroles, il envoyait l’habile, le doux, l’enjoué Mécène, qui ne se fâchait de rien, qui écoutait avec grâce les cris de la populace, et lui offrait en retour des dons et toutes ses fleurs d’éloquence. De sorte que lorsqu’il revint à Rome, sans avoir d’autre mandat que la volonté du triumvir victorieux, il resta le maître de l’Occident pendant le séjour d’Octave en Orient; il faut dire que Livie était

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derrière lui et le soutenait de son énergie et de ses conseils, qui ressemblaient singulièrement à des ordres. Il eut cependant une difficulté sérieuse avec les vétérans de César. On leur avait fait de grandes promesses, ils en réclamaient l’exécution, et ne se payaient pas de paroles. Mécène épuisait en vain sa rhétorique et sa souplesse. C'est alors qu’il fallut envoyer Agrippa, l’homme de guerre, dont la main plus rude savait manier des soldats.

Ce fut à. peu près la fin de la carrière publique de Mécène. Il alla rejoindre un instant Octave pendant qu’ Agrippa prit sa place à, Rome, il le suivit jusqu’en Egypte, et je suis persuadé que c’était lui qui prémunissait Octave contre les séductions de Cléopâtre, qui avait espéré exciter sa passion comme elle avait captivé l’attention de César et l’amour d’Antoine.

L’empire étant fait, il ne restait plus d’ob-

stades, plus d’ennemis, il n’y avait plus qu 5. jouir de la séeurité et du pouvoir conquis. Et si quelqu’un était disposé à ces jouissances, c’était GHiiius Mæcenas.

Il n’avait pas d’ambition, il était parfaitement désintéressé en fait d’honneurs. Quant aux richesses, il en avait d’immenses. Comment acquises ? L’histoire ne le dit pas : je ne pense pas qu’Àrretium fût la source de revenus si magnifiques. Cette fortune provenait sans doute des présents d’Octave, du butin fait à la guerre, des dépouilles des proscrits; il ne faut pas regarder de trop près aux fortunes issues des guerres dviles et des coups d’Étai. Ce que nous savons, c’est que Mécène n’avait pas d’ambition personnelle, qu’il refusa d’être sénateur, resta simple chevalier, relativement libre, toujours dévoué à Octave dont il était l’ami et le conseiller, ne sollicitant plus sa

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munificence que pour les autres. Il aimait la pais, et il employa le crédit qu’il avait conquis auprès du maître d'une manière bienfaisante, prenant la défense des proscrits', protégeant les gens de lettres et les poètes ; en un mot c’était un excellent homme, qui n’employait plus la ruse, une fois les difficultés de la guerre civile écartées, que pour faire aimer celui qui n’avait guère été digne d’amour jusque-là.

Il usait aussi de son influence pour modérer les colères de l’empereur, et il en donna une preuve bien connue un jour qu’Auguste jugeait en matière criminelle? entraîné par les souvenirs de sa jeunesse, par sa férocité native, il condamnait imperturbablement à mort tous ceux qui passaient devant son tribunal. C'est alors que Mécène, séparé par la foule des assistants, lui jeta ses tablettes, sur lesquelles il avait écrit: « Lève-toi, enfin, bourreau. » Au-

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guste en effet se leva, renvoya les causes au lendemain , et le lendemain il avait refoulé son tempérament sanguinaire. C’est Mécène qui plaida la cause d’Agrippa oublié en Orient dans une fastueuse résidence, et qui dit à. Auguste : « Tu as fait Agrippa si grand, qu’il faut le tuer ou le choisir pour gendre. » Comme

il lui démontra les avantages qu’il trouverait à

le prendre pour successeur, Agrippa ne fut pas tué, car c’est ainsi que se décidaient les destinées des hommes les plus considérables, dans les premiers conseils de l’empire.

Au fond, Mécène était un épicurien, un excellent vivant qui aimait la bonne chère, la table, les plaisirs de tous genres qu’affichent surtout les époques de corruption. Il était d’une dépravation élégante et délicate, et, d’après les auteurs qui ont fait son éloge, il ne haïssait ni le scandale de bon goût ni la débauche brillante

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et de noble apparence. C’était donc un de ces hommes qui sont merveilleusement faits pour préparer, pour faire aimer et accepter le pouvoir absolu.

Vous savez qu’il y a deux influences dont il faut tenir un compte sérieux dans les sociétés avancées : l’influence des débauchés qui sont heureusement les moins nombreux, et celie des bons vivants qui sont malheureusement le grand nombre.

Dans les époques d’ébranlement, quand la lie des sociétés remonte à la surface, vous voyez surgir un certain nombre d’hommes qui ont passé leur jeunesse à ne compter pour rien les lois civiles et les prescriptions plus délicates de la conscience ou de l’honneur, qui ne voient qu’un but, la satisfaction de leurs passions. Ces gens-là sont prêts à tout tenter le jour où ils peuvent mettre les pieds sur les lois et la

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juslice. Ils ont appris de bonne heure à mépriser l’opinion, les honnêtes gens, les serments, la liberté, la patrie, et h ne reconnaître pour divinité que la force. Ceux-là. sont les ambitieux de haute volée, car la débauche est ane terrible école d’ambition , d’audace et de servilité.

Les autres, beaucoup plus nombreux, qui sont des gens assez honnêtes, efféminés plutôt que délicats, accommodants plutôt que convaincus, sans énergie sinon pour le plaisir, égoïstes et préoccupés uniquement de leur bien-être, amoureux de ia table , des théâtres, des promenades bien tracées, des rues bien pacifiées, blessés par une feuille de rose dans leur lit, en un mot ce sont les sybarites, troupe croissante aux époques de décadence, qui veut le calme k tout prix et qui ne devient implacable que si ses jouissances sont menacées.

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Que la liberté, que la dignité du pays soient en péril, peu leur importe; ils ne demandent qu’une chose, c’est la tranquille possession d’eux-mêmes et de leurs aimables vices. €es gens-là aiment le despotisme avec fureur , parce qu’ils ne veulent pas qu’on trouble leur état de liesse et d’allégresse. Mécène était à leur tête. Il voulait la paix , une paix profonde, plus de missions, plus de voyages en Orient, où l’an était si rudement cahoté dans les litières ou secoué par les flots; non, un seul voyage, aller des Esquflies à Tibur , de Tibur aux Esquilies. Voilà ce qui nous prouve, messieurs, que Dion , dont nous parlions il y a huit jours à propos d’ Agrippa, et qui a été si mal inspiré dans ses discours de rhétorique, a été plus judicieux en faisant de Mécène le défenseur du

pouvoir absolu. C’est qu’en effet il est le type de cette classe très-nombreuse qui a besoin, je

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ne dirai pas de la servitude, mais de cette tranquillité sous un joug commun , qu’on peut rêver, hélas ! dans les temps modernes comme dans les temps anciens. Mécène était donc un des apôtres- nés du pouvoir dictatorial d’Auguste. Dion a fait preuve d’esprit en le choisissant comme champion du despotisme.

Vous comprenez donc, messieurs, pourquoi Mécène, quoique épicurien et égoïste, resta l’ami d’Auguste, profondément dévoué et à la fondation de l’empire et à l’intérêt personnel du souverain. Il sentait très-bien, et Auguste le sentait non moins que lui, que cet exemple qu’il donnait de la vie facile, de la recherche de la volupté dans une mesure qui ne choquai pas trop les regards de Rome, n’était pas sans une action lente, un peu délétère , qui détournait les citoyens du goût des affaires, qui consolait la jeunesse de n’être rien , qui

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endormait les vieillards et les empêchait de regretter le passé en se laissant bercer par la douceur du présent. Mécène était le grand pontife de cette religion du bien-être qui maintenait le peuple amolli dans une honnête obéissance, En même temps il avait le goût des lettres; il excellait h caresser les poètes, race si sensible aux caresses, et à transformer en flatteurs des gens qui auraient pu être des adversaires. Mécène était sans rival dans l’art de charmer des esprits ombrageux et cet orgueil si facile à satisfaire ou h désarmer, qu’on appelle l’orgueil des hommes de lettres. Les services qu’il rendait à Auguste étaient donc des services de chaque jour, qui lui coûtaient d’autant moins qu’il suivait son penchant, qu’il satisfaisait tous ses goûts, qu’il vivait bien ; bien vivre, c’est le mot d’Horace, c’est le mot de toute la cour de

Mécène. Auguste lui en était reconnaissant, à

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sa manière, et leur intimité alla toujours croissant, car chaque fois qu’Auguste avait un peu de tristesse, qu’il se sentait malade (il avait des infirmités nombreuses dont la nomenclature se trouve dans la biographie de Suétone), il se faisait transporter soit dans la maison de ville, soit dans la maison de campagne de Mécène, qui lui servait de garde-malade. La maison de

Mécène, c’était la maison de repos, de convalescence d’Auguste, c’était là que la santé lui revenait, grâce à la gaieté, à l’esprit de son hôte, aux distractions qu’il savait lui ménager.

Il y avait bien, messieurs, pour Mécène quelques petites compensations. On n’a pas impunément l’honneur d’être l’ami d’Auguste, il faut acheter tant de gloire. Agrippa en a souffert jusqu’à voir sa vie abrégée par l’excès des fatigues ; nous devinons par un mot terrible échappé à Pline ce qu’était la servitude privée,

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secrète, mais la servitude implacable d’Auguste,

durum servüium Augusli.

Quant à Mécène, il n’y avait point de prise sur lui. Mécène était l’homme le plus liant du monde, il ne résistait jamais, mais on faisait plus souvent ce qu’il persuadait de faire. Les compensations étaient d’un autre genre, Mécène avait une femme beaucoup plus jeune que lui, qui s’appelait Térentia. Il est impossible de nier que Térentia était la maîtresse d’Auguste : ce fut une des récompenses des services de Mécène. Mécène, il est vrai, était un philosophe, et ce n’est pas là, probablement oe qui troubla sa bonne humeur ; c’était un lien de plus entre les deux amis, voilà tout. Mais Térentia, qui était une femme très-jolie, d’un caractère difficile et capable d’exercer un très-grand empire sur son mari , probablement à cause de son mauvais caractère, avait un frère qui s’ap-

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pelait Muréna et qui s’avisa de conspirer contre Auguste. Auguste le sut, et il imposa le silence k Mécène sur sa découverte. On voulait sans doute laisser s’engager dans cette conspiration surveillée tout ce qu’il y avait encore d’hommes énergiques qui protestaient contre la servitude universelle. Mécène ne se tut pas, il avertit Térentia du danger que courait son frère, celleci avertit Muréna, et les conjurés se mirent à l’abri.

Dès ce jour tout fut fini. Auguste n’était pas tendre, et une de ses qualités était d’être implacable ; il ne pardonna jamais à Mécène. 11 n’y eut point entre eux de rupture violente, cela n’était point facile, puisque Mécène n’était rien dans l’État. Il n’y eut point non plus de relations brisées. Auguste était de plus en plus malade, la maison de Mécène lui était de plus en plus nécessaire ; mais il y eut un refroidissement

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que l’histoire a constaté, et la défiance ne sortit plus du cœur d’Auguste.

C’est là une compensation, me direz-vous, aux douceurs que Mécène avait tirées du commerce d’Octave. Je ne crois pas que ce fût là encore pour Mécène un grand châtiment. Il était consolé à l’avance par la façon de vivre qu’il avait adoptée. Sa vie se partageait entre sa résidence d’été et sa résidence d’hiver ; il allait de l’une à l’autre, variant ses plaisirs avec les saisons, et entraînant avec lui le cortège de ses amis.

Nous savons à peu près, sans pouvoir exactement le préciser, l’endroit où était la maison de Mécène, à Rome. Ce n’était pas seulement une maison, c’était un terrain considérable, avec des jardins vantés pour leur fraîcheur, leur beauté et leur vue. Ces jardins de Mécène étaient restés célèbres à Rome, et Néron s’en

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empara quand il voulut s’étendre par-dessus la vallée qui sépare le mont Esquilin du mont Palatin. Il faut chercher cet emplacement au delà de Sainte-Marie-Majeure, entre cette église et les bains de Titus, en se dirigeant vers Saint- Jean de Latran. C’est là qu’étaient l’habitation de Mécène et ses jardins, pour l’embellissement desquels l’art grec avait mis ses magnificences au service du goût romain.

Quant à la maison de campagne de Tibur, vous la connaissez. Elle existe encore, du moins en partie ; il est impossible d’en méconnaître l’emplacement. Elle est située au-dessus des petites Cascatelles ; elle était, il y a peu d’années, transformée en usine, et l’on voit encore la cour carrée de la maison de Mécène, avec des arcades auxquelles sont adossées des âemicolonnes doriques, à peu près comme dans le théâtre de Marcellus.

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J’ai déjà dit que la vie de Mécène n’était pas toujours exemplaire. Il ne faut pas oublier, messieurs, qu’il était Etrusque, et les Étrusques avaient, même dans leur bon temps , une réputation établie d’aimer le plaisir et la débauche. Les Latins se moquent sans cesse de leur gros ventre, de leur bon estomac et de leur embonpoint, conséquence d’une vie toute matérielle.

Mécène était resté Étrusque ; de sorte qu’il avait deux existences, l’une pour l’intelligence et l’autre pour la satisfaction des besoins du corps. Les bains, les soins de sa personne l’occupaient beaucoup ; il avait importé k Rome l’usage de certaines piscines d’eau chaude, où l’on pouvait nager en toute saison. Il avait aussi un goût singulier de la toilette, non pas d’une toilette très-relevée et très-élégante, mais d’une toilette quelque peu débraillée. On le

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