‹ Augustin BELLOSTEChapitre 8 sur 9 · DEAR · texte numérisé non relu

DEAR

reçoivent facilement l'impression de tout ce qui Îles À touche et qui par la circulation portent aux gros vais-. RER seaux et au principe des nerfs, les bonnes ou mauvaises

J qualités qui leur ont été communiquées, l’on ne saurait

user de ces poisons avec trop de circonspection ». (Tome

I, page 902)

Ja « Il est besoin d’une grande étude et d'une profonde application pour savoir les vertus et les propriétés de

tant de drogues ; (qu'ont laissées les anciens) et on ne

peut employer avec discernement un remède sans en

connaître la nature et l'effet ; autrement, on abandonne son succès au hasard, et à la bonne foi d'autrui, comme il arrive assez souvent.

De plus, il est très difficile de croire que par toutes ces co ‘grandes compositions on obtienne si souvent la fin qu'on re se propose ; les médicamens se contrarient, s’altèrent et se détruisent par leur quantité et par leur différence : les choses les plus simples ont plus de conformité et sympatisent davantage avec notre nature. » (Tome I, page 305)

Chose curieuse, malgré cette affirmation, Belloste nex décrit pas moins dans sa « pharmacie chirurgicale » pas

mal de médicaments compliqués.

« Je puis pourtant assurer que depuis que j'ai quitté les tentes dans le pansement des playes par armes à feu, il n'est point-arrivé d'écoulement de sang après l’escarre tombée ; car à mesure qu'elle se fond et se sépare, une

nouvelle chair germe dessous sans contrainte, et recouvre

les \ vaisseaux endommagés : ;.Ce qui ne se peu espérer quand

les vaisseaux endommagés ; ce qui ne se peut espérer quand les” tentes compriment l'escarre ». (Tome I,

page 896).

; RS *x- À

« Il est certain que moins vous pansez une plaie, moins il se fait d'humeur excrémentielle, pourvu que la cavité

ne soit pas remplie de charpie, ni d'autre chose sembla-

ble... » (Tome 1, page T6)

TER On ne doit pas perdre un moment de temps pour

rétablir les parties | luxées, avant que les accidents qui s’op-

posent souvent à l'opération soient survenus. Car la tête

de l'os sortie de sa place comprime ordinairement les par-

ties nerveuses et tendineuses, qui sont très sensibles et

fait quelquefois que les vaisseaux qui portent le sang pour

ST entretien de l'organe, s “affaissent ou se ferment d'une

autre manière, qui cause une espèce de paralysie ou d’atro-

phie, ou même une fluxion ; et la cavité se remplissant de la synovie dont les articles sont continuellement abreuvés, cette humeur y peut être coagulée par quelque acide et tenir la place de la tête de l'os qui en est sorti ; alors on peut compter que la réduction est impossible. » (Tome I,

page 349)

# "x « J'ai employé tous mes efforts pour faire voir dans le cours de ce traité, moins par le raisonnement que par des exemples et par les autorités que la nature a la meilleure part dans tout ce qui se fait pour la guérison des

plaves ou plutôt, qu'elle en est la principale ouvrièré,

laissant le soin de publier ses éloges et ses prérogatives à

une plume plus délicate que la mienne, et me contentant d'en admirer Îles prodiges, qui ne sont pas moins impéné.

trables qu'ils sont surprenants. » (Tome E: page 363)

« Mon âge de 70 années qui rend tous les jours de ma

vie critiques, et toutes mes années climatériques, me de-.

vrait porter à ne pas faire un secret de la préparation et

composition de ce remède ; (il s’agit de ses pilules mercu-

rielles). vu d’ailleurs que dans mon premier ouvrage :

j'avais flatté le public de le donner un jour en lumière : ce jour n'est pas encore venu : la rigueur des temps l’a reculé ; par les pertes considérables que j'ai faites dans ma patrie.

Ma famille peut trouver dans son usage une ressource qui la console et la dédommage en même temps de l’injustice qui l’a privée de plusieurs années de mon travail et de mes fatigues : c’est à eux à qui je laisse le soin de tenir ma parole quand ils le jugeront à propos : je n’en prive pas le Public. » (Fome Il, page 129)

Belloste termine le premier volume de son ouvrage par une observation si extraordinairement curieuse que nous ne pouvons résister à l'envie de la reproduire intégralement. |

« Avant que de finir ce petit traité (il s’agit de sa dis-

rue

sertation sur la rage) : je ne puis taire une chose assez sin- ‘gulière que j'ai vue, en voici |’ histoire : 5

« Un valet âgé de 18 ou 20 ans après avoir mangé du lait dans la chaleur de l'été, s’en alla dans une pâture pour y garder ses chevaux ; il se coucha le long d’une haye ; et s y étant endormi, apparamment la bouche ouverte, un serpent attiré par les vapeurs du lait entra dans le COrps de ce garçon, et ne lui causa d’abord point d’autre incommodité qu’un grand froid, et un peu de pesanteur qu’il sentit dans l’estomac en s’éveillant ; ce qui l’obligea à se lever pour s'exposer au soleil. Ce jeune homme ne peñsant plus à rien, et s’en étant retourné à l'ouvrage, à peine fut-il entré au logis qu'il se plaignit d'une violente colique accompagnée de la même pesanteur et du même froid. qu'il avait déjà ressenti, disant qu'il avait avalé un serpent, qu’il tournait dans son corps et qu'il le sentait bien.

Le hasard me fit passer dans ce moment auprès de la maison où était ce valet, et d'où on m'appela pour le voir. Après l'avoir interrogé, je soupçonnai comme lui un serpent qui ne trouvant plus rien à manger dans l’estomac de ce garçon, y causait tout le désordre que je vis. Pour y remédier, je crus que je pouvais sans nuire au malade me servir d’un remède dont j'avais ouï parlé dans une semblable occasion, quand même ma conjecture se serait trouvée fausse, c’est du lait que’les serpents aiment sur toutes choses, (s'il est vrai comme on n’en doit pas douter, qu'ils tettent les vaches dans leurs étables), je fis donc remplir une chaudière de lait, qu'on mit bouillir : lorsqu'elle fut retirée du feu, on suspendit le malade, on mit la chaudière au-dessous de sa tête, et

il n'eut pas plutôt ouvert la bouche pour recevoir la

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