PRÉFACE. IX
En étudiant les expositions depuis vingt années on peut depiner combien ses conseils portèrent rapidement leurs fruits. Sous son heureuse influence les yeux se dessillent, les courages s'affirment . Aux înédailles froides, classiques, d'un dessin convenu, succèdent celles de Degeorge. La médaille de l'Église de Montrouge, un chef-d'œuvre, le met de suite hors de pair. Il s'y montre respectueux de la nature, ingénieux dans les arrangements, dessinateur impeccable. Il y a dans cette médaille, comme un souffle raphaélesque et aussi une sincérité, une naïveté, une poésie qui émeuvent. La composition est claire, les plans bien entendus, l'harmonie exquise; la forme tourne doucement et se colore avec une saillie minime. Le chemin nous est désormais tracé.
Avec Cliapu et Degeorge la médaille n'est plus l'objet de curiosité banal, que l'on ne regardait que la loupe à la main. G est désormais un bas-relief de métal. Les maîtres d'autrefois l'avaient compris : ainsi aucun souci d'étonner par le métier, parfois même ils sont malhabiles, leur préoccupation imique est l'effet décoratif.
Désormais la jeune école ne s'attache plus au métier, l'habileté de l'outil n'est rien. Il y a un but plus élevé à atteindre : celui d'être compris, d'être clair, car nous ne travaillons pas seulement pour les érudits, pour les délicats, mais encore et surtout, pour le peuple. Ne devons-nous pas, en effet, fixer sur le métal les événements principaux de notre époque, conserver les traits de ceux qui ont contribué à la gloire de notre pays? Notre mission dans l'Art est admirable. Nous notojis le bien ou le mal fait, et aujourd'hui, élargissant notre domaine, nous aimons à nous inspirer des sentiments de Phu-
AUGUSTIN DUPRÉ. b