‹ Auprès d'un mourantChapitre 14 sur 20 · II. —— LE PoIssON ÉLECTROCUTÉ · texte numérisé non relu

II. —— LE PoIssON ÉLECTROCUTÉ

L. Bixer et A. ARNAUDET ont utilisé un bac de marbre long de 140 cm., large de 11 cm., à demi-rempli d’eau de mer : le courant y arrive par deux lames métalliques situées à chaque extrémité de ce bac et en communication avec le courant de la station (110 volts, alternatif, 25 périodes par seconde).

Quelles sont les réactions présentées par les gobies soumis à ce courant ?

Le poisson est immobilisé, ventre en l'air, en contracture, avec un arrêt respiratoire en inspiration.

Si l’électrocution a duré de une à deux minutes et si la température de l’eau n’est pas trop élevée (in-

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férieure à 25°), l'animal, après l'interruption du courant, reprend spontanément sa respiration, fais les mouvements sont faibles et irréguliers ; il ne retrouve pas son équilibration et meurt au bout de quelques minutes.

Cinquante gobies,-soumis à une telle électrocution, sont restés sur le dos, avec une respiration défaillante, et n'ont eu que 19 minutes de survie en moyenne.

Cinquante gobies, plongés aussitôt après l’électrocution dans l’eau de mer caféinée, à 0,50 pour mille, ont eu une amplification de la respiration dès la deuxième minute, ont repris leur équilibration au bout de cinq minutes et, replacés dans l’eau de mer normale, ont eu pour 43, une moyenne de survie de cinq heures et pour 7, une survie définitive.

IIL —— Poissons CHAUFFES.

Des gobies (Gobius lota) vivant en aquarium à la température de 22-24° (mois d'août) sont immergés dans de l’eau de mer chauffée à 86°-38°, et subissent ainsi un véritable « coup de chaleur ». Après un temps variable, suivant la température, ils s’immobilisent au fond du bac, le ventre en l’air, puis finalement, les mouvements respiratoires s'arrêtent. Lorsque l'arrêt respiratoire a été obtenu, les gobies sont immergés les uns dans de l’eau de mer non chauffée, les autres dans de l’eau de mer également non chauffée et additionnée de caféine. Les solutions de caféine utilisées ont été

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d'une concentration variant de 0,25 à 0,50 gr. par litre.

Après cinq minutes d’un séjour dans de l'eau de mer à 38°, six gobies gisent inanimés sans présenter aucun mouvement respiratoire. Trois sont placés dans de l’eau de mer à 20° ; trois autres dans de l’eau de mer à 20° mais caféinée à 0,25 pour 1.000.

Dix minutes après, tous les poissons sont transportés dans l’eau de mer à 20°.

Les mouvements labio-operculaires réapparaissent en quelques secondes chez les poissons caféinés, après cinq minutes seulement chez les témoins. La réanimation est complète à la 8° minute chez les premiers, à la 13° minute chez les seconds.

Les pourcentages ont toujours été de ce type : à la même température, le pourcentage et la rapidité des réanimations sont plus grands lorsque les poissons avant subi le « coup de chaleur », ont été traités par la caféine. La réanimation est généralement accélérée de 5 à 10 minutes par un passage de cinq minutes dans une solution à 0,5 p. 1.000 ou de dix minutes dans une solution à 0,25 p. 1.000.

B. - Expériences nouvelles

Il nous a semblé intéressant de continuer ces essais expérimentaux en opérant sur un poisson d'eau douce, le Cyprin doré (Carassius auratus), en ayant soin de

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prendre des poissons de même taille, neufs ; nous les avons mis en état de mort apparente, soit pér une épreuve physique : l'épreuve de la mise à sec, soit par une épreuve chimique, toxique : l’intoxication par le gardénal sodique.

Ces expériences répondent donc à deux problèmes des plus importants en clinique : le traitement de l’asphyxie en général et la thérapeutique d'une des intoxications les plus redoutables, celle par les barbituriques.

Notre étude a porté sur un nombre total de cent trente poissons.

ASPHYXIE DES POISSONS PAR L'ÉPREUVE DE LA MISE A SEC ET RÉANIMATION PAR LA CAFÉINE.

Nos essais expérimentaux portèrent sur cinquante poissons.

Le cyprin est des plus résistants à la mise à sec, résistance qui varie du reste suivant les individus et suivant la température ambiante.

Une mise à sec de 2 heures et demie à 3 h. 50 minutes a été nécessaire pour obtenir un état de mort apparente.

Les poissons présentent les réactions habituelles à l’asphyxie : tout d’abord, les mouvements respiratoires sont accélérés et de grande amplitude ; ils font preuve d’une agitation violente, sautent, mais bientôt, ces réactions motrices cèdent.

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Le poisson reste immobile, la respiration est de plus en plus faible puis s'arrête complètement.

Cependant, cette apnée cède lorsqu'on excite le cyprin qui saute alors avec force. Toutes ces réactions finissent par s'émousser.

Au bout d’un délai variable, mais toujours prolongé, le poisson est en état de mort apparente : pas de mouvements respiratoires, flaccidité totale, absence complète des réactions quand on le pince ou qu'on l'agite par l'extrémité caudale.

Dans une première série d'expériences, les poissons ont été replacés : les uns, les témoins, dans de l’eau de rivière à une température de 14 à 16°, les autres, dans une solution de caféine à 0,50 p. 1.000, alors qu'ils présentaient encore quelques faibles mouvements.

La durée de la mise à sec avait varié de 1 h. 20 minutes à 2 h. 30.

Ces essais portèrent sur 15 cyprins.

Les six témoins montrent toujours des troubles importants : quatre d’entre eux ont des mouvements operculaires immédiats, mais très légers, rares et irréguliers.

Ils restent inertes, coulent ou bien se tiennent immobiles à la surface, couchés sur le côté.

Ce n'est qu'après 3 à 6 minutes qu'ils commencent à s’agiter, mais ils présentent toujours de gros troubles de l'équilibre. Ils ne recouvrent leur stabilité qu'au bout de 20 minutes au minimum : ils sont très lents dans leurs mouvements.

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