PAR UNE INTOXICATION CHLOROFORMIQUE
1° Expériences sur le poisson entier.
Des gobies sont placés dans un réservoir contenant, par poisson, 200 cc. d'eau de mer : on y ajoute une petite quantité d'eau de mer chloroformée à saturation, de 6,5 à 7,5 ce. par poisson.
Assez rapidement, le gobie perd l'équilibre, il se retourne et 15 à 25 minutes après le début de l’action du chloroforme, la respiration est arrêtée. À ce moment, les poissons sont divisés en deux lots qui sont placés : l’un dans de l’eau de mer simple, l’autre dans de l’eau de mer caféinée (0 gr. 50 de caféine par litre).
Le plus souvent les animaux du premier groupe restent inertes. Au contraire, ceux du second reprennent leur respiration 1 à 3 minutes après l’action de la caféine.
Les mouvements respiratoires sont d'abord rares et superficiels, ensuite fréquents et amples. Secondairement, le poisson s'agite et reprend son équilibre. Soustrait à cette solution caféinée, après un séjour de 5 à 10 minutes, et placé dans un aquarium contenant de l’eau de mer simple, le poisson survit.
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2° Expériences sur la tête du poisson isolée et perfusée. £
Il a été établi, par des expériences de L. BIxer et H. CarDoT que, dans une tête de Gobius lota isolée du reste du corps et perfusée avec une solution de composition convenable, on pouvait noter une persistance des mouvements respiratoires pendant une durée de 3 à 4 heures. Les recherches qui suivent ont été effectuées avec une solution ayant la composition cidessous pour un litre d’eau distillée :
NaCl, 8,2=sr. ; KCI, 0,36 gr. ; CaCP, 0,17 gr. ; MeCP, "0,08 er: NaHCO® "0,27 gr; NaH2PO*, 0,04 gr. ; glucose, 0,59 gr. ; urée, 4,58 gr. Une telle formule (de PH 7,4) a donné des survies du centre respiratoire de 225 minutes chez Gobius lota.
Si on ajoute au liquide de perfusion de l’eau chloroformée à saturation (préparée avec la solution précitée) et à la dose d’une partie d’eau chloroformée pour vingt parties de ce liquide, on note un arrêt des mouvements respiratoires qui s’observe plus ou moins rapidement. À ce moment, la substitution au liquide chloroformé d’une solution normale ne rappelle pas les mouvements respiratoires : par contre, si cette dernière solution a été additionnée de caféine, on enregistre une reprise d'activité du centre respiratoire. Cette reprise est immédiate, variable dans son intensité et dans sa durée. Avec des doses convenablement choisies (0,20 gr. de caféine pour 1.000 cc. de liquide de perfusion), on a pu, dans une même expérience, à
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deux reprises, faire renaître la respiration dans une tête inhibée deux fois par le chloroforme.
Une tête de Gobius lota est irriguée par le liquide précité additionné d’eau chloroformée dans les proportions indiquées. Après 15 minutes de perfusion, la respiration est totalement arrêtée. On perfuse alors avec le liquide caféiné: trois minutes plus tard, la respiration reprend et, après 10 minutes, les mouvements sont amples et fréquents (40 à la minute). On intoxique à nouveau le centre respiratoire par le passage de la solution chloroformée qui déclanche, quinze minutes plus tard, un nouvel arrêt respiratoire ; une nouvelle perfusion de liquide caféiné rétablit la respiration au bout de 5 minutes.