AUTRICHE ET PRUSSE
der« à l'^îoclion dans In formi' ordiiiairo ot que les usages reçus
dans l'Empin' taiil par rapporl ù l'éleL-lioii qu'à l't'^ard do
:ïii rapilulatinn qui fait le lien ptirmaneut du ch*»f et des mem-
Ijbres de l'Empire, ne seronl pas regardés comme de simples
farmalilés. .m
De pareils sentimenls de la pnrl de Sa Majesté dcvroicnt rimeiiter une véritable union entre le Roi et Leurs Majestés Impériales si elles étoient animées du même désir; mais il n'est que hpiflikcraindro que Leurs Majestés Impériales n'aient conservé ces vues d'ambition héréditaires dans la maison irAuirirlie et qu'elles ne cherchent à proliter du calme présent pour former de inouvelles entreprises.
^ La cour de Vienne, intimement unie avec celle d'Angleterre,
voit avec chagrin la grandeur du roi de Prusse. Ces deux cours
ne peuvent souffrir que re prince soit le seul obstacle au projet
qu'elles ont formé de h*> rendre maîtresses absolues dans l'AUe-
Kjnagno ot d'imposer à leur gré des lois à tout TEmpire. Ces
in^mes cours, agissant toujours de concert, sont coutinuellemeni
BBpcupées h inventer des préte.vtes pour attaquer le roi de Prusse,
|«l«11es se prêtent la main pour donner à leurs procédés un air de
justice et de vraisemblance. C'est dans cet esprit que le roi d'An*
gleterre vient de faire naître une prétention sur l'Ost-Frise*,
prétention injuste et chimérique, mais qui néanmoins est
I appuyée et favorisée par la cour de Vienne. Personne n'ignore
[que le Roi et la Suéde ont garauti tous tes Etats et possessions
! actuelles du roi de Prusse, et la crainte d'avoir affaire à une ligue
' aussi forte est sans doute ce qui a contenu Jusqu'à présent lot
coan de Vienne et de Londres. Cependant Leurs Majestés Impé-
I. L'Oti-Frisa, enUw U Hollande, l'Oldenbourg, In mer du Nord, le pays d'Osnnkrtck, compreonit le* pays d'Aurieh, Kmden, Leer, Nordun. L'électeur de Brandebourg, Frédéric 1", y éianl iut«rvenu pour rétablir l'ordre «u quoliu* de directeur 4s ««reU d* W«itphali«, «•• fl( attribuer pnr l'empereur Léopold I*' Ih succesaion éWWMll* <n t60i. lia vertu de cet acte, lu dyniutie s'étanl éteinte, Frédéric II Mcnp* U paya eo t7U. L.a maison de Brunawîck-Lunebourir-Haoovre, ayuut, de son \tlM, eooelu. en WH, un pacte d« confraternité et «acceanioa avec la maison printi^ffw d'Oci-KrUe, l'électeur de Hanovre, roi d'Anglf^terre, treorge* II, réclama et •i«s la Pruato un procès devant les Irilmaaux de l'Empire. Ce litige était ^•■daiit en t80C, tore de la auppressiou du Saint-I^pire. — HiMt.t, II, p. 71
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LE MARQUIS n'AUBETERRE. I753.
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•casions de s ag;randLrclunaiitivc6li Le Irailé qu'elles viennent de faire avec le duc dç Modëne, lequeh pour objet de s'approprier la succession de c-e prince' et «l'en fonner un élablissoment pour un troisitsme archiduc', ue laisse aucun lieu de douter que l'intention des cours de Vienne eldf Londri's ne soit de se servir du prétexte de restreindre la puissance do la maison de Bourbon, pour faire des cnnquAles en Allemagne et en Italie.
Dans ces circonstances il est aisé d'apercevoir qu'il n'y a dam le moment présent aurun point de uéjs^ocialiou inléressaiil k suivre k la cour de Yiennj\ Cependant le Roi, ne voulaat ricu négliger de ce qui peut entretenir la bonne intelligence av«>r Leurs Majestés Impériales, a résolu d'envoyer un minisln' plénipotentiaire à leur cour, et Sa Majesté a jeté les yeux sur le sieur d Esparb^s de Lussan-Bouchard, marquis d'Aubcterre, maréchal de ses camps et armées, pour lui confier celte fonctiou également honorable et importante. Les preuves de valeur et d'intelligence que le sieur marquis d'Aubeterre a domièes au Roi dans le service militaire ont persuadé k Sa Majesté qu'il ne se porteroit pas avec moins de zèle dans la carrière des négociations. Chargé d'exposer avec franchise à Leurs Majestés Impériales les véritables sentiments du Roi, il saura se tenir eu garde eontre les compliments alfectueux d'une cour ailificieuse et qui n'est jamais occupée que de son intérêt particulier. 11 n<^ doit cependant montrer aucune défiance à cet égai'd, mais eu paraissant convaincu de la sincérité apparente des sentiments de Leurs Majestés Impériales et de leurs ministres, il aura soin d'épier toutes leurs démarches : il tâchera do pénétrer si la cour de Vienne ue songe point à enfauler de nouveaux projets, à faire
1. Traite du 1 1 mai 1753. Par c« traité, Franco» d'Esté, appelé, en 1737. * *«'
céder â soa père Renaud, attribuait à la maiiioa d'Autriche la saoeMsion i'"'^ tuelle par la mariage qui se ferait entre un archiduc et Marie-Béatrix, oéeeatWIi tille unique de Hercule Renaud, né en 1727 et seul héritier da duc. Elle Tut tiantt* à Léupold et ëpou»a Ferdinand.
3. Les trois archiducs dont il est queition étaient Joaeph, né en 1741 et b<n> tier présomptif; Léopold, né en 1747 et qui devint grand-doc de Toscane; le troisième, encore n naître, était Ferdinand, qui naquit en 1754 et épousa njériliiw « Modëne.
CONDUITE A TENIR A Vlt.N.NE.
dit nouvelles alliances, à réveiller d^anciennes prétentions ou Ken à en former de nouvelles.
Le sieur marquis d'Aubeterre saura nielli'e toute ractivili'i nécessaire dons ces recherches, et il aura soin de rendre un compte esacl do loul ce qu'il aura pu découvrir.
On joint Jl cette inslruction deux lettres de créance, ruin.* [lour TEmpereur et l'autre pour rimpératrice-lleine. Elles soûl en chanC'Ollcrie , ot les réponses de Leurs Majestés Impériales doivent être pareillement en chancellerie, suivant le nouveau cérémonial qui a été réglé pour les ambassadctirs et ministres respectifs dans les deux cours. L'intention du Koi est que le sieur mai'quis d'Aubetefre parle incessamment pour se rendre à sa destination.
Si les ministres impériaux faisoient au minisire du Roi quelque insinuation, par rapport aux démêlés subsistants entre le roi do Prusse et la cour de Vienne ri'Uilivemenl aux dt'llf s hypothéquées sur la Silésie et k l'élection du roi des Romain», il se contentera de répondm en termes généraux que le Roi sinléresse véritablement aux avantages de Leurs Majestés lmi)érial«s et qu il est disposé à y concourir, autant qu'ils ne seront point contraires aux engagements que Sa Majesté a i.onlractés.
On joint ici un mémoire que le nonce du Pape a remis au ministère du Roi par ordre de Sa Sainteté, et qui regarde le ditîérend qui s'est élevé entre l'Empereur et la nmv de Home au sujet du lief de la Carpegna. L'intention du Roi est que le sieur msu'qiiis d'Aubeterre appuie, le plus eflicacement quil sera (lossible, les di'oitset les prétentions du Saint-Siège relativement à r^t objet; mais que. sans entrer dans la discussion du fond de cette contestation, il demande qu<^ les choses demeurent à cet égard sur le pied où elles étoient avant la guerre, ce qui Ml conforme h l'arliclo xv du traité d'Aix-la-Chapelle; et en conséquence le sieur marquis d'Aubeterre insistera fortement sur la nécessité indispensable que l'Empereur fasse incessamment retirer ses troupes qui occupent actuellement les terres de la Cai'pegna; mais, quelque favorables que soient pour Sa Sainteté les dispositions du Roi, il est à présumer que les représenlolions de son minisire n'auront pas un succès aussi prompt qu'il
MAHQUIS IIAIÎBETERHL, 1753.
seroit à désirer, riepeudant, comme Sa Majesté ri'esl pas la seule qui ail stipulé rarlicle xv du traité d'Aix-la-Chapelle dont on réclame ici Fexéculion, on est convenu avec le nonce de Sa Sainteté que le Pape feroil agir en mémo temps à Vienne et de concert avec le sieur marquis d'Aubelerre, les ministres des cours de Madrid et de Turin, auxquels le ministre du Roi pourra communiquer k's ordres que 8a Majesté lui donne sur celte aiïaire, et lorsqu'ils en auront reçu de pareils de la part des rois d'Espagne et de Sardaigne, il se concertera avec ces deux minis- IViMi sur les propos ft la conduite qu'ils auront à tenir en commun par rapport à cet objet.
Ou joint encore à cette instruction divers mémoires sur d'autres affaires, auxquelles le Roi veut bien accorder protection : comme celui qui concerne les créances que M. le prince de Turennc et M"'*' la princesse de Rohan ont à la charge de la maison d'Autriche, du chef de la princesse )ialatine de Neubourg, leur aïeule; celui qui regarde M"' la comtesse de Marsan par rapport à la succession du prince de Vaudemout; celui qui a été présenté au Roi par le baron de NothafTt. général en chef des troupes de Cologne, par lequel il réclame la protection de Sa Majesté pour obtenir de Leurs Majestés Impériales la pennissiou de lever des contributions dans ses fiefs de Poppenveid et de Freidenfels relevant de la couronne de Bohême. Le Roi voulant donner à des personnes également recommandables par leur naissance el par leur zèle respectueux pour Sa Majesté, des preuves de sa bienveillance et de son affection, autorise le sieur marquis d'Aubelcrre à faire toutes les démarches qu'il jugera les plus convenables pour leur faire obtenir ce qu'ils désirent de lu coui' impériale.
Les instructions ou les ordres plus détaillés dont le sieur marquis d'Aubeterre pourroit dans la suite avoir besoin, lui seront envoyés successivement, suivant que les circonstances l'exigeront.
La paix ayant rétabli la bonne intelligence entre toutes le» puissances qui onl pris part à la dernifere guerre, le sieur marquis d'Aubeterre doit enti-er on correspondance avec tous les minîs> Ires étrangers qui résideni à Vienne, et il tâchcrn d'être informé