CAMPAGNE DE I7IÎ
les deux cours une allinnct? ((ue tous \(in f?rnrns d'nbscJcs avoienl jusqii"aloi*s tra\er8«*i* , H qui n'a effectivement »»i que p^ir la franchise des princes et la sincérité des négo- Iteurs.
f L'armée du Roi. en se porlnnt en Weslphalie, eut pont objet I contenir la llollando, de sVmpaier de nano\Te pour s'ouvrir chemin vers la Saxe et pour rendre possible le siège de Magqui. dan« cetlu partie, peut être regai'dé comme le levard du roi de Prusse.
I Tout le moiido j^ait qn»* la né^iligenee des généraux aulriehieuH woil mis la cour de Vienne à deux doigts de su perte dans l'espace de quinze joui's ' ; mais il n'est pas aisé de décider si leurs imles ont été plus grandes que le courage et rintelligence qui hi DOt réparées.
Un moi» a suffi à llmpératrice ponr former une nouvelle
EDOée qui a battu le roi dv l'russe, délivré Prague', et qui pouril aujourd'hui les troupes prussiennes avec avantage. A peine le second traité de Vereailles étoit-il signé que nous primes la deslruclicm presque totale de noire alliée; on vit ittus le même moment tous les prinees de l'Empire préls à ihaiidonner la cause commune; on vit quinze cents maraudeurs ssiens donner la lot dans PAUcmagne, et le public, qui ne e que par les événements , se déchaîner de toutes parts Irc la nouvelle alliance.
La disette se faisoit sentir alors dans plusieurs parties du mne; la fcrmeutatiou et la révolte des esprits étoit montée h. comble et le crédit menuçoit de tomber. Au lieu de songer à traiter de la paix avec un prince ambiux et enivré de son bonheur, lequel dans ces circonstances it été le maître d'en dicter les conditions, le Roi, n'écoulant que romilié et la gloire, fait marcher une nouvelle armée en AUemagno pour rassurer l'Kmpire ébranlé, et pour secourir avec •efl forces son alliée opprimée, ciel u'a pas laissé sans récompense celte résolution
I. Mctotr* (I« Kn^ii«ric d«vant Prague, ti mai 1737. t. It Jnia 1757.
ajccumiL ou issTRt'cT. iirn,nu*T.
LE COMTE DE STAINVILLB, \li>
magnanime; à peine fuUelle connue, que TEmpire se rassura, que la Suède s'arma, que les princes d'AUnroagne rou^ireat ai lour foible^He, et que ki victoire la plus signalL^o conronnti lei armes impériales.
Si l«3 Krti avoit éoouté des conseils timides, i) lleln^ > i gloire et pcrdoil à jamais laconfianre de ses altîés fi ) tAges des traités conclus avec eux.
Il faut considérer qu'un mois de temps a eausé l0Bt«s grandes révolutions, et que rien aujourd'hui ne peut rwidre douteuse l'exécution du dernier traité du Versailles qno la lenteur des opérations militaires.
Si la g:uerre s'allonge, le Danemark, déjà inquiet de la supériorité que la cour de Vienne peut acquérir dans l'Empire par le partage des Etals du roi de Prusse, jaloux d'ailleurs de Tagraiulissement de la Suède, peut so réunir au parti de lacoiir de Berlin.
La Hollande, toute foible qu'elle est, peut èUre armée par le motif de la religion et la fureur de ses peuples.
La Russie peut se laisser corrompre par l'iirgenl de l'Âoglelerre.
La même corFuption peut réveiller la Porte de son assoupissement.
Le roi do Sardaifine, qui prrnd toujours conseil de ses crai et de se» soupçons, peut u'uUendre que des événemi-nls f.ivo pour se déclarer.
Enfm l'énorme dépense à laquelle nous sommes oblig que nos troubles intérieurs lendent si difficile à soutenir, noua itivile à terminer promptement la guerre si nous voulon:* assurer les dispositions du traité secret de Versailles.
Il a paru nécessaire de mettre ce tableau scuit les yeux de ramhassadcur du lloi. ulin que, suivjuil }ms à pas les progrès et la consommation drs engagements contractés enti*e les deux cours, ii ne perde jamais de vue ni les causes qui Iqs ont l'éunit'S, ni les obstacles qui ont pu et qui peuvent encore s'opposer à l'exécution de leurs projets.
Et pour ne rien laisser à désirer sur celle matière au comte de Slailiville. il lui sera ri^mis des mémoin^s contenant l'élatdcs
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EXÉCUTION DES TRAITÉS
livra en AUcmagni', en Polop^no, en Sufede, en Russie et à Porte ottoniftiu'. Li* biiivau <!♦; la guerre y joiuilra \fi copie instructions doiuiécs aux généraux des annt'cs de Su Majesté el des plans mililaîres communiqués à la cour de Vienne ol con-
Enéft avec elle.
On ajontera à Inulcs ces instructions les portraits que le» miers ministres du Roi à Vienne ont fait des ministres do cette four; un mémoire concernant le cérémonial qui doit être obMrvé; enfin une copie entière des deux traités de Versailles, de la convention de PétLMKbourg et de la convention militaire •igné«^ lo 1*' mai de celte année.
L'ambassadeur du Roi aiTÎvera à Vienne sous les plus heureux auspices : dépositaire des plus grands intérêts, c'est k lui à ■nlrelenirpar Ih bo!im^ ff»i, la priidenre, la noblesse des procédés, Il fcnnelé et la douceur, une union que les défauts contraires Be manqueront pas d'allérer.
Il lit eoui' de Vienne est accusée de hauteur et de finesse ; il •nffira d'y opposer de la dignité et de la prudence,
Loomnle de Stainvîlle , en faisant rendre ce qui est dû à son jjBtniclèroMà sanaissancc* saura mieux que personne écarter les [ytitoi difficultés de cérémonial qui deviennent des aiïaires séfîenKee lorsqu'il est question de les soutenir; ralTabilité est Mrlout nécessaire en Allemagne, et le comte de Stainvillt* ne doit jms négliger d'attacher au Uoi les cœurs de loua les princes de l'Empire avec qui il aura à traiter.
I Quoique, selon toutes les apparences, le comte de Starhemberg doive continuer d'être chargé des pleins pouvoirs de Leurs Impériales pour consommer l'ouvrage des accessions • deox traités de Versailles, cependant l'ambassadeur du Roi, itemeut instruit de tous ces points, a ordre d'en conférer S¥0C l'Empereur, l'Impératrice et leurs ministres, mais principalement avec le comte de Kaunitz, qui jouit de la confiance Mlifcre de sa souveraine et qui en est digne.
U doit pareillement entretenir une correspondance suivie •TW tous les ministres du Roi dans l'Empire, en Pologne, en SeJUSt on Suède, en Danemark, en Russie et à hi Porto.
L'Italie, qui «*ntre [lour beaucoup dan» le Inuté de Versailles,
LE COMTE DE STAlNVILLE, i7b7.
mùrile aussi une uUculion particulière; et le cotniie do Stainville aura soiu do correspondre principalemeal avec les ministres de Sa Majesté qui résident k Parme, à Naples, à Turin et en Toscane.
L'iniportanci^ des nlVaircs qui pourront être Tohjel de celtv corresj>ondauce presque universelle exige que le corale de Stainville y emploie les plus grandes précautions et qu^il ne commeQce à s'ouvrir avec lesdits ministres sur aucun des points du traite secret, sans en avoir reçu l'ordre exprès f*l des inslrucliODs précises de la cour.
C'est h lui principalement d'aplanir toutes les difficultés dans la discussion de tant d'objets différents, de tant d'intérêts opposés et de contenter, s'il est possible, les puissances contractantes et accédantes et de rendre vaine la jalousie de toutes les autres.
La Russie, dont les armées marchent si lentement, demaiidi' peut-être pour les mettre en acti>'ité ou des subsides plus considérables ou des possessions en Allemagne. Lp comte ilc IStaiuville comprendra aisément combien il .seroit contraire aiL\ intérêts du Roi et de Leurs Majestés Impériales de donner une influence directe à la Russie dans les affaires de TEmpiro; actuellement que les armées françoises et aiutricliienues sontplas près les unes des autres, ce seroit peut-être beaucoup faire pour le bien de la cause commune d'empêcher la Russie d'être neuirc ou de changer de parti; son tu'mée liendroil toujours en échec trente mille Prussiens et occasionneroit par là une diversion utile; on peut tout crnindre d'une cour dont la souveraine csl conduite par des ministres intéressés *.
La Saxe opprimée sera difficilement contente des dédommagemcnls qui lui sont assurés par le traité secret*; une jalousie ancienne lui fait donc craindre rinfluence de la cour de Vienm* sur le partage qui doit lui être assigné; c'est au comte de Slaiaville à rendre l'Impératrice plus généreuse envers la Saxe et *
1. La czarine Elisabeth avait pour principiiux ministres : le comU BtiMwdMf» chancelier, ot le coniti? Voronzof. vice-chanceli«r de TEinpira.
2. La 8as« «levait acquérir !<• duché de Magdebourg et le cercle de la Sali. — Article VIU du traité du l«r mai Hôi.
EXÉCLTrON DU TRAITÉ DE 1787.
empêcher, conjoinlrmi'nt avec 1« comte de Broglie ', qii*' la ^feur de Dresdo ne soil (léraisonnable, tlaiis ses |trélcnlioiis. ^^ L'agrandisftemenl ultérît^ur sUpult^ ou favriir Ao, rimjM^ratrico a^. de l'Empereur* soiiiïrira aussi de grandes difficultés, soil parce ^^e ces deux princes voudront rendre cet agrandissement trop considérable, ce qui efTrayeroit rAllemagne et l'Italie^ etpourroil même nous »Hn' suspeci, soil parce qu'il sera difficile d'amener le» électeurs de Bavière, de Stixe el palaliti à sacrilîer une portion du haut Palalinat el do la Lusace, La cour de Vienne n'est pas trop bien disposée en faveur do FéJccleur palatin ', qu'il est Bspendant de l'inlérét do la France d'agrandir justju'ù un certain ^oint.
»Le8 places de la côlo de Toscane que l'Empereur réclame*, la vérité comme un avantage de convenance, et non comme le condition essenlielle, pourront causer bien de l'embarras r rapport aux prélrntîrtTis de l'Espagnt^ sur lesdites places. L'échange du duché de Plaisance * n'en causera pas moins, à cause du droit de réversion assuré au rot do Sardaigne par le dernier Iraité d'Aix-la-Chapelle.
K L'agrandissement de la Suède' est le point politique qu'il emporte le plus à la France de faire réussir; il faudra beaucoup
I d'art ou des prospérités bien soutenues pour empérhiT la cour k Copenhague de s'y opposer.
I £d général, ce sera la célérité des opérations militaires qui pourra seule rompre les mesures que nous opposera la jalousie l'ane partie d«' l'Kurope.
i. ClurlM-PnuiçoU, comte de Broglie, aè en 1719, colonH «t iuDbiisi.ii<]l(<ur en en 1752. marOoluil de camp en 1757. Sur son rùle potitiquo et la diploraati« d« Louift XV, voir le Seci'rt du H'n, pnp M. LU Dii DB Broour. S. La Sil<^iie et le comte de GlaU.
S. rbarlc»-Th<<odor«. En rertu de l'article VII da traite du l«r moi 1757, on fimmii loi proposer des aTaotages * prendre mr les EUits du roi de Prusse proiM (art. Vi de la sacoetsion Julien et Clèves, c'eat-À-dire Clives et la haut* adre.
,4» t«M porta ou présides toscous, annexes du royaume de Naples, cédés avec le par Cluu-les VI, en 1738, k rinfnnt don Carlos, «'infant don Philippe de Parme devait obtenir une partie des Pays-Bas et uiàm «M dttcbia italiens à rAulricbe.— Articles XVII et XXI du traite du I" mai
t. La Pooi^ra&ie prussienne. — Articles V et VU du traité du !•' mai 175T.
LK rOMTE DE STAÎNVÎLUE, 1787.
On peut se Huiler do retenir lu liollantlp pnr la craiato de doi armées qui l'enfeimc^nt de toun rôtôs; mais si elle venoil à remuer, on ossayeroit de la calmer par Tespoii" d'acquérir la Haute-Gueldre ; h l'égard du porl d'Emden il mérile des con«dérutions plus parliculii;res à rjiusv du commerce.
Mais en général on doit s'attendre que, lorsque le traité Je Barrière sera détruit, on tranquillisera difficilement la UollaBde sur un point si délicat pour elle.
Il faut donc prévoir et conjurer de bonne heure l'orage que l'agrandissement respectif des cours do Versailles et de VîdtuM ne manquera pas d'exciter en Europe; c'est un de» objets sur lequel le comle de Stainville doit veiller avec le plus d'atlenlioQ et ne cesser «rexciter le comte de Kaunilz à y veiller de son côté.
L'ambassadeur ûw Sa Majeslé ne doit jamais oublier que l'intérêt politique du Roi^ outre l'acquisition des Pays-Bas, csl d'agrandir la Suède, de dédommager la Saxe, de s'attacher de plus en plus la maison palatine, les ducs de Wurtemberg ol de Mecklenbour^ et les margraves d'Anspach et de Baireuth.
Mais en procurant des avantages h tous ces princes, il ««■ faudra pas oublier que plus ils auront à d^'sirer de la France, moins ils seront ingrats envers elle.
Le Hoi ayant garanti la succession de Berg et Julier» à rélecleur palatin, Sa Majesté désii'e que son ambassadeur appuif les sollicitations des ministres de ce prince à Vienne afin de lui procurer la garantie de rimpéralrice pour le même objet.
On enverra incessamment au comte de Stainville les mémoires de la cour palatine, contenant diverses prélenlions et deinandi's auxquelles cet ambassadeur ne se prêtera qu'apr^» avoir recule» ordres de la Cour.
La république de Gênes a mérité dans la demiture guerre I» protection du Roi; il n'y a pas d'apparence que la cour impériale remue aujourd'hui sans y être provoquée les alîaires de Camp fredo et de San Remo sur lesquelles le Roi s'est expliqué plus d'une fois avec la cour de Vienne \
1. San Remo, port de la république de Oéoes, sur lequrl TEmpire préteodaii lin nlruït de «UEeraînelé.