COALITION CONTRE LA PRUSSE
C'est donc mal à propos qu'on a accusé la Fiunce de n'avoir pas fail us8ez d'fiïorls pour empêcher le roi do Prusse de rompre la pjiix, et co n'est pjis la aenlo injustice que nous ayons essuyée au ftujcl du traité do Versailles,
Tout le monde sait comment le roi de Prusse, après avoir envahi la Saxe, sans chercher même k colorer cette invasion d'aucun prétexte raisonnable, entra en Bohême Faulomne dernier; la résistance que ce prince éprouva au camp de Pirnii' sauva la Bohême dégarnie de troupes, cl le peu de suites qu'eut la Ivitaille de Lowositz* donna le temps ù la cour de Vienne de rassembler toutes ses forces et de convenir avec la France des principaux points d*un nouveau traité qui a été st^né à Versailles, ainsi que le premier, au mois de mai de cette année.
Pondant cet intervalle on travailla aver succès de part cl «l'autre à des plans de (Mmipagne et à diltérentes négociations «lans l'Empire.
La meilleure de toutes nos opérations politiques de cet hivvr fut de déterminer la cour de Suède à déclarer conjointement îivcc nous, à la diète de Ralisbonne, quelle se croyoit ohlifj^ée d'exercer la garantie des traités de Westphalie violée par Tiu- Vasion injuste de la Saxe et de la Bohême ; démarche imporUmte qui a empêché une scission dans TEmpire entre les princes catholiques et les protestants, et qui a donné occ^ision au Roi d'entrer juridiquement en Allemagne avec toutes ses forces et d'y exercer, pour la première fois et avec le plus grand éclat, son r6le de garant de la paix publique.
<'.eltc démarche de la Suède aura hienlôt dos suites encore plus considérables par la résolution que celte [luissanre vient de prendre d'entrer à main armée dans lu l'oméranie brandebourgeoiMe.
L'atTaire de l'accession de la Russie uu premier traité de Versailles, retardée longtemps par des difticuités que nos justes ménagements pour les Turcs auroient pu rendre insurmonUibles,
L 6 Mptoinbre l'iSé, Frédéric c«rn« les Saxoos coocentrës A Pirna, et s'erapare easnito de Dresde.
9. i** octobre 1156, PnMléric attaque les Aulriulii«ns à Lowosits, les eminiche «k SAOoorir les Saxons: il revient eosuite le« nitnquer à Pirun, oit il les bal.
HS
LE COMTE DE STAlI>iVlLLE, 1737.
fut heureusement terminée' par une lettre particuiit-D' •|tii le Roi écrivit à la Czarine, do «orle qu'il se forma une ligue daoi laquelle la France, rAutriche, la Suède, la Russie et TEmpirc prirent une part active. Il est certain que san» le secours delà France aucune do ces puissances n'auroit voulu entrer dans cette querelle, et c'est une réflexion que l'ambassadeur du Roi à Vienne aura soin de placer à propos, s'il éloit jamais nécessaire de rapfieler à cette cour les grandes obligations qu'elle a à Sa Majesté.
Ce plan de ligue, qui n"a peut-élre d'autre défaut que d etntrop vaste et d'obliger la France à des dépenses difficiles à soutenir si la guerre dure longtemps, acheva de s'arranger pendant rhiver dernier, et le Roi, au lieu d'envoyer vingt-quatre mille hommes en Bohème, prit le parti au coaunencemenl du printemps de faire passer le Rhin à cent cinq mille homme» de ses propres troupes pour remplir les devoirs de garant de la paix publique, d'auxiliaire de Tlmpératric^-Reine et dolËmpiro ot do vengeur de la Saxe*
C'est dans ces circonstances que le roi de Prusse résolut d'évacuer Wesel, et par un trait de politique plus subtile que solide, ce prince leva par là. le plus grand obstacle qui s'oppo^Hiil à la marche de l'armée françoise sur le Weser.
On croit que l'objet du roi de Prusse fut de conserver l« gani)!^on de Wesel et de rompre le traité de neutralité qui » Aégocioit alors par le canal de la cour de Vienne avec Hanovre el la Hesse. Le Roi vouloit bien se prêter à cette négociation, eu sjicri liant ses [iropres intérêts à la satisfaction des princes protestants de l'Empire.
C'est dans ces mémos circonstances que Sa Majesté donoaà la cour de Vienne une preuve bien éclatante do sa bonne foi; elle commença pur exéculiT le traité secret avant qu'il ne fût conclu*, soit en payant des subsides considérables, soit en faJ' sunt agir sans y être obligé, une armée de plus de cent mill<î hommes; c'est cette même bonne foi qui avoit rendu possibli?