GUERRR DE SUCCESSION D'AUTRICHE
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isi redoutable à la Franco et aussi ennemie de son repos ï^TO^oit été la dcrnièrn maison d'Autriche, de fa(;on que, par ce moyen, la tran<|uillilé publique put èlro rendue à Tavenir «olid« ut durable.
^^ La fin de la ^erre ne répondit pas à sou cITet. La maison de Bavière, dans laquelle on avoit fait entrer la couronne impériale, ,1a perdit et fut ruinée; la Saxe épuisée; les autres prétendants à la ftuccesision d'Aulrii^he. si l'on en excepte le roi de Prusse, ne ^■recueillirent que peu de fruit de leuri» efforts; ce prince fut le ^ftpll qui enleva le plus beau Ueuron de la couronne autrichienne ^rni conquérant la Silésie, et Ton vit s'élever en lui une {>uissance d'autant plus fonnidahle qu'il conserva sur pied une armée nombreuse, 1a mieux exercée et la mieux disciplinée de l'Europe, et ju'il se fil une règle de n'en observer aucune que sa seule cx>nrenanee, tant h l'égard de ses alliés que de ses voisins.
L© Roi n'oublia rien, à la vérité, pour rendre solide la pacîfi-
ecation d'Aix-la-Chapelle qui termina la gueiTe en 1748. Sa Ma-
^, par un effort de générosité que rhumanité ne connoissoit
joint encore, sacrifia ses succès et ses ressentiments au rélablis-
»meut de la bonne intelligence avec ses voisins et à celui de la
raoquillité générale.
C'est à ces sacrifices et aux soins infatigables du Roi que r Europe a été n*devablc du repos dont elle a joui jusqu'en !758, ,ist elle en jouiroil encore si les rois d'Anuielene et de Prusse lavoient été animés d'un zèle aussi sincère que Sa Majesté pour le ien public. Mais ces deux pnuccs ne regardèrent la paix que 10 une trêve momentanée et comme un moyen sûr d'abuser do la confiance de leurs voisins dans la foi des traités, en se pré- ^ parant à les att^iquer inopinément pour se procurer de nou- B vénaux avanlagos à tours dépens avant qu'ils fussent eu état de
défense.
^ L'Jinpératrice-Reine, instruite des menéMaecrètot dn roi de
Prusse avec l'Angleterre contre la France, fut indignée de la
•rUdie d'un prince qui avoit de si grandes obligations au Roi;
)llo dédaigna d'un autre côté de servir d'instrument ii l'ambition
du roi d'Angleterre aux dépens de la France; et inspirée par le
rapport de ses sentiments généreux avec ceux du Roi. elle hii
donna connoissauce des négociations du roi do Prusse et offrit son alliance h Sa Majesté.
Une seule diftieullé s'opposoît à ia conclusion de l'alliance; elle résidoil dans la fidélité inviolable du Roi k ses alliés. Sa iiA> jesté, malgré les trahisons secrètes du roi de Prusse, ne vouloit point l'abandonner qu'il n'y eût donné lieu par quelque ilémarche aulhciilique. Sa Majesté Prussienne ne tarda pas à lui ei^ foumir le sujet en rompant ses liaisons avec la France. Ce prince, mal^é les représentations de l'ambassadeur que le Roi lui avoil envoyé pour les renouveler et pour concerter avec lui le plan des mesures nécessaires à .sa sûreté, .se lia de préférence avec le roi d'Angleterre, alors ennemi déclaré de la France; et co ne fut qu'après qu'il eut signé et ratifié le traité du 16 janvier 1756 avec Sa Majesté Britannique, que le Roi conclut le traité défeasif du 1" mai de la même année avec l'Impératrioe-Reine, et la convention do neutralité pour les Pays-Bas dont les copies sont ci-jointes.
Jusque-là l'union des deux cours ne consistoit que dans des liaisons d'amitié réciproque , dans les stipulations d'une défense mutuelle, et le maintien des traités do Westphalie qu'on avoit pris pour base de la nouvelle alliance ; et quoique rimpératricc eût fait des offres 1res avantageuses au Roi pour le porter à entrer dans des mesures plus étendues contre le roi de Prusse, Sa Majesté s'y refusa par délicatesse pour ses engagements, jusqu'à ce que Sa Majesté Prussienne eût enfreint le traité de la paix générale conclu à Aix-la-Chapelle et dégagé la France des garanties stipulées en sa faveur par ce même traité.
Alors Sa Majesté, qui vrnnil de donner deux rares exemples de la générosité de ses sentiments à l'égard du roi de Prusse, en donna un nouveau plus singulier encore en faveur de l'Impératrice et du roi de Pologne, électeur de Saxe, Le Roi avoit attendu que lo roi de Prusse eût enfreint les traités pour se lier avec cette princesse, et dès que Sa Majesté Prussienne eut attaqué la Saxe et la Bohême, Sa Majesté fit passer cent mille hommes à leur secours sans attendre que le traité qui devoit régler les avantages promis pour les efforts qu'il faisoil, fût signé. Il n« le fut que le i" mai 1757. Sa Majesté fit plus : dès qu'elle apprit
THAITÉ DE 1757.
do la bataille tle Praguo, i*ltc envoya uiir deuxième do quaraiile miH** hommes en Allemagne.
Le traité qui vcnoiL d'êlni signé stipuloit le concours des irtsuiilituires de Leurs Majestés pour procurer à rimpératricc, roi de Pologne et à la Suède une^ ample satisfaction sur le Isc ft des sûretés suflisanles pour Tavenir, comme aussi pour inlenir le système germanique et rétablir le repos de l'Europe, [réduisant la puissance du roi de Prusse dans de telles bornes p^il ne fût plus on sou pouvoir de troubler k Tavenir la tran-
Iîllité publique.
^ Les efforls militaire» du Roi n'étoient pas les seuls auxquels il pigageoit dans ce traité : Sa Majesté s'obligcoit encore k donner I subsides considérables k l'Impératrice-Ileine et à soudoyer, ses frais et pour le même but, le Danemark et la Suède, le roi do Pologne, les électeurs de la maison palatine et de Bavière, le prince de Liège, le duc de Deux-Ponts, le duc do Hnrtembcrg et les margraves de Brandebourg; do sorte que lo noi payoit tous les coups qui dévoient être portés, soit par lui, soil par ses alliés, à rennemi de rEm|iire, de l'Impératrire et de la Saxe, et toutes les résolutions qu'il falloit faire prendre aux ices d'Allemagne contre lui. Enliii pour prix des ofTorts tossifs que Sa Majesté faisoit en tout genre, on stipuloit un >lissement dans les Pays-Bas pour l'infant don Philippe et sa Uérilé, en échange de Parme, Plaisaneo et Giiaslalla qui loient à rirapératrice; des précautions pour la tranquillité du do Naples; la cession de quelques places dans les Pays-Bas ir la France et un accommodement sur les différends de limites llrtî les Ltals limitrophes des deux cours. Quelque vaste que fût ce projet, on crut qu'il pouvoit être le bit d'une campagne ou deux; mais jamais succès n'a répondu plos mal aux apparences. Aucun de ces objets n'a été exécuté. Il »n c»l résulté l'épuisement total du royaume, et le Roi n'en a relire d'autre avantage que celui de prouver que les intérêts de ses ïéê ei ceux de l'Empire Tavoient emporté dans son cœur sur siens propres.
Lm malheurs multiples et les pertes immenses que la Franco il «oufÎL'rts en 1757 et 1768, par terre et par mer, ayant mis
le Roi hors d'état de continuer les mêmes efforts eu faveur de ses alliés. Sa Majesté fut forcée de prendre un nouveau système qui pAl s'accorder avec sa fidélité pour ses alliés, ses devoir» k l'égard de ses peuples el le véritable état de ses affaires.
Comme les motifs qui avoient déterminé la conduite du Roi ne peuvent que ^a^tier a être connus, on déduira ici ceu\ «im avoient décidé Sa Majesté à former ce nouveau systi*me.
Les deux guerres dont le Roi est chargé sont de diverse nature. Celle qu'il a avec les Anglois est personnelle à Sa Majesté et à l'Etat; elle intéresse directement son honneur, sa puissance, sa sûreté et celle de son royaume, et il en soutient seul tout k poids. Celle qui se poursuit en Allemagne est indirecte pour If Roi; elle se fait principalement pour l'avantage de ses alliés el pour le bien do l'Empire.
Qnunl aux avantages personnels que le traité de Versailles du 1"' mai 1757 réservoit à la France, ils dépendoient des événements de la guerre; au lieu que les secours excessifs en hommei ■ et en subsides que le Roi donnuit à l'Impératrice étoient présents n et nullement dépendants de la fortune des armes, puisqu'ils dévoient durer toute la guerre.
Quelque fortes que soient les liaisons de l'amilié et de Tal- | liance, il est certain qu'elles ont de justes bornes. Les devoirs primitifs du Roi sont de réparer Finjure faite à sa dignité pr les Anglois, de maintenir sa puissance, de défendre ses peuple», et de rétablir leur repos et leur sûreté.
Los devoirs de Tamitié et de l'alliance, tout respectables qu'ils sont, dévoient être subordonnés à ces devoirs primitifs d essentiels.
Le Roi étoit fort éloigné de vouloir abandonner ses alliés, mais il vouloit modifier ses secours de façon que leur défense ne Fompôchât pas de poui'voir à celle de ses peuples ni do ses possessions dans les ditféreutes parties du monde, etu'éncrv&t pas s» puissance au point de risquer de la perdre.
Quand ses alliés auroient eu, comme on n*en doute pas, i meilleures intentions du monde pour secourir la France, quani par une supposition impossible, ils auroient recueilli tous les avantages qui leur étoient réservés par le traité de 1757, leur
TRAITK DE 1738.
isinlancu n'auroil. pu, tii rulahltr In marine tlu Roi, ni lui fairo recouvrer les colonies qu'il auroil perdues puisque les uns n'ont point (î«Mnarinc of que rclk' îles aiïlr«s esl Iropfoiblc pour supléer ù la ruine totale de la sienne.
Il y a plus : le véritAble intérêt do ses alliés est attaché k la ïnratîon de sa puissance par mer. C'est elle qui lui fournit J8 moyen» d'eiitrelciiir de nombreuses armées pour la défense ses alliés, connue cest la puissance maritime des Anglois li arme aujourd'hui tant d'ennemis eontro l'Empire el contre Fnmce.
Ainsi le princi[>al objet dovoit être do porter des coups directs l'Angleterre, afin de la forcer à une paix raisonnable, on de lui luser de tels embarras qu'elle ne (lùt soutenir la jçuerre du itincnt avec la même vigueur que par le passé. On s'étoil lié qu'il arriveroit de deux choses l'une : ou que cette paijc Mitnilueroit celle d'Allemaj^ne, ou que l'Angleterre embarrassée t'oidcroit plus que faiblement le roi de Prusse el ses adhérents. Dans ces deux cas, la ligue des princes réfractaires à la paix publique se seroit trouvéo rompue; le roi de Prusse recevant ou point de secours des Anglois, les alhés de la France irotent été plus libres dans leurs opérations, et la France se »uvant alors en état d"aug^menter ses etforts en Allemaf^ne, il y avoit apparence qtie ses alliés auroient pu obtenir plus facilement Mî juste satisftiction de la part de Sa Majesté Prussienne, ou ^qu'il auroit été plus aisé de rétablir l'ordre et la paix dans TEmnn.*.
Tel a été le foudemeut du traité conclu le SU) déc4>mbre 1758, mire le Roi et l'Impératrice-Ueine, dont on fait remettre ci-joint copie au sieur comte tlu Ch4lelet.
11 y verra, en substance, qu'outre le secours de vingt-quatre mille hommes en argent porté par le traité de 1736, k- Hoi prolettuit encore de faire agir cent mille hommes en Allemagne poar soutenir les intérêts derimpératrice-Reine et ceux du roi de Pologne contre le roi de Prusse et rétablir la paix dans l'ivnipire; que Sa Majesté y assuroit le repos de Tllalie en proniranf la sûreté du roi de Naples, et un établissement certain à l'infanl don Philippe el k sa postérité, et qu'elle y affermissoit l'union do»
deux maisons par des arrangements de famille ascc Leurs MajestOs Impériales.
On observera au sujet du Irailé conclu entre le Roi elTImpéralricc-Rcino le 30 décembre 1758, que quoique la Ru«sie y ait accédé eL que pour prix do son accession et des efforts qu'elles faits pour la cause commune, les deux impératrices ayant invite le lloi à accéder pareillement aux traités et conventions signées entre elles k Pélersbourg le 21 mars 1760, par lesqueLs limpératrico de Russie a garanti la Silésie et le comté de Glatz à rimpi^ratrico-Reinc et a engagé cette princesse h lui garantir U Prusse 'j cependant Sa Majesté n'a pas jugé à propos de déférer à celte demande ni de prendre aucun engagement avec les deai impératrices qui assurât des avantages à la Russie. Le si«ur comte du ChAliîlel trouvera dans le rapport qui en a été kit su Conseil de Sa Majesté pîir le ministre des affaires étrangères et dont copie est ci-joiute, les motifs qui ont déterminé à prcadni ce parti.
Le nouveau plan que la France avoit formé pom* obliger rAugletcrre ù une paix raisonnable n'a pas mieux réussi.
Lcscadre envoyée aux îles françoises Sous le Vent *, sous les ordres du sieur do Bompard \ n'a pu sauver la Guadeloupe ; la France a perdu en même temps ses établissements en Afrique; ic combat du sieur de la Clue* a porté un coup sensibU^ aux dispositions maritimes de la France ; raffoiblissement de l'armcc françoise en Asie, la prise de Québec et la perte du Canada qui en a été la suite, enfin la dispersion de la flotte sous les ordres du sieur maréchal de Couflans *, qui a fait manquer l'ei-
1. 7 mars 1760, accession de la Rus.«te au trnitë du 'dû décemlire I7:;s. — iLkt' TBKB, I, p. 224. — 21 mars 1760. traité d'alliance entre la Russie et l'Autriche. -• Maktbsh, l, 269.
S. Iles de l'archipel des Antilles.
3. Garde de la marine en 1713, chef d'escadre en 1737, gouverneur des îles le Vent de|uii8 1750, mort en 1773.
4. Commamlant do la Hotte française de la Médilerranée eu 17S9; il fVit par les Anglais en vue de Lagos, le 17 août.
5. En 1753, Cboiseut prepfira une descente en Angleterre. L'amiral de ConJ fut chargé du commandement des troupes do mer. Il fut battu, le 29 aovemlt entre Belle*>Ile et Quiberon, par l'amii-al anglais Hawke. Celte défaite tit abandonni le projet de descente.