LE CHEVALIER DE GRÉHONVILLE
ger dans l'ensemble des négociations, mais une série de dépèches relatives aux affaires qu'il fut chargé de suivre. Ce sont les plus considérables du temps : elles se rattachent à la guerre de dévolution, à la succession d'Espagne et aux affaires de Hollande qui amenèrent en 1672 la guerre entre Louis XIV et l'Eîmpereur. Elles ont été exposées par M. Mignet dans son Histoire des négociations relatives à la succession d'Espagne.
|>aî\ fut rétablit? entrp la France Pt l'EmporPtir par le traiti^ de Nîm^guo, le 5 février 1679. Les ntf-gociiilions avaient puiiû |mr(icii- Uért*mcnt sur trois points : l'affaire du prince Guillaume de Fiirstonbffg, celle du duc de Lorraine el celtes de l'Alsace.
Le prince Guillaume do Fiirslenberg siégeait en qualité de plénipntentiairc de l'électeur de Cologne au congrès qui s'était réuni dans c^tto ville en 1673 .sous la médiation du roi de Suéde. Le prince Guillaume, dévoué depuis longtemps à la France, travaillait en sa faveur. Bien qu'il se trouvât dans une ville neutre, sous la sauvegarde de *<)n titre et du droit des gens, les Autrichiens le firent enlever le Il février 167i et conduire à Vienne oîi il fut retenu prisonnier. Sa mise en liberté fut un des principaux c^bjets du roi de France lors du congrès de la paix, et elle fut stipulée dans l'un des articles du traité.
L'Kmpereur demanda en retour que le lloi restituAt dans ses ÉUU le duc de Lorraine. Louis XIV y mit pour conditions qu'il cottienrerait Nancy et Longwy en échange do Toul et d'une prévôté quelconque, qu'on lui céderait quatre routes stratégiques d'une demi'lieue do largeur, destinées à. relier Nancy, la Champagne, les Êvècbé*. l'Alsace H la Franehe-Cointé. Le duc de Lorraine ayant rttosé^ Louis XIV continua d'occuper le duché.
L'Emfiercur avait soulevé en outre la prétention de soumettre h de» arbitres ]e» réclamations du lloi sur les dix villes impériales qui formaient la préfecture d'IIaguenau : Haguenau, Rusheim, Obernui, Landau. Wissembourg, Schlestadl, Colinar, Kayserberg, Turcklinim, Manster. Les plénipotentiaires français refusèrent, répondant que les droits de la France étaient garantis par la paix de Weslphalie, rpii éUit formellement confirmée par le présont traité.
LE MARQUIS HK VfTllY, 1679.
Cependant la paix avait été conclue, êgalcmcnl à Niin(''g[uc, entre la Franrp et l'Rspaf^nf , If 17 septembre 1678. La France y gagnait la Franclu^-Comté et qualorzo villes des Pays-Bas. Uno ruvoliilion «le cour qui s'était accomplie en Espagne avait beaucoup contribué à faciliter ce traité. Le roi Charles II, fils et successeur do Philippe IV, avait att«Mnt sa majorité de ([uatorze ans avec le 6 novembre 1675. Sa mi''ro, la Rcinr-Ré^'fnli', était arcbiduchnsse d'Autriche et .sceur de l'empereur Léopold'. Elle avait été écartée des affaires en 1676 et le gouvernement était passé aux mains du frère naturel du Roi, don Juan d'Autriche, fils bâtard de Philippe IV. Don Juan quitta l'alliance autrichienne pour faire la paix avec la France et lit rompre le mariage projeté de rarchiduchesse fille aînée de l'Empereur avec le jeune Roi, pour favoriser le projet d'un mariage entre ce prince et la princesse Marie-Louise, tille du duc d'Orléans.
Il était nécessaire de connullro ces détails pour se rendre compte des instructions qui furent données au marquis de Vilry, envoyé à Vienne après la paix. Elles sont datées du 8 septembre 1G79. M. Pomponne étant minisire dos alTairos étrangères.
MÉMOIRE POrR SERVm D'iNSTRrtCTION AD SIEUR MAHOriS DE VITRY ALLANT DE LA PART DK SA MAJKSTÉ, ENVOYÉ EXTRAOBrilNAlRH VERS l'empereur, 8 8EPTEMBHE 1679*.
Sa Majesté avoit toujours cru do son service d'avoir un ministre à Vienne, avant que hi dernière guerre eût rompu la bonne intelligence qu'elle avoit fidèlement observée jusqu'alors avec TEmpereur; aujourd'hui que la paix générale qu'elle a doruiéo à lu plus grande partie de l'Europe et parliculît^romcnt k TEmpin», la met eu état de rcpreudi'e la même correspondance et le même
1. Marie-Anne, née en 1G34, mnriée en ICW à. Philippe IV, morte en