RIVALITÉ DES DEUX COURS
commerce d'amilii^, pIIo h jus»' important di> remplir celte place «l''utl(^ personne capable de veiller à son service cl à ses inténMs ans une cour si rnn.siili'^rahle. ('"est pour ce sujet qu'elle a fait lioix <lu sieur marquis de Vitrj% vu qui elle saïl qn'idle trouvera, outre le zèle et la fidélité, toute re.vpérience et l'adresse iiôcessaire» pour.se birn acquitter de l'emploi qu'elle lui confie.
L'intention de Sa Majesté est qu'il se mette au plus tôt en chemin pour se rendre à Viennes. Mais avant que de lui prescrire ce qu'il aura h y faire après son arrivée, elle a jugé ii propos de lui faire connoltre la manière dont elle désire qu'il se conduise dans cette cour et les affaires qui pourront \Taisembtablemenl H*y offrir pour son serN'ice,
îl y trouvera l'opposition si naturelle et comme héréditaire de la maison d'Autriche pour la France* augmentée vraisemblablement par le déplaisir que l'on y a eu tle la paix. Bien qu'on l'ait cppiée avec joie, parce qu'il n'éloit pas au pouvoir di^ l'Erapeur df continuer la guerre, l'on y a senti avec peine la gloire el la «upérioril^ avec laquelle Sa Majesté en a prescrit les conditions, et la cour de l'Empereur en général et ses ministres en particulier ne font point de difficullé de la traiter publiquement de honleu.se.
liais, bien qu'ils témoignent ouvertement ce chagrin, ils on autre qui semble les rapprocher de la Franco lorsqu'il les ôTçiie de l'Espagne. L'Empereur et ses ministres ont été touclié-s aenAihlement di' l'injure qu'ils croient avoir re<;ue du Roi Catholique, loi*H qu'après avoir conclu son mariage avec l'archidurhanse, fille aînée de l'Empereur, il a rompu cet engagement pour rcber Mademoiselle. Comme c«? changement a été attribué don Juan do qui l'Empereur étoit déjà mécontent, depuis qae la Heine, na sœur, a été éloignée des alfaires. il a encore au^rmenl*} le mécontentemenl de la cour de Vienne pour celle dft Madrid.
C'rst ce qui fait que l'Empereur a témoigné en diverses rennln^<(, mais particulièrement au prince (iuillaume de Fiirstenrg, lorsqu'il le vit sorti de sa prison, qu'il auroit un extrême iléair de »c lier d'une amitié sincère et vérilablp avec le Ile»! ; au», quelles que soient ces assurances, il ne faut guère attendre
LE MAHQIIS HE VITRY, IRTO.
que deux princes aussi unis que If sont l'Emporour et lo Roi Catholique, par le Rang et par les inlérôts de leurs maisons, puisstMit pivntîiv de.H mesures opposées h celles qui les ont toujours unis si utroilemenl contre la France.
Aussi^ il y a lieu d'altribuer à d'autres causes ces désirs apparents d'entrer en alliance avec Sa Majesté. II s'en présente trois qui peuvent toucher sensiblemenl FEmperour et qui dépendent en partie de Sa Majesté. L'une scroit le désir de l'Empereur de faire élire son filjt roi des Romains; l'autre d'obtenir quelques conditions favorables de Sa Majesté pour le rétablissement du prince Charles au duché de Lorraine, et la troisième la vue du mariage de rarchiduchesse avec M*' le Dauphin,
Pour ce qui touche le premier de ces points, Sa Majesté a su que déjà l'Empereur fait pressentir les sentiments des électeurs. — - Pour y réussir, l'on allègue l'exemple qui se trouve dans l'histoire d'Allemagne, d'un enfant qui fut élu à cette dignité, et pour adoucir l'opposition qui se devroit trouver si naturelle à la conférer à un prince qui est encore au berceau, l'on proi)Ose de lui former comme un conseil nécessaire de quelques électeurs et princes qui pourroienl gouverner FEmpire, si l'Empereur mouroit avant qu'il fût en âge de Padministrer par lui-même. Comme ces tentatives se font secrèlemenl dans les cours des électeurs, dont on tAche d© s'assurer les suffrages, le sieur marquis de Vitry s'appliquera h pénétrer si les avis que le Roi en a eus sont bien véritables, et quel sera le progriïs des soins de l'Empereur pour ce dessein. S'il se trouve en étal d'en bien espérer, il y a assez d'eipparences ou qu'il en fernil donner part h Sa Majesté, ou qu'il n'oublieroit rien pai' oflVe ou par avances auprès d'elle pour l'obliger à n'y être point contraire.
Mais comme cette affaire se conduit jusqu'ici sourdement, le M©ur marquis de Vitry prendra soin d'en observer la négociation et les suites; que si l'on lui en fnisoit quelque ouverture de la part de l'Empereur, il se chargeront seulement d'en rendre compte h. Sa Majesté, comme no pouvant avoir d'instruction sur une chose qui ne lui étoit pas connue avant son départ.
Selon les apparences, il no sera pas longtemps h Vienne sans que l'on lui parle touchant la Lorraine. Quand même l'Empereur
ÂWaîhes de lorraine.
€t «es ministres no le feroiont pas, 1 Impératrice douairière*, quo ^cotlo aCToirc touche plus quo toute autre, ne manquera pas sans loute de le mettre sur ce sujet.
Le siem* marquis de Vilry est instruit de tout ce qui s'est
[p.i*!ié dans retlo affaire, des deux alternatives que le Roi avoit
oITerlcs fl ce prince touchant la restitution de ses États et de celle
dont il avoit fait le choix et «jui fui comprise dans le traité de
Niiuëgue.
N'ayant pas voulu ratifier les articles qui le regardoient, Sa
[esté s'est trouvée dégagée de rien relAcher à un prince qui l*8Voit pas su profiter des coniiitions qu'elle avoit bien voulu lui
►rder, et qui a voulu seul être excepté des traités que Sa Majesté a faits avec le reste de TËurope.
Soit quo l'Empereur ou l'Impératrice douairière parlent dn affaire au sieur m.irquis de Vitry, il ne leur répondra qu'en
les généraux, et en leur faisant voir qu'il a été entre les main.* du doc do Lorraine de profiter du soin que l'Empereur avoit pris de joindre ses intérêts aux siens dans le traité de Nimfegue. Il m» s'expliquera point si Sa Majesté .seroit encore dans le sentiment de lui accorder les conditions qu'il n'a pjis acceptées, ou si 1© croiroit no devoir plus admettre aucune proposition de la do ce prince, et ne leur 6tera en cette sorte ni ne leur donnera aucune espérance. Il rendra compte seulement ?i Sa Majesté de C4i qui lui aura été dit. et, témoignant n'avoir aucun ordre sur relU' affaire, il n'entrera point dans les propositions qui pourroiunt lui être faites, sans en avoir rej'u auparavant les ordr«ïs de
Majesté.
Pour ce qui regarde le désir qu'auroit l'Empereur du mariage
de l'archiduchesse sa fille avec M*' le Dau|dnn, comme il peu!
ôlre une des principales [raisons] qui le porteront à rechercher
l'umilié de Sa Majesté, on prendra soin apparemment d'en insi-
lo«)r la vue au sieur marquis de Vitry, mais h moins qu'on
f. EUooora rl« Oonzagiip, qui nviiït épousé en t63t l'empereur Perdin.ind Ilf. rV il« Lorraibo étam mort on 1675, aei droits piiAnèreat & sou neveu V. L« mAr<* de en prince iStnit fille do Henri II d« Lurr.iinv et de Unrgue- <!• Oouugue. D» li!k l'inlcriU quu lui puri.iit l'lni|>erutrica d4iu:iirii!!'r«!, t|ui lui
ifiOOMir «A flUe Kleonore-M&rie, vouvu du roi d» PolDirius Michel Koritiutli, IST3.
LE MAROriS OE VITRV, 1679.
s'en déclarAI nuverlpmtiiU h lui, il no témoignera point 9>n apercevoir et ne doiinem pîis lieu de croire qu'il connoisse que l'on ait cette pensée h Vienne.
Cette disposition •[ii'il trouvera h rechercher ramilié de Sa Majesté, lui ou\Tira plus tle facilité pour le commerce avec les ministres de l'Empereur et pour p*''nétrer leurs intention;;. Selon les apparcMices, elle» doivent d'rtre d'entretenir la paix, lorsqu'ils sont dans l'impuissance de faire la guerre. Mais. comme les derniers troubles leur ont donné Toccasion de fori élever l'autorité de l'Emperrur. an préjudice des princes et KLals de l'Empire, tant par les quartiers qui^ ce prince a pris pour ses troupes que par ceux qu'il a assignés de sa propre imlorité il se» alliés, il y a apparence que sa principale application sera de maintenir dans la paix un avantage qu'il s'est acquis dans la gueiTe. Les occasions u'étiuït plus les mêmes, il pourra peut- «ire. sous prétexic de la défense de l'Empire, proposer dans la Diète des ligues et Tontrelien d'un corps de troupes, qui soroît lonjours sur pied. ïl y a peu d'apparences que les Etats épuisés voulussent donner les mains a celte dépense inutile, et qui donnenjil troj! de puissance k ri'wnpereur, dans un temps principalement que le soin que le Uoi a pris de faire rétablir les traités de Westplialie dans toute leur force, fait assez connoîlrc <[ue rinteiilion de Sa Majesté est de conserver la paix et le repos eu Allemiigne. Le sieur marquis i\v. Vilry aura soin toutefois de pénétrer les mesures qui se prendroienl à Vienne pour ce dessein, et comme presque tous les princes de l'Empire ont leurs ministres dans cette ville, il travaillera, dans le commerc-e qu'il aura avec eux. à leur bien faire connoître que rintention de Sa Majesté n'est autre chose que d'entretenir la paix, et travaillera il leur insinuer, dans ces rencontres, la juste jalousie qu'ils devToient concevoir de la trop grande puissance de TEmporeur, s'ils lui donnoienl quoique autorité au delà des traités de Weslphalie.
Les mêmes soins qu'il apportera pour découvrir ce qui regardera les dusseins de FEmpereur au dedans de l'Empire, il les portera aux affaires do dehors. Celles qui touchent toujours davantage cetti; cour sont celles de Hongrie, non srulenieni par
AFFAIHES D'AJ.LEMAf.NK.
}f! voisinage d»i Turc, mais encore par le parti qui y subsiste dos m«Vonl*'nU. L'assistance et les secours qu'il rec.ul de Sa Majrstt'i durant ces années dernières n'avoienl pas causé d<^s diversions peu considérables à Vienne'. Sa Majesté, par la paix, n cessé de le soutenir, mais comme il esL en étal de se maintenir pur lui-même, et que diflirilemenl ces peuples prendront jamais créance aux paroles qui leur seront données par TEmperenr, la sieur marquis de Vilry observera ce qui se passera avec eux, 8oil qu'ils s'accommodent, soit qu*iîs ne s'accommodent pas» et on rendra compte exactement à Sa Majesté; que si quelqtlés-uns des principaux des Hongrois s'adressairni k lui pour s^aasurer lu continuation de la protection de Sa Majcîilé qu'ils ont déjà éprouvée, le sieur marquis de Vitry se contentera de les assurer en paroles générales de l'afTection du Roi. mais nVntrera point en aucun détail avfc- eux, qui p4'ul être contraire aux assunmces quo Sa Majesté a données k TEmpereur, dans la paix, de ne point assister ses ennemis.
On ne doit pas croire que Ton parle nu sieur marquis de Vitry pour demandor que Sa Majesté abandonne la possession des dix \ille8 d'/VJsace, ou que l'on lui fasse des plaintes iXr la forlificalion de Schelesbidl. Ces propositions avoient été faites par les ministres de l'Empereur à Nimègue, et y avoiont élé tellement rejetées par les ambassadeurs de Sa Majesté, que Ton doit juger que l'on ne voudra pas b\s retoucher inutilement.
Si toutefois l'on rcmettoit bs seigneur marquis do Vilry sur ee sujet, il en rejettera d'abord toute négociation et fera voir que sur ce qui regarde les dix villes, Sa Majesté se renferme dans tout ce qu'elk- fait» au droit qui lui pst acquis par la paix de Munster.
Le traité que M. le duc d*^ Maotoue a conclu l'année dernière avec Sa Majesté* a fait tant de bruit en Italie et causé tant do
!. Après avoir Taii h\, p.ùx utpc les Turc», Léopold essaya de supprimer la diète d« Hoiif^rie. Cm «Mais rencoatr6r«nt une vive résistance; les teutatires de réToIl» furrnl rAprim^s a^eo Tiolence. Les mécontents entrèrent en relations avec LottisXIV qui leur (It parvenir des secours par roatremise de l'ambassadeur de France en Pologne, le marquis de Bethune. — Voir Mionet, t. IV^, p. 677; — fVLAMAK, t. tn, p. «02.
S. n a'afit ici du traitii nc^gocié et conclu, au mois dn décetniiro tC78, A Ver- «aines, entre Hattioli et Louvois. 11 devait assurer A Louis XIV la posse^ssioa de ^Ckaal «t da Montferrat. Il ne fut jamais ratilië.
LE MAHQUTS DE VITHY, 1«79.
jalousie h Vienne, princijMilemont à rimpj^ratrico douairière par l'intérêt qu'elle a à Casai et au Montforrat, qu'il se pourra faire aisément que l'on voudra tirer du sieur marquis do Yilr\' quelque éclaircissement sur cette affaire. En cas que les minisires do l'Empereur ou l'Imp(?ralrice ell<vmème lui en parlent, il se contentera d'y répondre que, sans être précisément informé du détail, il sait que M. le duc de Manloue avoît fait proposer quelque négociation à Sa Majesté, et qu'il ne doute point qu'il ne tienne les engagemeul.s qu'il auroit pris avec elle, mais il éNitera d'entrer sur celle affaire, h moins que Ton no lui en parle.
La Pologne a tant de rapports j\ la cour de Vienne, à cause du voisinage que, comme le sieur marquis de Vitry aura soin de s'instruire exactement de ce qui regardera cotte couronne, il aura soin d'entretenir un commerce exact avec le sieur marquis de Bélhiine, qui y "st ambassadeur extraordinaire de Sa Majesté, et il gardera de même une correspondance exacte de lettres avec les ministres do Sa Majesté qui sont dans les diverses cours de TEmpire et du Nurd, et particulièrement avec le sieur de la Haye, en Bavière.
Apres l'avoir instruit sur les affaires qui peuvent regarder le service do Sa Majesté dans l'emploi qu'elle lui confie, il reste h lui faire connoitre la conduite qu'elle désire qu'il lionne à. son arrivée à Vieniu'.
Son premier soin, lorsqu'il sera en cette \'ille, sera d'en faire avertir rinlroducleur des ambassadeurs ou maître des cérémonies. Il lui donnera part de la quidité avec laquelle il est envoyé par Sa Majesté, et lui demandera de le faire admettre h l'audience de l'Empereur. Comme elle lui sera bientôt après accordée, il remettra h c.k prince la lettre du Roi, dont il est chargé et raccompagnera des assurances les plus particulières de l'ami^ lié di' Sa Majesté. Il lui témoignera qu'autant qu'elle avoit vu avec pi'iiu* que leur ancienne amitié eût été altérée par c-es derniers troubles, autant elle voit avec plaisir que la paix la remet en état de reprendre sa première force; qu'elle a voulu qu'il passât auprès «le lui pour lui en donner les assurances, et que comme elle ne veut pas douter qu'il ne soit dans les mêmes scnlimenls. t*llo a une confiance entière que leur bonne intelligence
LA COUR DE VIENNE
fw^TSnJottrs ferme et durable à l'avenir. Il donnera los mêmes témoigiiagres d'nmitiA aux Fmpénitrices^ dans les audiences qu'il prendrci d'elles, mais afin tir leur rendre le devoir dans leur rangt H swiura du maître des cérémonies laquelle des deux ou A de t*linpératrice douairière ou de Tlmpératrice régnante doit ôlre visitée la première.
D verra cusuilo les |jrincipau.\ ministres de cette cour, particulièrement le chancelier IJocher* qui a la plus grande part aux K aflaires et avec qui ont 616 négociées toutes les liaisons de Sa HLlIfijest^ avec l'Empereur, dans le temps que le chevalier de Gré- ™BIOnvilIe a été, de la pari de Sa Majesté, h Vienne, el qui en a seul aujourd'hui te véritable secret.
III établira le même commerce de civilité el de visites avec le comte de Schwartzenberg, le comte Montecuculi', le comte do Kœiiigseck, qui (ous ont part dans le rons^ûl de l'Empereur, et travaillera à s'acquérir la familiarité toujours si utile dans les cour» aux minisires étrangers pour les alîaires qu'ils ont à Ky négocier.
Il verra encore le Père Émeric» capurin, en qui l'Empereur a
^ une confiance particulière, et de qui il prend souvent les avis sur
^ les alTaires. Mais, dans tous les entreliens qu'il aura avec ces
nÛBistres, son principal soin sera toujours do leur faire connoîlro
la sincérité des intentions de Sa Maji'sté pf>ur la [laix el sun
désir de s'unir avec l'Empereur dans nue amitié véritable.
L'intention de àSa Majesté esl que tous ses ambassadeurs et ministres au dehors lui apportent au retour do leurs emplois une relation exacte de ce qui se sera passé de plus important dans les négociations qu'ils auront conduites; de Tétai des cours el des p«ys où ils auront servi, des cérémonies qui s'y observent, soit dans les entrées, soit dans les audiences, ou dans toute autre rencontre;
. L'ImpL^ratrice ilounirière : Éléonore de Qoazagne, troisième Temme de Ferd 111 «t beU»-ni^r<' de Léopold, qui était fila de U Mconde femme; l'Inj|>««ntriœ réfnantf : Ëlt-uaorc de NuuUourg, (ille <lo l'Électeur palatin, troisième d« Lrfopald, quVUe avait épouse ea i67G. La Dhjuûwlier Uocb«r. Voir Mionet, IV, 196.
UoaCccuculU , u*' en 1008 dau» l't'^lal do Mudène, vainqueur des Turcs U baUiUa de Saiat-Oolbunl ea 16G4, cuuib&t lu France eu 167:1. Il mourut
du génie et des inclinations des princes et de leurs ministres, et enfin de tout ce qui peut donner une connoissance particulière des lieux où ils auront été employés et des personnes avec lesquelles ils auront négocié. Ainsi ledit sieur marquis de Yitry aura soin de préparer un mémoire de cette sorte en forme de relation de remploi que Sa Majesté lui confie pour le mettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.
Fait à Fontainebleau, le 8 septembre 1679.
Au mois de mai Ifj80, Louis XIV Uî connaître au marquis do '^Vilrj' qu'il l'envoyait on Pologne; le marquis deSobcvillc fut désigné p«»ur l<ï remplacer à ViPnnf, en qualité d'envoyé exlrunrdinaire. Il était ufïlcicr g»"DéraI d avait déjà rerniili plusieurs missiuns dijdornutiques. L'instruction qui lui l'ut donn/'c le ei octobre H'tHi), (lolljerl de Croissy étant rainislre des affaires étningères, reproduisait en partie wlle de Vitry. On y ajouliut des dévidoppenienls relatifs à l'exi^'ution [lies traités de Westphalio et de Nimègue. La nature et l'étendue de* Idn^iU de la France sur TAlsace étaient Imijours l'objet de discussions [irnlre la cour de France et l'Empire, Os démêlés prirent un curac- [lère plus grave à la suite de rorganisatioii ùi Metz et à Brisucb des 7kambre* de réunion. Ces chambres ordonneront que le Roi entrerait ffn pleine possession de souveraineté des th'fs sur lesquels l'Empire élevait des prétentions, et notamment des dix villes de la préfecture d'Uaguonau. La diète de Ratisbonne éleva des réclamations. Le ministre du Roi près dr (.ctte dièle, M. de Verjus, eut ordre de n'y point répondre. L'envoyé de l'Euipercur, M. de Mansfeld les renouvela en France, et il s'ensuivit de nouvelles diflicultés entre les deux I cours.
D'autre pari, bien que le roi d'Espapne eût épousé la princesse MtrioLouise d'Orléans, nièce de Louis XIV, la politique espagnole s'éloignait de nouveau de la politique française. Don Juan d'Autriche était mort au mois de septembre 1G79. La Reine uièro, sanir de l'Empereur, était revenue h la cour. Le parti autrichien l'emportait. Maison d'Autrirbe tendait h se réunir eonlrc la France, et des :ialions en vue d'une coalitiun se nouaient entre l'Espagne,
LE M/VKOLTIS DE SEBEVILLE. 1880.
l'Empcrpur ni lu HollaiHic. Un cherchait à y entraîner les Étals de riCuipirc ri lu loi d'Anglolorre. C'est dans ces conditions que le tuarquis de Sebcville reçut los instructions qui suivent.
MÈMOttlK FOUK SERVIR 1>*1NSTRUCTI0N Al! SIECR MARQUIS DE SEBEVIU.!;:. ALLANT DE J-A PART UU HOI, ENVOYÉ EXTRAOHULVAIRE VERS l'eMPE- REUR. 6 OCTOBRE 1681 \
Sa Majesté ayant fait passer en la cour de Pologne le sieur marquis de Vitry pour y demeurer eu qualité de son ambassadeur extraordinaire. Elle a cru de sou service de remplir la place qu'il occnpoil d'envoyé extraordinaire auprès de FEmpereur, d'une personne capable de veiller à louL ce qui peut loucher les intérêts de Sa Majesté dans une cour si considérable. C'est pour ce sujet qu'elle a fait choix du sieur marquis de Seboville, en qui elle sait qu'elle trouvera, outre le zèle et la fidélité, toute l'adresse et toutes les qualités nécessaires pour se bien acquitter de l'emploi qu'elle lui confie. L'intention de Sa Majesté est qu'il se mette au plustôt en chemin pour se rendre à Lintz ou en tel autre lieu qu'il apprendra que l'Empereur ait choisi pour y établir son séjour jnsqucs à ce qu'il puisse avec sûreté retourner â Vienne.
Avant que de prescrire audit sieur de Sebevillo la conduite «pi'il a à tenir dans cette cour, le Roi a jugé h propos de lui faire connoilre en quelles dispositions il peut cire à présent.
Sa Majesté avoit toujours eu un ministre h Vienne avant que la dernière guerre eût rompu la bornic irilrlligence qu'cliti avoit lidèleraenl observée jusqu'alors avec l'Empereur, et aussitôt que la paix générale qu'elle a donnée à la plus grande partie de TEu-