LE COMTE DE LUSIGNAN
3^1. de la Vauguyon demanda, pour des raisons de santé, à revenir • '^^ienne, et Louis XIV fit choix pour le remplacer du comte de A^mgnan, de la branche des Lczay, qui, dit Saint-Simon, subsistait viil.« de toute cette grande maison. M. de Lusignan avait servi dans ^ végiments écossais. Ses instructions sont du 6 septembre 1687, > cle Croissy étant ministre des affaires étrangères.
■fc.a«OIHE P01:R servir d'instruction Al! SIEUR COMTE DE USIGNAN, s'eX ALUîlT A VIENNE, EN QUALrTÉ d'eNVOYÉ EXTRAORDINAIRE DE SA SfAJESTÉ. 6 SEPTEMBRE 1687'.
Le Roi ayant accordé au sieur comte de la "Vauguyon, son •nvoyé extraordinaire à la cour de Vienne, la permission qu'il ™' Jl demandée, de so retirer de cette cour, sa santé ne lui per-
*• XWnne, iCS7. T. LXIII.
Te comte de Lusri
rëST.
mt*ltani pas de ileineurer plus lon^bMnps dnns Temploi qui lui a «''U'' confié. Sa Majesié n jn,^é qiril élait du l>i<'ii dr son soniiT d'îivoii" un .nitrc inin»slr»< auprès <!•> l'IvnquTenr, oapiiblo d'enlrelenir Irt Imhhh- inltdligeure qui est présenU^nient cUblic enlre elle cl ce prince ot de veillor h tout ce qui peut arriver, dans une mur aussi const(lr)al»lf. qni ;mI rapport aux inténMa de Sa Ma-
Ces! pniir ce suj<>l <nrt'l(i'! a fail choix du sieur comle de Lusi^^nau ; et r oinm<' «-lif <'st persuadée du zèle qu'il a pour son scrviee pur les marques qu'il en a données en différentes occasions, elle ne don(e pas ([u'il n'ait aussi toutes les autres qualités nécessaires pour bien exécuter les ordres dont elle < rhonorera. m
L'intention de Sa Majesté est que le dit sieur de Lusignan parle incessamment pour se rendre à Vienne, où le sieur eomle de la Vauguyon qu'il y trouvera encore, lui donnera une connnissance exacte de l'état présent do cette eour et l'instruira dettf cérémonies qui ont été observées à sa première audience auxquelles il se conformera entièrenn'iil.
f lomnn' le griunl cliani!»ellan fail à la eour de Vienne l'offic*, d'introducteur des ambassadeurs, le sieur comte de Lusignan lo M-rra aprîjs avoir rendu visitii au grand maître ih> la maison de l'Empereur, et il saura de lui quel jour l'Empereur aura résolu de lui donner audience, dans laquelle, après avoir rendu à ce priiii'e la lettre que Sa Majesté lui écrit de sa projjre main en créance sur ledit sieur de Lusignan, il lui dira que le Roi voitf avec plaisir les bonnes intentions qu'il témoigne pour affermir rutiion qui est enlre Leurs Majestés; que rien ne pouvant étrô plus avantageux au bien de la çlirétienlé que cette correspondance mutuelle, il no doit pas douter (}ue Sa Majesté ne fasse ce qui dépendra d'elle pour l'empêcher de finir: qu'elle est d'autan plus persuadée qu'il apportera aussi tous ses soins à la main-j tenir, que les tlernières déclarations que le comte de Lobkovitss a faites' de la part de ce prince, lui font pleinement eonnoîti-e quels sont ses sentiments, cl ne lui laissent aucun éclaircissemenl
i. Ministre dt' l'tvtnjiereur pn-s tliy Louis XIV*.
LA corn OE VIENNE.
lîrar; quo Sa Mujostû soru toujours bien aine d*y l'^pt^nuJn^
inn|ues les plus siuci'iv.>4 de son amiti*'; qu'clli' lui a
^nicnt ordontiP di^ conlribiiPr, autant qu'il Ir [touiTa fuirt^
lar lui>mAin(*, ù forlilier oiu'om rctlo liouni', inLolligonco; el. il
ujouU^ra qu'il .sait qu'il ao poul tenir dans lo poste qu'il occupe
me conduite qui soit plus ii^réfiblo k Sa Majesté, qu'en la rùglanl
^d'unp mani^^o dont rEmpomur ail sujet dN^tro salisfaiL
Il asHiin^ra l'ïmpératnoo île la contiuualiou de l'eslime et de I ramitié que Sa Majesté a pour elle.
^B (kimine rarchiduc^ n fuit depuis p*>u quelque difticulté de ^Hwi'voir les ministres qui n'ont que lo nararlère d'envoyés, debout ^■«rl dériiuvcrl. ainsi qu'il avoit toujours été jiratiqué, le sieui- de I Luni^nan attendra les ordres de Sa Majrsté avant que de prendre audience de ce prince, s'il n'est informé jiar le sieur de la ^wiupuyon que ces difficultés ne subsistent jdus, lorsqu'il arrirera à Vienne.
Quoique Sa Majesté remette lo .sieur de Lusi^rnan h ri» qui lui dit par ledit sieur de la Vauguyon de VvUit présent de la »ur de Vienne, elle veut bien cependant qu'il saehe en général te qu'elle en a appris par tlillérentes relations.
hn" conseil de THuiperfur est partagé entrt' les ministres qui
le plus dévoués aux Espai^^uola et qui souhaitent la conclu-
îoo d'une paix avec le Turc, et ceux qui croiont qu'on no peut
rip profiter de la foibirssc do cet ennemi pour h» chasser enliè-
'ment d»* la Hongrie.
Le» ministres qui composent le premier parti sf>nt :
Le prinre et le comte de Dietrichstein : le premier, grand
lire, et le second, chambellan de lu maison de l'Empereur: on
^présentés à Sa Majesté comme ayant tous deux peu île
i, relie du chambellan étant inifore moindre qm' celle du
^rand maître.
prince llermann de Bade*, président du conseil de guerre,
Joseph, !>lM ■'^iiie iIa L<*o|M)Kt, qui lui 8ticcèd.i sons ta nom d« Joseph I''. S. * L» prin''" Armntiil i\n Bade est un immino jic.oartt iniil pur sa gi-osse coritnrn un»" |inr «on g«iiitf : tl oal honinii* do colère, et <Jil ai8<^iiieiit ki*» sonlinu'iiln aucun* »)rnriU tii curiMiléralions; grande difticulU- ù 8'ex|>rimer même ea u propre laa|pi« qu'il ui* pari» pu» mieax qu« l'ilalienne ei la rrançoise. Ce qu'il a lU
LE COMTE DE LUSinNAN, 1687.
est ennomi •léchur du du*" do Lorraine. Il est pou estimé, et avis no sont «xn^rc suivis.
Le comti* d'Haï rarli, giand «'cuycr, est fort bien duus Tesprit de l'Empereur : il a plus do génie que les précédents, et autant d'inclinalion pour l'Kspugne, y ayaiiL élé longtemps ambassadeur.
Lo crédit qu'a l*Inipi''raLri<M* sur l'esprit de son mari fait que le sieur Stnilrnaun^ cliancciHer d'Autriche, a lieaueoup de part au secrrl. et h Pudmiuistration des nflaires. Cette princesse a contribué à son élévation parce qu'il est né sujet de l'électeur palatin, son père; et après lui avoir fait obtenir les ambassades de Nimègue et de Francfort, elle lui a procuré le poste qu'il occupe présentement. En quoi il a été fort aidé par le défunt évèque de Vienne el par \r marf|nis Horg^omaneiro, alors ambassadeur d'Espagne à la cour de l'I^lnipereur.
Le deuxième parti du conseil de l'Empereur ne subsisleroit pas si le comte de Kœnigseck, vice-chancelier de l'Empire, n'étoil à la tète. Il passe pour un des plus habiles ministres de l'Empereur, mais fort intéressé.
Le sieur de Lusigtian s'appliquera à bieu comioître par luimèmo les dilféreiis caraclèn^s ot (alens de ces ministres et des autres qui composent Je conseil de l'Empereur, afin d'en informer Sa Majesté et d'être plus en éUit d'exécuter les ordres qu'elle lui donnera.
El comme la tranquillité dont jouit présentement la plus grande partie de l'Europe, fait croire à Sa Majesté qu'il y aura peu de matière de négociation à la cour de Yiennr; que même 1rs dernières déclarations de l'Empereur ont levé toutes les diflicultés que les ministres impériaux pourroient former sur quelques articles du traité de trêve : il ne restera au comte de Lusignan qu'à rendre un bon compte à Sa Majesté des démarches que feront les armées impériales en Hont^rio. des propositions de paix qu'il apprendra que les Turcs feront à l" Empereur et généralement de tout ce qui se passera à la cour de Vienne, qu'il
mieux est qu'il n'écrit pas mal el qu'il est assez laborieux, ne faisant ancnnâ bauch«. » — Relation de La Vauguyon.