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AFFAIRES DE LORRAINE

irroira pouvoir mériter la curiosilc' <lr Sa MajpHlé. Lf sieur tie bi Vnuguyoïi ayunt écrit qur rKmpr^rour s'rloil fait faire une cession par la roino de Pologiii'. femme «lu duc do Lorraine, el par la duchesst^ de Juliera, sa sœur, des droits que Timjkératrice Kléonoro, leur mère, prélendoît avoir sur quelques 11(»fft du Monlferrat, en aljandonuaul à ces deux princesses lt»s mt'ubli's de la succession de liidile Impéralrice, le sieur de LiiHJgnan s'informera en quoi ce» droits peuvent consister, et il en rendra oomplo ù Sa Majesté.

Quoique l« duc de Lorraine ait perdu, eu la personne do rinipénilrice Éléonore, le seul appui qu'il eùl h lu cour de Vienne el qu'il ne soit bien avec aucun des ministres qui composent le conseil de l'Empereur, il peut arriver cependant que ce prince, louché des services que ledit duc lui rend arluellemenl'. fasse parler au sieur comte de Lusijt,Tiau pi>ur écrire eu sa faveur k Sa Majesté.

Il dira seulement ù ceux qui l'on presseront que non seulement il n'a aucun pouvoir ni instruction sur ce qui regarde <"e prince, mais même qu'il n'y a personne en France qui no considère la Lorrain»» ctmime un membre inséparahlemeul uni el attaché au corps du royaume, qu'un ne pourroit pas dorénavant en proposer le moindre détachement sans s'attirer l'indignation tout c« qu'il y a de bons Fran<;.ois; que c'est uno ])artie justeleot réunie à son tout, tant par U' droit de la guerre et de eonÛ»cation, qu*^ par les derniers traités faits avec le défunt duc et par le refus do celui d'à présent de souscrire aux conditions que les ministres impériaux avoîent stipulées en sa faveur par ledit traité de Mmègue; que ^Knlp^:^eur et l'Lmpire ne peuvent

Ko i086, Clurl«s da I-iorraine. prend Bude, le 2 «epiembre. « IJ aurait voulu, r. d'Huuaaonville (III, p. H68), poursuivre ;\ oulrance l'armiir ottomane, miiis «1 *n fut ciupilchÀ par I»? duc de Barière, qui. d'accord avec les ministres de Vienne, cherchait qu'a faire oSittacIo aut d<>fisein!i du duc de Lorraine. Cependant il »ai< a rrprendr»» .nm ennemis le» plaeoit do Sicpedin, de Cinq-ICglise», de Dardu •1 lie Kapostrar. La canipaini" de 1687 fut plus deci.-tive encore. Charles, prenant la jontuprémc de In guerre de Hongrie, miircba iiir F.ii8«)k dont il fit brûler le , «i, Mcond^ par le duc de Bavière, il délit complètement n Mohocz, )e 12 août, la pltu considérable que, depuis 1683, les Turcs eussent encore mise sur Peu (]« temps après... Charles V occupait en force presque toute la TransyU

LK COVirt: UK LlfSir.N.VN. 1087.

plus divrénavaiit appuyer les inlêrrls ihidil duc, ol qu'enfin ri< au monde iir 5(U"oi( rnpuljli- dv porh'r Sa Majoslô à rolAolirr moindre! partie do la possession où pUe est do co duché.

En un mol, sur toutes les propositions qui pourront rtrc

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du duc de Lt

laiifs audit sKMir «i^ i^usi^nan on laveur du duc de L.orraino, il doit s'appliqurr à le désabuser de Tcspéranec qu*il pourroit avoir de rentrer dans quelf|Ue partie de ce duché qui, doit être, à présent, regardé commt* une proviuce de France inséparable de la couronne.

Mais si ce prince, élaul Itien persuadé qu'il ne pourra rien obtenir qu'en renonçant en faveur de Sa Majesté et do ses successeurs h toute sorte de ]trétcntions sur ledit duché de Lori"aine. so remettoit entièrement à la générosité de Sa Majesté, et faisoil des propositions de quelque autre établissement tant pour lui (pie pour les siens, plus conveuidjle aux intérêts du Roi, Sa Majesté veut bieîi que letlit sieur de Lusignan écoute, en ce seul cas et non autrement, les propositions qui lui seront faites et se clKii'ire d'eîi rendre compte a Sa Majesti'. qui Ftufonnera ensuite 4e ce qu'elle voudra bien faire pour la satisfacliou dudil prince et pour lui flonner, et à ses enfants, les moyens de soutenir une elépense plus conforme à leur naissance que i'étal où ils sont à présent.

Sa Majesté ordonne expressément audit sieur de Lusignan de se tenir sur cette malien' dans les tennes de cette irisliruclion sans s'étendre au delà pour quelque raison que ce puisse être.

Ledit sieur de Lusignan entretiendra une bonne correspondance avec tous les ministres de Sa Majesté dans les [tays étrangers et principalement, ainsi qu'il a été dit, avec le sieur Verjus et mémo avec le comte de Rebenac, et se servira pour cet effet, aussi bien que pour les lettres qu'il écrira à Sa Majesté ou qu'il eu recevra, des voies les plus sûres qu'il pourra trouver.

Sa Majesté lui fait même remettre entre les mains deux tiibles de chilfres» Tune assez facile dont il se servira <lans toutes les lettres qui ne deniiindenl pas un grand secret, Tîmlre plus difficile dont il chiffrera lui-même les lettres ou articles les plus secrels, sans confier ce second ehilTre à un secrétaire.

Et au reste, il n'omettra rien pour rendre sa conduite ag-réahle

HRS DKS AMnASSAlïKlIIlS.

!^:4iur «!«' Vii'nuo ot pour s'acqu«''rir roslimt', la confiance et

èmo la fainiliarilc des niinislivs cl des principaux tic celle cour, ulin do pouvoir découvrir ce qui h y passe Juiis les enlretims qu'il aura avec eux.

Après r«t ôclaircisaement général qui reg^arde remploi que jeslé confie audit nicur comte (le Lusig^nan, il d*iiL atlendre .structions pai^ticulières des réponses que Sa Majesté fera k toutes 845» dépêches; et comme c'est à elle seule fjti'il d*>it rendre compte directement de l'exécution de ses f)rdres, et que

s inforaialions qu'elle rtH;oit de ses niinislres dntis les pays étrangers doivent servir de fondemenl aux résohilioris les plus importantes qu'elle prend, la principale partie de leur devoir et la preuve la plus essentielle de leur lidélilé est de ne riiMi ajouter h la vérité, de l'informer mut pour nu il de ce qui a esté dit de part et d'autre dans les conférences qu'ils ont avec le princ*» ou avec ses ministres et tons autres avec lesquels ils traiientf en sorte que s'il échappe quelque terme à leur mémoire, au moins ils ne changent rien k la substance. Ils doivent Lion peser aussi les avis qui leur seront donnés, pénélrcr quelles peuvent éirp les vues et les intérêts de ceu.v dont ils les tiennent, les nommi^r à Sa Majesté. Et en lin. nu lieu de se Daller d'une vaine

|»érance d'acquérir du mériU* auprès d'elle en embellissant T*»ur récit et leurs avis aux dépens de la vérilé, ils doivent être |>rrjiu«dés que i-i' n'est «ju'en s'y attachant exaetenieiiL qu'ils peuvent mériter riionnenr de son estime. Ainsi elle se promet qup ledit sieur de Lusignati ne se départira jamais de cette règle qn^elle lui prescrit conune la plus invi(dal>le.

Outre ce qui est contenu dans la présente instruction des avis ordinaires que le Uoi veut «jue ledit sieur de Lusi*,M»an lui doniio de tout ce qui se passera dans ladite c«iur île Vienne, rtiiU*ntîûtl de Sa Majesté est <|ue tous ses raiuistres au dehors lai rapportent an retour de leurs nnploîs u!ie relation exacte de tout cv. (|ui s'y sera passé de plus important dans les négociations qu'ils auront conduites; de l'état des cours et des pays oà ils aunuit scn'i; des cérémonies qui s'y observent soit dans lesriitréns, soit dans les audiences ou dans toute iiutre rencontre; do fîêiiie tH des inclinations des princes et de leurs minisires, et

iU LE COMTE DE LUSIGNAN, 1687.

enfin de tout ce qui peut donner une connoissanc« particulier des lieux où ils auront été employés et dos personnes avec l quelles ils auront négocié. Ainsi ledit sieur de Lusignan aur^ soin de préparer un mémoire de cette sorte en forme de rclatio~ de l'emploi que Sa Majesté lui confie pour le mettre à son relouB entre les mains de Sa Majesté.

Fait à Versailles, le 6 septembre 1687.

M. de la Vauguyon, revenant de Vienne en 1687, terminait ainsi ** relation de son ambassade :

« Je finirai ce mémoire par assurer Votre Majesté que j'ai laissé '* ^ mon départ la cour de Vienne pleine d'envie de porter la guerre ** »ur le bord du Rhin, aussitôt que l'entière conquête du royaume " de Hongrie sera faite ; mais, pour peu que les plus éclairés rainis- *• très de l'Empereur fassent réflexion sur leurs forces et sur celles

* «le Votre Majesté, je doute qu'ils osent mettre à exécution un si " grand dessein, puisqu'ils n'ignorent pas avec douleur les précau-

* tiens que l'on a prises, et que présentement, quand leurs troupes " «leviendroient plus nombreuses qu'elles ne sont, l'entrée de la

* France est bien moins praticable que celle de l'Empire ; outre qu'il

* c^st grandement à douter que la plupart des princes souverains

* voulussent donner les mains à une guerre qui, dans la suite, ne " pourroit être qu'à la ruine de leurs États, pour l'intérêt particulier " de l'Empereur. »

Cette dernière hypothèse n'était pas fondée. Il s'était formé en Buropc une coalition, la ligue d'Augsbourg, par traité conclu le ^ juillet 1686, entre l'Empereur, le roi d'Espagne, la Suède, l'électeur de Bavière, les cercles de Bavière, de Franconic et de Souabe, ^* itiaison de Saxe et d'autres princes de l'Empire. L'objet avoué était ïc maintien de la trôve de Ratisbonne, mais le véritable dessein de ^Ue lign« était de ramener la France à l'état où elle était avant les dernières réunions. Louis XIV, qui se croyait en mesure, jugea bon ^ prévenir les intentions de ses ennemis et déclara la guerre. Le

HB

LE MAHOri'^ IIK VII,I-.\HS, <«98.

25 nnvpniljr»' IH8K, M, de Liisiirnnn «mi! ordro de revenir de Vienne. La France se trouva, on 1689, on guerro avec l'Aulrichp, TEinpire, l'Kspagne, les Pays-Bas. Le stalhouder do Hollande. (înillauine d'Oranpj'o, «Manl dt-venu, par lu révoliiJion de 1688, roi «l'Anjrlplerrc, Louis XIV soutint contre lui les pr<Hcnlians de Jac«ju<'- Il "• rpii entraîna l'Angleterre dans la lutte.

La guerre dura huit iins. Elle se termina en 1697 j>ar les traile» de lly«\Yifk. Le traité entre le Hoi et l'Empereur était du 30 oclobre, et il était conclu sur les principes de ceux de Westphalie el de Nimi^-frue. L'article IV portait : .< Tous les lieux et endroits occupas par Su Sacrée Majesté Très Chrétienne pendant la guerre et par voie de fait, sous le nom damions ou réunions, situés hors de l'Alsaco ou contenus dans la liste des réunions produite par l'ambassade d« France, seront restitués Jl Sa Sacrée Majesté Impériale, à l'Empire et à ses Etats et nieuibres... elr. » Lnuis XIV rendait Fribourg, Brisach. Philipsbourg. la Lorraine, moins Sarrelouts et Longwy.

A partir de cette épi>(|Uf\ toutes ses pensées se portèrent veri la succession d'Espagne, tpii était sur le point de devenir vacante. Charles 11 s'était marié deux fois : il avait épousé Mario-Louise d'Or- m léiins, qui élail morte en HlHf». puis Marie-Anne de Neubourg. belle ■ sœur de Léopold. Il n'avait point denrants, et sa santé devenait de plus en plus chanci-lante. Déjil, on tfiJîS, par un traité daté du l!> janvier, Louis XIV et Léopold s'elaietit parlaj^è évenlueUenienl sa succession '.

'f La connaissance de sdu étal h peu près désespéré et la perspertive de son héritage, dit M. Mignt»t', no furent pas étrangers àlauiodérutiiin que Louis XIV montra dans le traité de Ryswick. Il reprit les fils abandonnés de la trame qu'il avait si habilement ourdie de 1661 à IBtix. Mais trente ans s'étaient écoulés entre les négociations qu'il avait autrefois entreprises touchanl la succession d'Espagne et celles qu'il allait engager. La situation rie rEuroiie était changée. Le nombre^ des comiii'titeurs k relie succession s'était accru par la naissance diifl prince électoral de Bavière, petit-lits de Finfante Marguerite-Thérèse *, sd'ur de la reine de France, Marir'-Thérès(i, et n'ayant pas.^ été contrainle, comme elle, de signer un acte de renonciation èfl la monarchie espagnole. Les vues ménu'S de l'empereur Léopold s'étaient moditiées. Lorsqu'il avait conclu le traite de partage de 1668, il n'avait point d'enfants, Depuis lors, il avait eu de l'inranlc

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