CÉRÉMONIAL
des ambassadours des t^'tos couronnées qui demandemient aussitâl d'être traités comme ceux de l'Emperour.
Pour é\-itpr ce» incouvrMiionls rinteiition du Roi est que le mie du Luc élanl arrivé à Vionnf s'infomii' parliculiiîremcnl Wii cérémonial qui s'obsrrvo ;\ t'i'iitrée et aux audiences publiques du nonce du Pape, de relui qui s observoit pannllement à l'égard do rnmbassadeur d'Espagne lorsqu'il y rn avoit un en celle cour, «*l qu'il sacbe s'il y a quelque diiïérence dans la réception de l'un €*l de l'autre, comme celle différence se trouve établie ii la cour de Sa Majesté.
Ello veut recevoir l'ambassadeur de l'Kmpereur comme elle «"eçoit ceux du roi d'Espagne, du roi d'Angleterre et généralement de tous les antres rois de l'Europe. Elle a fait joindre à elle instruction le ilélaîl des honneurs qu'elle leur fait rendre, ijssi bien que de bi manière dont ils sont conduits h ses auc]i(*nceâ; elle y fait joindre aussi la relation de ce qui se pratique À sa cour à l'égard des nonces. Le comte du Luc examinera si l«»s honneurs et les Irailements que rEmpereur se proposera dtr lui faire h Vienne seront conformes à ceux que Sa Majesté
Rcstine h l'ambassadeur de ce prince. Elle lui donnera ses ordres ur le compte qu'il aura Thonneur de lui en rendre avant que ïc lomps arrive nij il devra faire son entrée publique.
En attendant que ses équipages soient en étal pinn- celle
fonction, l'intention du Hoi est qu'après son arrivée à Vienne, il
clemimde une audience particulière de l'Empereur, et lorsqu'il y
sera introduit, il assurera ce prince de la salisfiictioa parfaite
Cjuê Sa Majesté a de voir la paix et la bnnu(» correspondance
T-élablic, de sorte qu'il y a lieu d'espérer que l'union qu'elle veut
d^ii^rmais enlrelenir avec lui augmentera <•! d«(vientlia bm-
joar» plus étroite pour le bien i:énéral de la cbrétienlé et pour
l'avantage de la religion. Il lui fera connoître que Sa Majesté
'«Ml y contribuer de tout s<hi pouvoir, qu'étant parfailemenl
ri.^tmiie de la piété de l'EmpiMcur, «le ses grands talents pour
forivenier »e» Etats, et de son applioalioti conlinuelle à l'adnii-
'*tnilion de ses plus im[)nrtanteH allaires, elle compte de pou-
►•r- prendri^ avec lui des liaisons solides pour le maintien de la
'H«|uillité générale.
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Elle so rajjporU^ au resti* h ce que !e comte du Luc croira devoir ajoiilt'i" dans un premier t'ompltmi'iil et dans iinr .uulicnce uùil n'pst jjUH question do traiter (l'alTaircs, mais seulement de ilonner il l'Emperour une idée générale des senlimeuts de Sa Majesté* [)niir la ronservation de la paix et pour la personne de ce prince.
Il suivra l'usage des autres ambassadeurs à l'égai'd des audiences particulîl'res des impératrices ot des archiduchesses, de même iju'h l'ég^aril (1rs visites à rendre aux ministres de la roiir de Yieime.
Il seroit inutile de hii dire qu'il doit s'i-liidier îi connoître leur caracti^ro, le Hoi étant bien persuadé qu'il ne nég^ligerad'ao^ quérir aucune des connoissani'es ijui j»envenl intéresser son service. Ainsi Sa Majeslé compte 4}ue non seulement il s'ap{diqu<'ra particulièrement à coniioUre ceux qui ont quelque part à l'adiniuislration des alTaires, niais aussi qu'il donnera ses soins à s'instruire à fond au gouvernenietil di*s Elats de l'Empereur; iln nombre d^'s troupes tjue ce jirin(Mî a sur pied, des lieux où élci* sont distribuées; de l'ordre et de l'étal de ses linances, d»> lofc^ qualité de ses revenus, de ceux qu'il lire des pays héréditairt**^ Cl des sommes que Fllalie lui fouruit; de ses projets, soit pou"* maintenir, soîl pour atiiiinenler les anjuisilious (ju'il a failes pa- * la guerre, de eivux qu'il forme pour avoir désonnais des vaiî^ ^ seaux dans la Méditerranée el dans le jjolfe Adriatique. Eidii Sa Majesté s'assure que le comte du Luc, accoutumé de lui reiwlr un compte exact de tout ce qui peut avoir quelque rapport .t bien de son serviee, lui fi-ra V(>ir encore, dans son nouvel enqil' le même zèb% la même vigilance et la même exactitude dont il donné tant de marques pendant le cours de son ambas^u auprès des Gaulons suisses. Elle nu lui répète pas les inslru lions qu'il reçut d'elle au mois de septembre dernier sur la co versation que le maréchal de Villars et lui avoie.nt eue avec prince Eugène, au sujet de rinlérèt des cantons catholiqU Sa Majesté persiste dans les mêmes sentinionts, persuadée •!**conviendroit moins que jamais de rloimer aux cantons prot lanls un sujet ou même un prétexte d'exciter les prince^ États de la mémo religion à les secourir comme étfiuit oppri ou prêts à l'être par les puissances catholiques.
DEVOIRS DES AMBASSADEURS. 183
Outre ce qui est contenu dans cette instruction, l'intention lu Roi est que tous ses ambassadeurs et ministres au dehors lui 'apportent au retour do leurs emplois une relation exacte de ce [ui 86 passera dans les négociations qu'ils auront conduites ; de 'état des pays où ils auront servi ; des cérémonies qu'ils observent soit dans les entrées, soit dans les audiences, ou en toute lUlre rencontre, et enfin de tout ce qui peut donner une coiinoismnce particulière des lieux où ils auront été employés et des )ersonnes avec lesquelles ils auront négocié. Ainsi le sieur :omte du Luc aura soin de préparer de cette sorte un mémoire en forme de relation de l'emploi que Sa Majesté lui confie pour le remettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.
Fait à Versailles, le 3 janvier 1715.