AFFAIRES D'ITALIE
«pi'on tmiiYpra l»'s i>.\|ié(li»Mils propres h finir unn paix désirée vérilahlemonl de pari o( d'autre.
Une st'ule mcllra lin aux alarmes des princes d'Italie^ rar «ncore que le prince Engène ait assuré le mai'échal de Villars qu'elles ctoient mal fondées cl que vcrilablemenl TEmporour y conserve un nombre de inuipes assez médiocre, il en faut si peu |»our intimider el même pour opprimer des princes foibles, qu'ils no se rassureront que lorsqu'ils verront tout prétexte de guerro en Italie supprimé par lu paix faite entre l'Empereur et le roi d'Espagne.
Quoique la puissance du roi de Sicile soit fort supérieure à eelle de ces princes, qu'il soit d'ailleurs d'un caraclferoà ne pas se laisser facilement intimider, il craint cependant le ressentiment de l'Empereur, et pour le fléchir il n'y a rien qu'il ne soit capable de faire. On prétend qu'il a déjî'i otFert de céder l'Alexandrin et le lloiitferrat et de se «lésister do toute prétention sur le Vigcnavasque, si^ moyennant ces conditions, l'Empereur lui promclloît de le laisser paisible possesseur de la Sicile. On ajoute que jusqn'à présent le prince Eugène a travaillé inutilenirnt î'i le réruucilior avec l'Empereur, qu'il ne perd pas cr-pendant l'espérance dV réussir; et comme apparemment le succîîs de cette ué^ocialiou dépendra des engagements où le roi de Sicile entrera contre les intérêts du Roi fi conlre ceux du roi d'Espagne, il «cm du zèle el de l'iiclivilé ordinaire du comlc du Luc d'employer ses soins à découvrir et à traverser ensuite une intrigue "vraisemldabli-menl aussi contraire au rejjos de l'Europe qu'à Funion que Sa Majesté veut établir avec l'Empereur.
1^1 conjoncture y parolt d'autant plus favorable que ce prince, irrité de la conduite que les Auglois et les llollandois ont tenue k son égard dans Ips derniers traités de paix, ne parolt guère plus content de la résistance qu'il a déjà trouvée de la part de quelques de l'Empire. 11 nomptoit entièrement sur le due d'Ilaa>anl qu'il fût parvenu à la couronne d'Angleterre; mais il eommencc à craindre, et ce n'est pas sans raison, que sa nouvelle élévation ne le rende trop considérable et trop puissant dans la
iM) Allemagne. En elTet, ce prince veut profiter Ai' l'occasion
*il croit avoir d'agrandir, aux dépens de la Suède, les Elatsdu
feSCLStL OH IMITRL'CT. DIPUOUAT. I. - 13
Ï.E COMTK ULI Li;C. l7lo.
sont (l»^jà prises
sa maison. On assurii que les mesures on soni ueja prises avec roi de Danemark et avec lo roi de Prusse, que les duchés de Brème ol Verden doivent «tre unis aux Liais d'Hanovre*, que celte acquisition osl d'autant plus sensible au roi d'Angleterre qu'elle le rendroit maître de Stade, et qu'ayanl uti purt sur PElhe, il dépendroil de lui de faire passer dans son royaume tel uombru de troupes qu'il jngeroit nécessaire pour êtaLlir son pouvoir absolu sur une nation impatiente do toute autorité, et dont il a peine encore à connoître le véritable caractère.
Les projets du roi de la Grande-Bretagne, ses liaisons avec le roi de Danemark et avec le roi de Prusse entretiendront vraisemblablement dans le Nord une guerre qu'il conviendroit d'apaiser pour achever de pacifier l'Europe. Mais si la continuation de cette nu'^me guerre produit nn mauvais effet en empêchant que la tranquillité ne soit ge'nérale, elle empêche aussi d'un autre côté que les protestants de l'Empire ne se réunissent, et par conséquent qu'ils ne se rendent formidables aux catholiques et en particulier à la maison d'Aulrichn. La division des protestants ne leur permettra pas de suivre et d'exécuter lems projets, et le roi de Suède, justement irrité contre le roi de la Grande-Bretagne, ne lui cédera pas l'honneur d'être le chef do parti protestant dans l'Empire.
L'intention du Roi étoil de travailler à la pacification des troubles du Nord, et le prince E^g^^e avoil assuré le maréchal de Villars, aux conférences ibi Bade, que rEmpereur éloit aussi dans les mêmes dispositions. Il ne seroil pas étonnant qu'il eût changé après avoir fait de sérieuses réflexions sm* l'état présent des affaires d'Allemagne et sur les vues particulières du roi de la Grande- Bretagne. Il sera de la prudence du comte du Luc do découvrir de quelle manière on pense h Vienne sur ce sujet, et jusqu'à ce qu'il en soit bien informé, qu'il en ait rendu compte au Roi et reçu les ordres de Sa Majesté, il ne parlera que du désir qu'elle a de rendre la paix universelle en contribuant de tout son pouvoir et de concert avec l'Empereur à la pacification du Nord. Toutefois il fera voir qu'il ne doit pas s'étonner si le Roi, ^rant des
1. Oeorgo I*' avail p.n 171.", ou :itlh<iniu(. ù la Vxgus comn* Cliiirles XII, .acheté lea duchés de Brème ul de Veixlea que lu Dauemai-k avait conquis sar la Suède.
AFFAIRES DU NOHl).
Irailés lit* Wt'sl filial ir.doime quolcjne secours au roi ilo Surdi^|MHir It? dé!i\Ter dt? roppressiondcccux qui le dt'pouilleul des provîiicos qu'il doit posséder en vertu de ces Irailés.
I/Kmporpiir, prévenu pour ce prince, ou par amitié, ou peut-
«'•Ire par rrninle, a cherché h's moypiis de prendre avec lui des
liaisons. Il est à propos île le maintenir favru'Jihleinenl disposé
ur k'S Suédois, toutefois sans afFectation et de manii>re ipi'il
seulement que le Roi souhaite le maintien des traités
0 Westphulie qui servent de fondement à ceux qui les ont
suivis.
Au reste, si jamais tes desseins ri la |iuîssancc du roi de la Grande-Bretagne causoient quelque inquiétude à rEmjierenr, comme il pourroit arriver, soit par une uiiiou trop étroite outre co prince <'l les protestants d'Allemagne, soit par Tniipui qu'il <l«nincroit aux Hollandoistlans les c^jutestaliousijui peuveid survenir cutro l'Empereur et eux à l'oerasioii des Pays-Bas, il seroit farile
ten soutenant les droits du chevalier de Saint-Georges * de causer de grands troubles en AnjErleterre. prin<ipalement dans la disposition où se trouve aujnurd'Inii la uatinii anglaise. '^ Quoiqu'il ne soit pas ({uestiou préseiitemeut de pareils projet», il «ei*a ccpen<laut du service t\u Roi que le comte du Luc I découvre autant qu'il sera possible? quidles sont les dispositions de l'Empereur à l'égard du chevalier de Saint-Georges et qu'if eu reude compte à Sa Majesté.
Elle souhaiteroit aussi do procurer an prince Ilukoczy ' la restitution de ses biens ; mais quelque justice qu'il y ait k la demander, Iil y a peu d'apparence que riùoperenr lui pennelte jamais de rentrer dans la jouissance des tenes considérables qu'il possé<loit en Ilongrie. Il semble cependant qu'il ne pourroit lui refuser la permission d'échanger ces mêmes biens. En ce cas. on pourri>il
1, Jar(|U<^^'Kl|(lU»^*l 8liJArt, DIk «If Jnrqiir« II et fri're de In dt^runte reine Anue, «# ttn l<>8t.
9. Kmnroin Unkocry, prince de TrDimylvjinit', petit-fils do Oflorçe !•' Rakoc/y. ^^Pll »n ^fitft rt fllu ilo FrunçniB Rakorzy, mort en IC76, !•& Transylvanie était de ^^» 1 l'Autriche. François llakocxy était à Vienne, oii on Televait pour
•"^«-v . liqur, En 4703. il se mit à In tète des inrcoalents hongrois. Loviit XIV
MnilLuii. Uatiu i-ii 1710, d fut conlraint de an réfugier en Poingue, ptirH rn ic«, où Luui» XIV lui tit une peDKtoti.
reprendre la |iroposition faite autrefois d'un échauji^e à faire avec les teiTes qui ap^inrlieiinent eu Lilliuauio h la fille ainéo du prime Charles de Neubourg, dont elle a hérité de sa mère, première femme do ce prince.
Le comte du Lue ne parlera pas de celte affaire dans les premiers temps de sou ambassade; mais lorsqu'il croira pouvoir en faire la proposition, le Roi lui enverra les éclaircissemenls nécessaires pour lu traiter.
Comme il en surviendra tous les jours qui ne peuvent être prévues et avoir place <lans cette instruction, le comte du Luc i.'n rendra compte au Roi et recevra poucluellemcnl les ordres de Sa Majesté. Elle ajoutera seulement à ceux que ce mémoire contient, ijuVlle veut que son ambassadeur fasse connoîlre aux minislns des princes d'Allemagne qui se trouveront à la cour de Vienne, qu'elle croit avoir surfisamment dissipé les alarmes que l'Empiro avoil autrefois do ses desseins, et qu'eu restituant encore parle dernier traité les places qu'elle possédoit au delà «lu Rhin, elle eom|»le d'avoir fait rounoîfre que son intention n'est pas de renouveler la guerre et de la jiorler eu Allemagne; qu'elle s'assure d«mc que le corps de l'Empire contribuera de son côté au mainlirn de lu paix qui vient d'être rétablie et que l'observation récij>roqutr des traités de la part du Roi. de celle de l'Empereur et de rEmjjire vauiira mieux incrtmparnblenieiit que toutes les propositions que Ton fait encore à la diète d'armements non veaux pour prévenir la guerre.
Il (onvieudroil d'instruire le sieur comte du Luc du cérémonial <pril doit observer s'il y en avoit quelqu'un de réglé par les exemples préi.-rMleiits des ambassadeurs du Roi auprès de l'Empereur; mais il faut remonter jusqu'aux premières années du règno du feu Ilui pour trouver l'exemple d'une ambassade de France à la l'uur d(> Vienne; encore ne pourroit-ello servir de règle, parce <jue les honneurs et les traitements faits alors au duc d'Angoulèmc ne puurroii'ut être exigés pour un ambassadeur destiné k résider a celte cour quoique revêtu du caractère d'ambassadeur extraordinaire. L'Empereur demanderoit vraisemblablement des Iraiti'UK'nls réciproques pour 1ms amltassadeurs qu'il enverroit auprès du Roî, et ce seroil bouleverser l'or^ire qui s'observe à