M. MANDAT
extraordinaire de Sa Majesté auprès de l'Empereur, le même service demande qu'il y ait cependant quelqu'un en cette cour capable d'observer ce qui se passe dans ces conjonctures importantes, d'en rendre compte au Roi, d'agir et de parler s'il est nécessaire au nom de Sa Majesté. Gomme elle est parfaitement informée de la fidélité du sieur Mandat, conseiller du Roi en sa cour de Parlement de Paris, de l'attention particulière qu'il a donnée à s'instruire dans les affaires étrangères, elle a bien voulu le choisir pour lui confier cette commission.
L'intention du Roi est que le sieur Mandat parte incessamment pour s'en acquitter ; mais il ne doit pai'oitre à Vienne que comme envoyé par le comte du Luc pour s'instruire et lui rendre compte à son arrivée en cette cour de l'état où seront les affaires, proprement comme un secrétaire d'ambassade. Ainsi Sa Majesté veut qu'il passe premièrement à Soleure, qu'il y reçoive les avis et les instructions du sieur comte du Luc et qu'ensuite il se rende à Vienne avec le plus de diligence qu'il lui sera possible.
Il doit donner sa première et sa principale application à s'informer de l'état des négociations des ministres d'Angleterre et do l'effet qu'elles auront produit. Ceux qui parlent au nom du roi de la Grande-Bretagne soutiennent qu'elles regardent seulement le traité de Barrière à faire entre l'Empereur et la république de Hollande ; que c'est uniquement à ce dessein que le sieur Stanhope a été envoyé à Vienne par le Roi son maître, immédiatement après l'avènement de ce prince à la couronne; qu'il n'avoit d'autre commission que d'interposer ses offices pour terminer ces affaires à la satisfaction des deux parties.
Ils prétendent que le sieur Gadogan, actuellement à Vienne^ est uniquement chargé de continuer les mêmes offices. Mais le public refuse de le croire, et pendant le séjour que le sieur Stanhope a fait à Vienne, personne n'a douté qu'il n'ait employé tous ses soins à persuader à l'Empereur que le temps étoit favorable pour soutenir, en reprenant les armes, ses prétentions sur la couronne d'Espagne. On a dit sans mystère que ce prince avoit rejeté les instances et les offres de l'Angleterre, connoissant le peu de solidité des mesures qu'il prendroit avec un gouver-