Autriche. Mimoins et documents, t. VII
La triple af.liance.
M piiiftW»nco lolle qu'elle a été fixée pur «es Iroilés, on «ufflsant à sa gloire, ne poul point non plus donner de justes sujets tl'omliraf^es aux l^tats voisins, est dans In résotntinn de contribuer en lout ce qui d«^peudra d'elle au maintien de ces traités. C'est dans cet esprit et sur res principes que le Roi depuis son avénemcnl au Irône n réglé ses démarrhos et ses résolutions: et Sa MajostfK instruite par l'expérienre des temps passés des facilités que la cour de Vienne avoit trouvées à engager dans ses intérêts tout rKmpirc et les autres principales puissances de l'Europe, n'a pas cru pouvoir apporter trop d'îitlentlon à détruire jusqu'aux moindres principes qui avoient pu donner lieu h une disposition aussi contraire j^i ses intérêts et à ceux de son État. Persuadée d'un côté que les princes avec les plus droites intentions sont loiivcnt séduits par des conseils fondés sur les convenances ou les préventions particulii'res de ceux qui les donnent, et informée d'ailleurs de la confiance que l'Empereur conliuuoiL d'accorder à eeox de ses ministres qui, après s'être séparés des intérêts du roi d*Eq>agne, avoient assez fait connoître» même depuis la cessation la guerre, que leurs vues tendaient toutes à la renouveler, llle a jugé que éon amour pour la paix demandoil qu'elle prît r la consen-er les mêmes précautions que si elle avoit pu ire que la cour de Vienne eût eu en vue d'y contrevenir. Il falloil pour remplir c^t objet détacher de ses intérêts ceux i «voient le plus contribué h sa grandeur, et que par cette ison Ton pouvoit croire qui éloient intéressés k ce que sa i«8ance n'augmenlAt pas par de nouvelles acquisitions qui la issenten état do faire revivre, pour ainsi dire, celle de Charlesuinl. Ce fut l'objet de la négociation qui fut entamée h la Haye Ire le Roi, le roi «l'Angleterre ri la république do Hollande et ni fut suivie du traité de la triple alliance du 4 janvier 1717. iuquiétudc.H que les ministres de l'Empereur témoignbreut celle négociation et les elTorts qu'ils tirent pour en empêcher Mtoeès en proposante l'Angleterre et à ta Hollande de prendre '«utres liaisons, firent assez cnnnoltre leurs véritables dispoionSt €>l que regardant ces deux États comme les plus puissants struments dont ils pouvoienl se servir pimr le succl's de leurs es, ils voyoîoul avec peine tout ce qui pouvoit, en les détachant
des intérêts do leur maître, le priver d'un secours que leprs préventions leur faisoient envisager comme nécessaire contre les entreprises de la France, qu'ils peignoient comme d'autant plus h craindre qu'ils se fondoient sur l'expérience qu'ils avoient faite do ce que pouvoit une puissance qui avoit pu résister contre toute l'Europe liguée.
Si les mesures qui furent prises par le traité de la triple alliance ôtoient à l'Empereur plusieurs des ressources dont il pouvoit dans la suite faire usage, elles n'assuroient cependant qu'imparfaitement le maintien de la paix. La neutralité de l'Italie peu fidèlement observée, les mouvements des troupes de l'Empereur vers cette partie de l'Europe, le bruit répandu partout des desseins que Ton attribuoit à ce prince, les préparatifs qui se faisoient en Espagne, l'expédition même de la Sardaigne, tout faisoit sentir combien il étoit à craindre que le feu de la guerre qui commençoità se rallumer, ne se répandît dans toute l'Europe, aussi longtemps que l'on n'auroit point assuré la paix entre l'Empereur et le roi d'Espagne. Le roi d'Angleterre, touché de cos considérations, proposa même au Roi de vouloir bien entrer dans les moyens de prévenir des maux qui n'etôient que trop à appréhender. L'on éprouva dans le cours de la négociation combien il y avait peu à espérer de parvenir au but que l'on se proposoit si l'on ne changeoit en faveur de l'Empereur la disposition qui avoit été faite do la Sicile par les traités d'Utrecht. Ce fut aussi ce qui détermina à accorder à ce prince un aussi grand avantage, pour pouvoir obtenir, en faveur d'un des fils du roi et de la reine d'Espagne, un établissement qui pût un jour balancer la puissance de l'Empereur en Italie et peut-être même y faire revivre celle que l'Espagne avoit eue dans les temps précédents. Enfin l'on estima que tout ce qui assuroit la reconnoissance du roi d'Espagne comme légitime possesseur de cette couronne cl des Indes, étoit d'une extrême importance pour ce prince ; et d'ailleurs tout ce qui pouvoit fixer les droits de l'Empereur et mettre des bornes à sa puissance sous la garantie commune du Roi et du roi d'Angleterre, paroissoit le moyen le plus efficace de consolider la paix ou au moins d'empêcher que la cour de Vienne ne pût compter sur les secours de l'Angleterre,
►NCnÈS DE l'AMHRAl,
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or»4jiruno fois ollc sornildovenuo garante^ dos traités qui scrvi'iit de bttue ù U trun(|uillilé |Mjli]i(jiii\ rommo on ofTol t'ilo on |nit r^ngAg^nX-^nl par lo truite do hi t[iiadruplo alliiinro rniirlu à Londres !<> 2 août 1718.
LkI difficulté que la cour do Mndrid Ht trarcéderà co traité fut pomlanl quelque lomijs un ohslario ronsiilôrablo au succès di^:^ boiiiios iatontions du Roi cl du roi d'Anglotorro pour la paix; mais ruccession du roi d'Espagne, faite au mois de février 1720, mit enfin en élat de former à Cambrai l'assemblée du congères qui avoil été indiqué par lo trnilé do Loiidros pour rég^lor définitivemont les jiutrcs détails do la paix particulitTO entre lo roi d'Espag^ue et l'Empereur.
Le progrès de cette assemblée a été si lent jusqu'à présonl. bt lravei*sé par tant de difficultés diiréfonles que Ton n'entrevoit encore que peu do jour à la ronrilialion sur les articles (|ui doiveul y être discutés. (Quoique cetlo situation de la négooialiou de Cambrai ne soit pas une des principales raisons qui portent tt Majesté h envoyer incessammonl un ambassadeur à Vienne, ce n'en est répondant pas une dos moindres, [icrsuadé»» quo l.i irésence d'un ministre de sa jiarl no sera pas inutile dans un ,f*mpA où la disscdution du congri'S pou\au( arriver, il s'agira di* exécution du traité de Londres que Sa Majosto n'garde comme a hase et le foudonient dv la tranquillité jiubliquo; et il est aisé it«' Uger que si le Roi, louché de l'amour de la paix, a. cru devoir employer les plus ijrands moyens pour porterie roi d'Espagne h crepler ce traité, Sa Majesté ne ae croiroit pas moins obligée avoir recours à toutes sortes de voies pour empêcher qu'il n'y Il contrevenu de quoique antre part que oo pût êlro.
Mais la situation préseiito de la maison d'Autriche, non
rulemetit par rapport aux atraires de Tinlérieur, mais encore
rlaltvcmenl à celles du dehors de l'Empire; la nécessité d'ôtre
iHtniit des st'ntimonls vl dva dispositions de la cour de V ioiinc
le momonl que la dissolution du congrès arriveroit ; Timpor-
pour le» intérêts du Roi ol plus encore pour ceux du roi
Espag^UL*. de faire sentir k l'Empereur par Tenvoi d'un aiii-
leur près de lui, que l'on ne regarderoit pas la séparation
ifruclueusi' du ronjçrès. si ollc arrivoit, commo un événoniont
qui dût donner atteinte à la paix, ni libérer TEmpereur des engagements qu'il a contractés par le traité de Londres; la foiUc santé du grand-duc ' dont la mort peut d'un moment à Tautre faire naître des matières de discussion avec la cour de Vienne, et plusieurs autres considérations dont il sera parlé dans la suite, ne permettent pas à Sa Majesté de différer plus longtemps le départ du sieur duc de Richelieu, pair de France, qu'elle a choisi pour remplir l'emploi de son ambassadeur, persuadée qu*ayant tous les talents nécessaires pour la bien ser^'ir, il répondra parfaitement aux marques qu'elle lui donne de sa confiance par l'emploi dont elle l'honore.
L'intention du Roi est que le sieur duc de Richelieu se rende à Vienne sans aucun retardement, et que dans la première audience particulière qu'il aura de l'Empereur, comme il est d'usage dans les premiers jours de son arrivée, et dans laquelle il remettra à ce prince la lettre de créance de la main de Sa Majesté, il s'applique uniquement à lui faire connoitre que le Roi, désirant sincèrement d'entretenir la bonne intelligence établie entre Sa Majesté et l'Empereur, n'a pas cru pouvoir lui donner une plus grande marque de ses heureuses dispositions qu'un lui envoyant un ministre revêtu du caractère de son ambassadeur, qu'elle a chargé principalement de lui renouveler les assurances de ces sentiments.
Dans les premières occasions que le sieur duc de Richelieu aura de voir le prince Eugène et le comte Zinzendorf ', il s'expli-
1. Jean Oaston, dernier grand-duc de la maison de Médicis. Il avait, en 1723, i rage de cinquante-trois ans, succédé à Côme III, son père. Il n'avait pas d'enfants et vivait séparé de sa femme. Il mourut en 1737.
2. f Le comte de Zinzendorf est le seul ministre de l'Empereur qui ait été employé dans les pays étrangers. Il a été en France et en Hollande lors de la paix d'Utrecht. Il semble être fait pour la société. Il est paresseux, gourmand, voluptueux, et il a un talent admirable pour mettre ceux qui sont avec lui à leur aise; sa conversation est enjouée, spirituelle, et il se seroit fait généralement aimer s'il avoit été capable d'aimer autre chose que lui-même; mais son amour-propre, sa foiblesse quand il s'est agi de soutenir ses amis et même sa facilité à les sacrifier à ses vues particulières l'ont fait abandonner par les ministres de sa nation, et Tout exposé, dans les commencements, aux vexations des Espagnols. Il n'est ni ferme ni soutenu dans sa conduite, et il a toujours des hauts et des bas. Il est tracassier dans les aifaires, point sincère et fait peu de cas de la vérité. Il s'est uni d'intérêt avec le marquis de Perlas, et cette union qui l'a fait mépriser de sa nation, l'a mis dans les bonnes gr&ces de l'Empereur. » — Rapport de Du Bourg, 13 janvier 1725.