AFFAIRES DE POLOGNE
auriez dû avoir une attention principale, peut avoir dérangé ce projet, vous aurez un soin particulier pour découvrir quel canal la suite de cette négociation prendra dorénavant. Pour cela vous écrirez régulièrement aux ministres du Roi en Saxe, à Berlin, à Ratisbonne, à Hambourg, en Suède et en Danemark. Vous lui ferez part des lumières qui vous viendront de cette cour et profiterez de celle qu'ils vous donneront pour être mieux instruit. Vous les combinerez avec les notions directes que vous aurez pu rassembler par vous-même pour pouvoir plus sûrement former vos relations pour la cour ; et dans toutes occasions vous devez avoir une attention particulière à ne point compromettre les connoissances que vous aurez par les différentes relations des ministres du Roi qui vous écriront. Vous n'oublierez pas aussi d'informer du départ de l'Empereur pour le voyage qu'il doit faire à Graz et de toutes les circonstances qui pourront arriver jusque-là ; mais vous ne suivrez point l'Empereur si on ne vous l'ordonne, et ce sera de M. le garde des sceaux seul que vous devrez savoir ce que vous devez faire à cet égard, n'ayant reçu aucun ordre particulier sur cela.
Il n'y a aucune instruction particulière à vous donner sur le reste des affaires, le congrès tenant tout en suspens, et n'y ayant que ce qui s'y passera d'oii puissent dériver les différentes instructions qui régleront ici la conduite du ministre du Roi. De sorte que ce ne pourra être que des dépèches particulières que vous pourrez recevoir par détail vos instructions sur la direction do votre conduite et sur tout ce que vous aurez à faire '.
1. M. de Buss; resta A Vienne jusqu'à la guerre de succession de Pologne. II partit le 24 novembre 1133.
RBOUBIL DBS INSTRUCT. DIPL.OUAT. I. — 16
La mort d'Auguste- II, électeur de Saxe et roi de Pologne, qui survint en 1733, ralluma la guerre en Europe. La France soutint le parti de Stanislas Leczinski, père de la reine de France et ancien roi de Pologne. La Sardaigne, par un traité du 36 septembre 1733, s'engagea à faire cause commune avec la France. L'Espagne prit le même engagement le 25 octobre 1733. L'Empereur, l'Empire et la Russie prirent le parti de l'électeur de Saxe, Frédéric-Auguste, qui avait épousé, en 1719, l'archiduchesse Marie-Josèphe, fille de Joseph I".
Les Autrichiens furent chassés d'Italie par la France et ses alliés. L'Angleterre et la Hollande s'entremirent, en 1735, pour rétablir la paix ; mais elles n'y réussirent pas. Une négociation directe s'engagea entre la France et l'Empereur. M. de la Baume fut envoyé pour négocier à Vienne des préliminaires de paix ; il les signa, le 3 octobre
1735, avec M. de Zinzendorf. Ils furent ratifiés, le 16 novembre 1735, par les soins de M. de L'Estang, envoyé à Vienne à cet effet. Deux conventions d'exécution furent signées à Vienne, les 11 et 17 août
1736, par MM. du Theil et de L'Estang, au nom de la France. Le traité de paix définitif, conclu par les mêmes négociateurs, le 3 mai
1737, ne fut point donné pour tel, mais communiqué h titre de préliminaires aux puissances dont l'accession était nécessaire pour le rétablissement de la paix générale. Il fut confirmé à Vienne par le traité du 18 novembre 1738 *.
Par suite du traité du 2 mai 1737, Stanislas abdiquait ses prélen-
1. Voir : Négociations entre le Roi et f Empereur Charles VI pour parvenir à la paix, 7 Toliime* manuscriu ; Autriche, Mémoires, XXII à XXVIIL
lions à la couronne de Pologne ; il obtenait, sa vie durant, les duchés de Lorraine et de Bar, qui, après sa mort, faisaient réversion à la couronne de France. L'électeur de Saxe était reconnu comme roi de Pologne sous le nom d'Auguste IIL La maison de Lorraine devait être transportée en Toscane après la mort du grand-duc régnant L'Empereur cédait à don Carlos, infant d'Espagne et duc de Parme, les royaumes de Sicile et de Naples, avec les ports et présides toscans qui en dépendaient, c'est-à-dire Orbitello, Piombino, Porto-Ercole, Monte-Filippo et Porto-Longone. 11 cédait au roi de Sardaigne une partie du Milanais, les pays de Novare et de Tortone. Il recevait en dédommagement Parme et Plaisance avec l'expectative de Guastalla. Enfin le Roi garantissait la Pragmatique Sanction.
L'Espagne l'avait garantie en 1725, la Russie en 1726, la Prusse en 1728, l'Angleterre et la Hollande en 1731, le Corps germanique en 1732. L'héritière présomptive des États autrichiens, l'archiduchesse Marie-Thérèse, avait épousé, le 12 février 1736, François-Etienne de Lorraine, que les traités de Vienne faisaient grand-duc de Toscane, et qui succéda, en juillet 1737, au dernier des Médicis, Jean-Gaston, sous la condition formelle que la Toscane ne serait pas réunie aux États autrichiens et constituerait une secondo-géniture de la maison régnante.
Les traites préliminaires de 1735, le traité définitif du 3 mai 1737 avaient rétabli la paix entre la France et l'Autriche. Louis XT désigna, pour le représenter à Vienne, le marquis de Mirepoix, maréchal de camp et chevaUer des ordres du Roi. L'instruction qui lui fut donnée, M. Amelot étant ministre des affaires étrangères, est do 11 décembre 1737.
ICÊVOIRR POUR SERVIR h'iNSTRCLTION AI' SlEl'R MARQUIS l»K MIRF.POIX ALLiNT A VlOftE EX QUALITE. r/AURASSAIiEl R EXTRAORHINAIRR ÏW ROI Ar?RflS DK l/eMPRAKUR. 11 ItÉlEMKRE 1737, A VERSAILLES '.
Il Mcsl pas besoin de représenter au sieur marquis do !Miropoix la dig^nilt» et rimporlance du ministère auquel le Roi Va dcbliné en le choisissant pour son ambtissatlrur à Vienne: le rang et la considéiution du prince aiijtrf'H de qui Sa Majesté l'oiivoic et les circonslances des allaiies politiques qui seront développées dans la suite de ee mémoire, lui feront assez sentir >uto ta distinetion et toute la confiance dont le Roi Thonore "powr ^^ choix.
Elle le destine h être l'instrument de ce qui se peut opérer plus intéressant pour l'Europe entière, c'est-à-dire l'étahliscwineut d'une intelligence et d'une union aussi durables iju'iii- Imcs entre le Roi et l'Emporeur.
Le but de cette union n'est pas d'alarmer l'Europe, mais iliilùl de maintenir ia trauquilIlLé puliliqun cl de ]irnléger la •li^on. Jamais les circonstances n'ont été plus favorables cimenter cette parfaite intelligence entre 1rs cours de f^rance H de Vienne. L'Emp<'rtnir coiinoîl parfailement T/^quilé principes qui règlent la conduito du Uni. vl la corresponimniédiale qu'il enin'tient avec M. lo cardinal do Fleury U une preuve de la confiance qu'il a dans sa sagesse et son [otlé.
On ne prévoit rien qui doive changer ses dispositions. La puissance des deux maisons du Rourbon et d'Autriche est parvenue, de chaque côté, à un degré qui doit leur faire perdre la
I, Aatriche, Mi^moirfs et Dorumentt, I. VIII : • Nota. — On voit, dAos la lettre
Amulot (In « février I7;J8 au rnnr(]iiia de Mirepoir, que dnns IVspt^tlilioa de
{nutruction. il fut pnr erreur t|unlillé d'ainli.'iSiiniieiir PxtrAOrdinnire et qu'il
'«tôil niiititti»' qu'.'imtiass.nJcur iJj«n« s**» leiircs «le cré.once, ot qu'il avuil l«i»« vorifle
MM. ilo KcKniii^seckr Kinski et Lichlensleiu u'avoieut eu quo lu qualité d'aiu>
untUtir* il«9 rEni|i«reur. n
jalousie qu'elles ont si longtemps eue l'une de l'autre, qui leur a él«' si f.ilalo et qui n'a tourné qu'un pi^ofit des autres puissances de TEurope qui se sont môlùos dans leurs querelles et qui ont ttcquis un surcroît de forces et de cousidératiuii, soil par les avantages de commerco et les possessions qu'elles ont gagnées, soil par l'influence cl l'aulorilé qu'elles ont su se procurer tantôt à la cour de Vienne, tantôt à celle de France.
Ces réflexions ne partent point d'aucune vue, ni d'aucune sorte de désir que le Roi ail dt' faire perdre à ces diverses puissances ce dont elles se trouvent en possession en vertu des traités, et beaucoup moins au roi do Sardaignc qu'à loul autre, puisque Sa Majesté le ret;arde comme un allié quelle veut conserver et favcniser autant que les stipulations faites avec l'Empereur le pourront permettre : étant persuadée que si. contre les vœux de Sa Majesté, il s'élevoil do nouve^iux troubles en Europe, ce prince s'atlacheroit au parti de la France préférabloment à tout autre. Au contraire. Sa Majesté souhaite que ces mêmes puissances jouis.sent de ce qu'elles ont dans une tranquillité qui .soit commune a toute l'Europe, tranquillité qui ne sera jamais troublée par Sa Majesté, à moins qu'on ne la provoque pai' quelque atteinte, soit à ses intérêts, soit à sa gloire : étant également résolue à maintenir la paix et à ne laisser rien perdre à sa couronne de l'éclat qoe le Roi son bisaïeul lui a donné.
11 se trouve aujourd'hui aussi grand qu'il étoit dans lea époques les plus brillunles du règne de Louis XIV, et le pouvoir de la maison de Bourbon est plus que jamais capable àe hulancer celui de la maison d'Autriche, quoique cette dernière, au moyen de la garantit^ que le Roi donne de la Pragmatique faite par l'Empereur sur l'ordre de sa succession , puisse ^ flatter d'une possession permanente et indivisible de tous ses Étals héréditaires en Allemagne, de la Bohême, de la Hongii^' du duché de Milan, encore très considérable, bien que démembre de ce qui eu a été cédé en diiïérents temps au roi de Sardaigi^*^* du ducbé do Manloue, des diirliés de Panne et Plaisance, en^* des ilix provinces catholiques des Pays-Bas; mais c'est cetl« même indivisibilité qui forme l'équilibre de l'Europe e
LA PHAGMATIQUE SANCTION'.
les autrfs puissances contre cr «jn'flli^s pouiToionl 'craindre du pouvoir de la maison de liourl)on.
Il y a encore il considérer tju'en assurant sur une .seule télé tuute la succession de TEmpercur, on n'a rien fait que ce qui iroit eu lieu en cas que ce prince eût été un enfant môle. ^Céloit d'ailleurs une chose très incertaine que, TEmpereur venanl à manquer, et la Franco se croyant en liberté de favoriser ceux qui auroient entrepris de diviser la succession d'Autriche, les puissances les plus considérables de l'Europe, et même plusieurs de celles de l'intérieur de l'Empire, ne s'opposeroient point ù ce partage. Ou se llalleruit si l'on pensoit que la société des nations en Europe ne voudra pas loujouis voir vis-à-vis de la France seule, h plus forte raison de toute la maison de Bourbon, une puissance capable de lui résister. Ce qui s'est [Misse pendant les deux années qu'a duré la derniiire guerre, où toute l'Europe, a Te-xception de la (izarînc ', a laissé l'Empereur soutenir seul la guerre que le Roi, le roi d'Espagne et le roi de Sardaigne lut faisoiont, ne doit point être tenu pour un exemple. Tout le monde au^'-uroit à peu [iri-s jusqu'où Sa Majesté et ses alliés vouloient aller; peut-être s'ils avoienl voulu passer ce point, se seroit-il bientôt formé en faveur de l'Empereur une ligue «pii auroit rendu lu guerre générale; on ft du moins reconnu que l'Angleterre et la Hollande auroient souhaité que les couronnes alliées n'eussent obt<"uu que des avantages Irîîs inférieurs à ceu,\ que le Roi a su leur procurer en traitant la paix directement avec l'Empereur.
Cependant les cours de Madrid et de Turin ont affecté et affectent encore de n'en être pas satisfaites. Les vues de la reine d'Espagne* sont si anihilieuses qu'on ne doit pas se flatter que son mécontentement soit [iromptement apaisé.
Quant au roi de Sai'daigne, il n'est pas à supposer, malgré ce quo portoit lo traité de Turin de 1733 par lequel il s'allia
t. .\nnn Itanovna, duchesse de Courl.indf, nii'ce d»? Piorr«" le Oniml. Aj>}»rl*?i« •n 1730 a «ucot'der h Pierre II, elle avait pri* le parli d'Aujfustc III, d'accord avec l'Autricbo : troil*^ du 8/10 août 1733. — Martrns, Ttxiitéit tic l'Autriche et de la Buirie, 1. p. (O.
S. RltMibath P.nruè8e, née en 1092, «econdo femme de t^hilipptf V, taire de Don Culof, rot do Nuplea et de Sicile, par les traiUM de ITIS ««l 1137.
LE MAHQl IS DE MIREPOIX, 173"
avec lo Uoi pour la dernière {jfuorro contre rEmporeur, ftit jamais rompt/' fjuo le reste de l'Europo laissBroil r4»lU» guprro durer vi prospt'^rpr assez en faveur dea couronnes alliées pour que l'empereur fùl ivdiiil ;i lui céder le Milanois en enlier, 11 est trop éclairé pour ne pas savoir qu'un l'Ual de celle importance ne change pas aisément ih maître et qu'il arrive bien nu'i'nn'Ut des révolulious semblables à celles de la guerre (jui procura le titre de roi et le royaume de Sicile au roi son père. Il ne sauroit aussi se cacher que, dans lo môme temps que véritablement il s'est conduit à l'éirard du Roi en allié fidèle el ferme, il ne s'est pas conduit en allié complaisant ni facile: trayant jamais voulu non plus que la reine d'Espagne fasse céder les mouvements de leur anlipalhio et jalousie réciproques aux partis ipii aurnient été à prendre pour réduire plus proraplemeiit l'Empereur qui étoit alors Tennemî commun. Il est donc permis de croire quliiténeurement il rend justice au Roi et reconnoît que Sa Majesté ne veut faire attention qu'à la fidélité qu'il donne lieu d'attendre de sa part dans une continuation d'union avec clîe. Le lloi se prête autant qu'il est praticable aux difficultés qu'il forme sur une espèce d'accession de su pari au traité général et formel de paix qui lui a été communiqué eo projet ' ; elles pourroient être moindres ou moins long;temps soutenues de la part d'un prince tel que le roi de Sardaîgne qui, uu bout d'une guerre de th'ux ans pendant laquelb; Sa Majesté u mi* et tenu plus de quarante mille hommes sous son commandement et lui a payé des subsides considérables, acquiert par ce trait deux dislrii'ls jn-incipaux du Milanois à sa bienséance, la Mip^ riorilé terriioriaie des liefs des Langhes et d'autres avantage»
1. I^ trnité paient et définitif, identique d'ailleurs à celui de 1737, ne fut âff que le S uovemlire <738. La SardaijÇ^iie n'y ncc(^i)a qu'en f«'vrier; TEspa^'oe et Napl* qu'en avril 17119. La Sanlait'ne avait signé un armistice le 22 féi-ricr I73S. contestations entre l'Empereur et le roi de Sardnigne, Chnrles-Emmanuel, venai «le l'exc-rution du traita relativement aux cessions promises dans le ililanïJ»^»' Charles-Emmanuel cherchait à les c'tendre et réclamait des territoires que l'E pereur pr<''ltiu<lail retenir soit dirociement, soit à titre de flef.
2. « Il (le roi de Sardaigne) aura de plus la suzeraineté territoriale des te de Lnnghes, confomii^ment à la liste pi-odiiitc par le commandeur Solari en 17.'<3« Article iv du traité de 1736. — Voir dans J. liousasT, XIII, p. 429, la liste de fiefs.
AFFAIRKS D'ITALIE.
Mais, encore une fois. Sa Maj^'sU'- v(mU lo favoriser, et c'esl ce qu'elle coniliniiera do faire dans les points qui roslont à n'^g^lcr entre ce prince et iu cour de Vif^inc. L'un est la {nvlentinn de la forteresse de Serravalh^ qui. dans révacuation que les couronnes alliées ont faites au Milanois, est demeurée au pouvoir du roi de Sardaiyne'. Il prtH«»n(l la ronsorver comme fuis4int corps avec le Tartonois, ri l'Empereur la réclame comme en étant séparée et distincte. Il a été dit entre le Roi et Sa Majesté Impériale que cela se déeideroit par les preuves; que si elle est reconnue pour faire partie du Torlonois, le roi de Sardaipue la gardera; que si elle ne l'est pas, elle retournera h TEmpereur.
Un autre point est le règlement des limites des pays que la cour de Vienne vient de céder au roi de Sardaigne; on ne sait pas pourquoi il n'y a pus encore été procédé, quand après bien des instances au nom de la cour de Turin, fortifiées d'office au nom du Roi, celle de Vienne a choisi, il y a déjà plusieurs mois, ses commissaires. Si TalTairc n'est pas en train lorsque le sieur marquis de Mirepoix arrivera à Vienne, il ne tardera pas à Atre pressé par le comte ('anale, envoyé du roi de Sardaigne, de solliciter rassemblée «les commissaires respectifs ; il ne le sera pas moins d'appuyer les prétentions des Piémonlois toute.s les fois que, dans la discussion > il s'offrira des points que ces commissaires croiront ne pouvoir terminer par eux- QiAmes; et il y en aura plusieurs dans ce cas, même de très peu de conséquence; ils seront également disputés par les Impériaux qui. peu contents de ce qu'ils ont été obligés d'abandonner au roi de Sar<l<ii^'ne, se feront un point d'hoimeur de ne plus avoir aucune condescendance pour ses prétentions, et do ne lui laisser, autant qu'ils le pourront, ce qu'ils lui ont cédé, «jue dans un étal de contrainte et d'inquiétude pour lui. L'ambassadeur du Roi doit se prêter à la réquisition que lui fera de
I. L'orlicld IV ilos |)rélimittaireB de IISS portail que lo roi dv Sardaignc aurait te N'ovaraU *n l*Torionai»i, ou le Tortonais et le Vigocavasquo, A son choix. Il choisit Ifl N'*w»rai« «t lo Torlonnis, qui lui furent cédé» par diplùme impérial du 0 juin 1730. (Juftnt à 8t>rrAvaII«<, il s'agiaeait d« savoir si ccUu place faisait ou non punie du TorumAia.
SCS offieos renvoyé du roi dr Sanlaif^ne. ol les lui rendre pro] lionnes il cv qu'il rcconnoilrii de droit H de raison dans ce ilonl il sera questiun.
Ce prince est 1res bien fondé dans la répélition qu'il f&il depuis si longtemps <les papiers et des écrilures du Monlfcrrat. aussi bien que de ceux des partions du Milanois qu'il a acquises. A cet ég;ard, le sieur marquis de IJirepoix ne doit pas craindre d'appuyer la demande que fera le roi de Sardaigne pour l'eiéculion des engagements si anciens, si positifs el tant de fois renouvelés, que la c^>ur de Vienne a pris à ce sujet.
il y aura un peu plus de mesures à obsencr dans l'appui à donner au roi de Sardaigne sur les questions de limites; car. outre qui! sera possible que le droit ne soit pas toujours entièrement pour lui, il arrivera plus d'une fois qu'il insistera sur des points très peu essentiels avec ta même vivacité que sur les articles les plus importants : son inquiétude du voisinage <1»" TEmporour lui faisant regarder les moindres choses comme d'une extrême conséquence.
Au reste, sur ce qui vient d'être dit, l'ambassadeur du Roi se fera facilement une juste idée du procédé personnel qu'il doit avoir avec l'envoyé du roi de Sardaigne : il n'est pas revenu qu'il ail encore mis, dans l'exercice de son ministère, beaucoup plus d'activité qu'il n'en avoit apporté jusqu'à ce jour, où il n'a pu ignorer que le Roi et l'Empereur étoient convenus, au moins en projet, d'un traité de paix définitif et propre à devenir général. Il se renfermoit alors à parler quelquefois aux minisln'S de l'Empereur, de îa convenance ou nécessité do faire assembler les commissaires pour le règlement des limites; il priscntoit quelques mémoires sur les papiers que la cour A<} Vienne doit restituer et réquéroit du la personne qui étoit alors de la part du Roi auprès de l'Empereur des représentations aux Impériaux plus fortes et plus fréquentes qu'il n'en faisoit luimême, disant que cY'toit à Sa Majesté à faire consommer tout ce qui concernoit lo roi de Sardaigne.
Quoique ces propos, aussi bien que le véritable intérêt de son maître et ce que l'on connoU des sentiments de ce prince pow l'Espagne, doivent faire conclure que le comte Canale accordera
LA S.VHDAir.NK ET L'ESPAGNE.
«on atlpnlion ot su contiaiici', sinon iiiiiqm'iiu'nt. .iii moins principalement au ministre du Roi, il ne soioit pas sûr île lui faire confidence des choses que l'on ne voudroit pas qui revinssent uu comte do Fuenclaru ', ambassadeur d'Espa{:^np, aver lequ»d il parait un peu plus étroitement uni qu'avec les autres ministres i^trangers. Il s'est m^-me assez lié de société avec «ne dame de la maison de Lan cnstein, veuve d'un comte de Starhemljerjir, qui fait aux autres dames les honneurs chez l'Espagnol; c'est nue |M^rsonne qui, avec assez d'esprit, quelque talent do raisonnement sur lt»s affaires, beaucoup de connoissanee de ce qui se jiasse à la cour, des liaisons ou parentés avec tout ce qu'il y a de gens de la première condition, a la facilité et riiabilude de parier beaucoup, et de tout le monde en bien ou en mal, à proportion que les choses et les personnes lui plaisent ou lui dépluisenl.
L'ambassadeur du Roi doit, selon l'étal présent des choses, trouver à Vienne loule préféreiict- d\\slime, de confiance et de tomplaisanc4^ sur Tambassadeur d'Esfui^ne qui y est présentement. Il n'y a pas encore donné une idée fort avanla}=;euse de son caractère et de ses talents qui n'ont nullement brillé dans la façon dont il a jiroposé, presque eu arrivant, le marîa^'^e du roi des Deiix-Siciles avec l'archiduchesse tleuxième fille de l'Kraperenr*. Quoiqu'une proposition de cette nature, quand même un no voudroit pas l'écouter, doive concilier jdulôl qu'aliéner les cu'urs, néanmoins elle n"a aucunement réussi au comte de Fuenclara, non plus que le parti sans exemple qu'il a pris de faire notifier en forme sou arrivée au baron de Rartensleiu ^\ référendaire de la Conférence, de la même manière qu'aux minisires et conseillers d'Etat et d'aller riiez lui. Ce dernier, tout vaîn qu'il est, sou» un extérieur et sous des propos pei -péluels de modeslie, a été embarrassé de ces démarches du comte de Fuenclora. Il veul bien et même il aime il voir tous les joui'S autour de lui,
J. AnbOMatlflor il'Sspacne à Vioaoe.
M^e-Anuc, o«e le 14 scptombra 1718, stifur cadetto de Marie -Thi-rèftC.
Duteiul«m, ne A SlnulMiurg ta 1689, flU d'un profctneur, viut ix Vienne on
'1714, fat |iUeé par .Starbnmberg a In ohancollerio Jea nffaim «XTAnK^^rns ei r<»çul In
Ixttn do rvfcreodiiiro du cihinrl. Ciilail par »ùii euU'i'miafl qua l'Eiupcreur, qui u««
tvatuil les aflrair«a quo par ècni, convApondait avec se« tuiaistrck. II fut ftùt hitrua
tns «1 mourut «o 1161.
.E MARQUIS DE MIHEPOIX, 1737.
dans los hiMiri\s de distraction ji son travail, tout ce qu'il y a do iniiiislrus «Hiariicers du second ordi'e que de personnes <!•' considéralion briguant \va charités el le» emplois; mais il paroil jug^er que le temps n'est pas encore venu d'assujeltir les personnes de la haute noblesse à pratiquer à son égard, avec Formalité, les m<^mes devoirs el les m^^mes usages de société qu'elles observent enire olles. Peut-être soubaitcroit-il intérieurement que les ambassadeurs, pour\u qu'ils le laissassent, au moins duraiil quelque temps, se faire un mérite de la répugnance qu'il y témoigneroît. voulussent imiter le comte de Fuenclara; mai», quels que soient les égards, les alteulions et la contiance que le Roi recommande à son ambassadeur pour le baron de Bartenstein, Sa Majesté ne veut pas qu'à l'extérieur il fasse rien au delà de ce que les ambassadeurs, jusqu'îi la démarclip du comte de Fuenclara, ont pr!itii|ué jusqu'il présent à Tég^ard du référendaire. Celui-ci doit être roulent quand le sieur marquis de Mirepoix lui prouvera, plus essentiellement que par des démarches que l'usage n'a point encore autorisées» les sentiments trestime et d'affection que le Roi a conçus et conseno pour lui, et que doivent lui allircr la coniiancc que l'Emperctir a en lui et le digne usage qu'il en fait, (i'est ce que l'ambassadeur fera en donnant à cnnnoîlre au baron de Bartenstein qu'il est résolu, par un elFet tant des ordres du Roi que de ses sentiments personnels, k être toujours avec lui dans une inlelligence et correspondance, moins apparentes à la vérité que »n communication avec les ministres à qui les formalités demandent qu'il s'adresse, mais qui seront plus intimes et plus remplies ilc confiance. 11 faudra laisser le baron de Bartenstein choisir el prépan^r la voie de cette correspondance. La plus naturelle paroît jusqu'il présent être celle du secrétaire du sieur marquis de Mirepoix, Le référendaire, après des représentations souvent réitérées de l'importance, à son aNis, que l'ambassadeiu' du Roi soit dans un concert parfait avec lui, a, pour ainsi dire, exig« comme la plus sensible marque que l'on lui puisse donner de l'union el de l'intelligence dans lesquelles la cour de France se propose d'agir désoraiai» avec la cour de Vienne, que l'on 1"' délinîl dans le vrai ce secrétaire do l'ambassadeur du Roi. l'I
:a cour de vienne.
qui» Ton lui fit sentir le juslo point oii il de\Ta porter la confiance et 1(1 confificnce î'i son égard.
Il n'a accordé ni Tune ni l'aulre au sieur de L'Eslang, demeuré à Vienne, chargé des affaires du Roi depuis le départ de la personne qne Sa Majesté y u emiddyée puiii' frs roiivenlioiis sur rcxéculion des préliminaires et pour conclure le traité définitif. Le sienr de L'Estang n'a pas réussi à se coticilier le goût du Itarou de Bartenstcin. ni peut-être celui des ministres de la Con> férence. Cependant le marquis de Mirepoix en quelque situation qu'il trouve le sieur de L'Eslnng auprès du miiiistÎTc de l'Empereur, aura Tatlention de paroîtn* avoir de la considération jjour lui durant le temps qu'il le retiendra à Vienne.
Ce temp», après lequel Tambassadeur du Roi le laissera partir pour revenir en France, paroît no devoir être autre que celui qui sera nécessaire au sieur marquis «le Mirepoix pour recueillir do lui les notions que l'on ne peut faire entrer dans ce mémoire, de l'élnl momentané de la cour de Vienne.
11 se fera rcmotlro par lui tous les papiers qu'il a, el qui consislenl non seulement en ce que le sieur do L'Eslang; a écrit elrcru depuis le 22 mai do cetle année, mais encore on tous ceux de la négociation d'exécution des préliminaires dejjuis le 1" mars jusqu'audit jour 22 mai. Il sera fait, par le sieur de L'Eslang et par le secrétaire de l'ambassadeur du Roi conjointement, un état de CCS derniers, afin que dans la suite ils puissent être rendus dans leur totalité à celui de la uégociatiou de qui ils font partie cl remis ensuite avec tout le reste au Dépôt général des affaires éti'angères, conformément à ce qui a été ordonné par te Roi, et dont U convient que le sieur marquis de Mirepoix soitaverti, que tous les ministres de 8a Majesté, de quelque rang et caractère qu'ils soient, à leur retour des pays étrangers, déposent ainsi tous leurs papiers.
La remise que le lloi veut qui soit faite au sieur marquis do Mirepoix de ceux dont il vient d'être fait meutiou, exemple d'ensr dans ce mémoire on beaucoup de détails sur divers points d'affaires, les unes plus, les autres moins importantes : lambassailiîur du Roi les y verra expliqués. Il y reconnaîtra dans quel esprit
Sa Majesté par rapport à chacun de ces points.
im
\.i: MARQUIS DE MIREPOIX, ITT
La piî'cc la pîiis impoilanlo à riiislriiclion du su-ur deur, qu'il y Iroiivera, est lacopio du traité dufiDilif; les ilrprilies iinniriliatcs SI lu date de cet acte, qui est le 2 mai. loi exposeront les motifs de rliaque article, comme aussi de Tinsertion qui y a rli^ faite de toutcH les déclaralions, conventions, cessions, en un mol d'actes de toute nature qui ont eu lieu depuis les préliminaires jusqu'à la formation de ce traité, lequel, quoique signé formellement et même ratifié par le Roi et par rEmpercoTt en attendant qu'il puisse l'être aussi par la diëtc de l'Empire, d'& jHMiit é[é avoué lel, mais seulement pour un projet, dans la cooh municatioii qui en a été faite, soit h ces mêmes parties iuléresséeê, soit à TÂnglelerre et à la Hollande : dans la vue de lui acquénr rinlervention de ces deux puissances qui, à la vérité, n'est pas absolument nécessaire, mais qui ne laisseroitpasde donner quelque degré de stabilité de plus aux dispositions qui y sont faitesde divers Etats.
Les couronnes alliées do la France ont fait connoitre qu'elles ne prendraient point part à ce traité comme parties principales, et qu'elles se contenteroient d'y accéder par rapport aux article* qui les intéressent.
L'adliésion du roi de Sardaigne aux articles préliminaires ayant été beaucoup moins restrictive, moins contrainte, et moins éloignée de l'esprit d'union avec son allié el de celui de réconciliation avec s(»n ennemi, que ne Ta été celle des rois d*Espa|;iif t't des Deux-Sieiles, son accession au traité définitif, tout imparfaite qu'elle sera, pourra être regardée comme s'étendant ù tnul ce qui n'est pas purement engagement personnel du Roi el Af l'Empereur, l'un envers l'autre, puisque, tout bien examiné, le traité définitif n'est qu'une extension des préliminaires, onpouiroitmème le qualifier d'une exposition de tout ce quia éttfa'l pour leur accomplissement.
11 n'en sera pus de même des accessions du Roi Catholique l'I du roi des Deux-Siciles. La cour de Madrid, qui, malgré l'uiBOur et l'inclination de son maître pour sa maison et pour sa pali"'^! n'agit que suivant les idées que la reine d'Espagne se forme pour l'élévation des Infants ses fils, s'est montrée également mécontente et de la fa(,-on dont les préliminaires ont été négociés tloi'i