‹ AustricheChapitre 83 sur 179 · L'ESPAGNE · texte numérisé non relu

L'ESPAGNE

imuons qui soiil stipulées. Celle princesse semble êlre persun- <lée qu'il ne doit y avoir en Europe do négociations et de mouvements susceptibles de rintervention de l'Espagne dont le résultat, reffel et les avunla^'es ne doiveuL être absolument et prinripalement en faveur des Infants, et que ses alliés sont dans l'oblif^alion de la soutenir dans ses prélenlions les moins fondées. Pour peu qu'ils s'écartent de ses vues, elle se croit exempte de leur pnitor aucune sorte do g:araulio et do concours aux stipulations qui le» intéressent, puisque raccossion qu'elle olFre pour les parlie.^ du traité qui roneernent le Iloi Catholique el le roi des Deux- Siciles seulement, porte les expressions do In plus excessive précaution pour que l'on ne puisse jamais supposer que ces princes prennent la moindre part à ce qui intéresse soit le Roi, soit le roi de Sardaigue. Eu un mot, la dernière accession mérileroil au plus le nom de confirmation des actes qui ont établi la cessalinii des hostilités entre l'Empereur el LL. MM. Catholique et Sicilienne, et des cessions des royaumes do Naplea et Sicile et ports de Tosciinc d'un côté, dos iluchés de Parme, Plaisance et Toscane de l'autre.

Quelle qu'elle soit, le Roi veut faire on sorte que la cour rie Vienne s'en contente. SaMajesté seroit plus intéressée que TEmpereur h exiger davantage, et à ce que des princes de sa mai.son ut SCS alliés accédassent h ce qui a été statué dans le traité en faveur de lu France et du roi de l'olognc Stanislas l"^ ; mais elle veut dissimuler ce procédé qui n'altère en rien la disposition, où elle est et sera toujours, k soutenir ce qui vient d'être fait en faveur du roi des Deux-Siciles. Outre qu'elle voit en lui un prince de la mai.Hon de Bourbon à qui elle prêtera en toutes occasions un appui dont malheureu.senieul (a Reine Catholique sa mère ne veut pa.H prévoir le besoin qu'il aura aussitôt que les vicissitudes ordinaires dons les affaires politiques ne la laisseront plus avec le pouvoir d'épuiser l'Espagne pour l'agi'antlissemeut et le maintien de ce prince. Sa Majesté ne permettra jamais que l'Empereur, ou qui après lui auront recueilli la succession d'Autriche, portent la moindre atteinte à rétablissement de l)ou Carlos un Italie, tel qu'il esl aujourd'hui.

La cour de Vienne n'ignore pas ce système du Uoi ; ainsi il no

sora pas bosoîn que le sieur marquis de Mirepoîx prenne ii Irop mar(jué tlo s'en ('xpHijnei; il suflira, s'il s'apercevoil qiion affeclAt de l'oublier, d'en rappeler le souvenir. Il ne poarra guère éviter d'entendre parler peu favorablement de la façA>n de procéder de la cour d'Espag^ne à l'égard des diverses puissaaces, surluul du Roi el de l'Empereur. On lui peindra souvent la Reine Catholique avec des traitai plus chargés que ceux qui vienneDl d'être tracés dans ce mémoire. On prétendra que, la cour de France enfin bien unie avec colle do Vienne, le Roi n'a plus k penser ni a^ir difFéremnient de l'Empereur pour mettre et leuir l'Europe, parlicaiièreraent ritalic, en sùrelé contre les projets de cette princesse. Il n'appartient pas à l'ambassadeur de Sa Majesté de s'étudier à justifier la reine d'Espagne : cela ne seroit ni aisé ni bien placé, eu parlant à un ministère avec qui il a été impossible, depuis la signature des préliminaires, de ne pas convenir que cette princesse n'avoit pas le même esprit de modéraliou, de pacification, de conciliation et d'union que le Roi et l'Empereur. Ce n'est pas à lui aussi à la con<lamner dans une cour à qui le Roi ne voudroil pas laisser la liberté d'agir contre l'Espagne, ni contre le roi dos Deux-Sicilcs; et ce seroit, en quelque façon, jeter Sa Majesté dans ce cas, si son ambassadeur applaudissoilaui plaintes que le ministère de la cour de Vienne peut faire de celle de Madri4l. L'objet du sieur marquis de Mircpoix sera de ramener les esprits à la nécessité de s'entendre, pour tirer amiablemenl de l'Espagne le meilleur parti qu'il sera possible.

Il apportera tous les soins qui ne corameltronl ni son caractère, ni sa personne, pour met Ire le comte de Fuenclara dans lelorl.sll se passe entre eux quelque chose qui ne convienne pas au commerce et a l'intelligence qui naturellemeut devroiont subsister entre les ambassadeurs de doux puissances de la mémo maison. Sa Majesté ne désapprouvera point que le sieur miu'quis de Mir^ poix prévienne, par toutes sortes de politesses et d'alteutious. le ministre du Roi sou oncle, pourvu qu'elles n'aillent pas jusquà lui céder la préséance dans les occasions où les rang^s doivenl èlre observés, ce que Sa Majesté ne pourroit jamais souffrir.

Entre les divers ordres qu'il reçoit et recevra du Roi, il oy en a et il n'y en aura jamais dn plus absolu que celui que &û

PRÉSÉANCES. iol

Majt'Mc xjriii iiv lui donner pour ri'tlp pri'séante à maiiilenir sur l'anibassadeur d'Esj>a^ne, ordre un surplus qnl s'étend à ceux de qucdqup autre couronne que ce soit, ne pouvant jamais y avoir h la cour de Vienne de ministre à caractère égal, qui doive précéder celui du Roi, que le nonce do N. S. P. le Pape.

Le sieur marquis île xMirepoix ne sauroit voir, comme ambassadeur du Uoi, le grand-duc de Tos<'ane. 11 seroil trop rigoureux d'exiger de ce souverain, gendre de TEmpereiu', tout ce qu'il devroil en fait de cérémonial à un ambassadeur de Sa Majesté, et il seroil impraticable de rohleiiir. Li- .sieur marquis de Mirepoix se réglera pour les attentions à lui marquer et les compliments k lui faire pan enir eu certains jours et certains événements intéressants pour lui, sur ce que le nonce pratique; ce dernier lui donnera volontiers et <lans la plus grande exactitude, les connoissances nécessaires en tous points de cérémonial, cl le sieur marquis de Mirepoix peut se régler avec confiance sur ce qu'il apprendra de lui : ce ministre ne pouvant avoir aucun intérêt il cacher rien à l'ambassadeur du Roi <le ce qu'il est en droit d'exiger ni à l'engager dans aucune fausse démarche ou prétention non fondée.

Quoique le sieur ambassadeur du Itoi ne doive point, comme tel, se trouver avec le grand-duc, il peut le voir comme particulier et instruit des sentiments <lu Roi a son égard. Sa Majesté veut bien »{u'ils lui soient témoignés plus remplis d'atfeclion pour sa personne et d'envie de contribuer à ses avantages qu'il n'auroil le droit de les attendre, n'ayaut eu aucun temps marqué d'attachement pour Sa Majesté ni pour sa couronne, et ayant Ruivi dans toutes les circonstances de la cession et de la remise des duchés de Lorraine et de Bar, les idées et les conseils de ministres difticultueux, iiibabilcs, ou non accoutumés à traiter de grands intér«Ms, enlin ouverlemeni déclai-és contre celte cession. L'ambassadeur tlu Roi doit éviter de donner à ce prince le titre de duc de Lorraine; quoique, par la convention qui a été failo, il soit en droit de conserver tous les titres, cependant il ne convient pas que nous lui donnions celte dénomination. Il n'y aura pas vraiscmhlablemeiil de difficulté à col égard. Il parolt, jKir ditférents mémoires qui sont venus de la cour do Vienne, que naocBiL un» iMA-rnucT. utru>ttAT. i. — 17

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LK MAHUl IS DK MIUKIHMX, IT.»7.

ce prince y t^st qualifié de grand-iluc ou de Son Allewe Royale àv. Lorraine.

Il se réjirlera pour le cérémonial à l'égard de la prinresao mq épouse sur les écifiirciasemenlH que lui donnera le nonce, et sur ce que ce minislre du Pnpe fait lui-même. Il semble qu'outre les attentions de la pari des ambassadeurs, qui sont communes à lu g^raude-diirhesse avec les autres archiduchesses fille et srrnrdc TEmpcreur, et qui consistent à envoyer chez elles faire un compliment adressé h la grande maîtresse de leur maison dans de cerfaiiis jdin's et de certaines occasions, ils ne lui rendent aucun honneur de plus, que de ne pas faire difficulté d'assister aux dîners de cérémonie de Leurs Majestés Impériales, quoiqu'elle se trouve il table avec elles. Au reste, le sieur marquis de Mirepois évitera, autant qu'il pourra sans trop d'affectation, de donnera la jeune prJni^esse fille du ^rand-dtic. la dénomination de princesse de Lorraine. On ne pourra lui rien reprocher lorsqu'il ne rappellera ipie tu princesse.

11 reste des choses h terminer en Lorraine et pour lesquelles il y a deux diverses assenddées de coniuïissaires respectifs, une pour la liquidation des dettes, l'autre pour le règlement sur k'» limites, les terres enclavées et celles possédées par indi^^s. Lo sieur marquis de Mirepoix connoîtra, par la lecture qu'il feradi» traité définitif, où se Irouvt» insérée la «onvenlion de la Lor— ruine, ce dont il est préci-sément question. Il seroit inutile de lu ■ faire, dans ce mémoire, uni' exposilion détaillée de l'état de ces* affaires qui ne seroit plus le même à son arrivée à Vienne, purl^ prog:rbs que les eomniissaires peuvent faire chaque jour daii^ ^lenr travail. Sa Majesté jnp;e seulement h jiropos de lui déclare qu'il faut qu'il fasse en sorte que les discussions dans IcsquelK' la cour de Vienne i'engageroit. de môme que celles que les évi ncments de ce travail des commissaires porleroient Sa Majesté le charger dentamer, se jtasscnt toujours entre lui et le ministèfi de l'Empereur, et jamais entre lui et les Lorrains. L'ambassadea du Roi ne sauroit ne pas écouter le grand-duc, mais il se for un système de ne lui répondre jamais que généralement et de a point enj-'ugcr de négociation avec lui ou avec ses conseillers.

Le mémo ordre de Sa Majesté a lieu pour ce qui concerner^^*-

(RtS l)t LOUHAINK.

arranfremonl nu racrommodomenl h faire entre réleclrire palaliii»-* ' H lo jrrund-duc , supposé quil no soil pas consommé «u temps do rRrriviie du sieur marquis de Mirepoix. Dans ce cas. le Hoi lui feroil iiientftt purvenir des inslruetions, qui, formées sur l'élal momentané de l'affaire, lui serviront beaucoup plus jue celle.H que Sa Majesté pourroit lui donner aujourd'hui. Il

iflit que le sieur marquis de Mirepoix emporte avec lui la loniioissancc du fond des intentions du Roi, qui sont de concilier, s'il est possiblo, avec les convenances du gnmd-dnr la satisfaction de rélectrice dans deux choses esseiitiflles jnMir «ineprincosiic de son raiijj cl de son Age, et qui sont la dignité el la tranquillité de son état.

Quoique Ton ne sache pas encore si le marquis llartholomoi'. qui réside depuis tant d'années auprès de l'Kmpereur en qualité denvftyé «les deux derniers prands-dufs. exerce lu pari qu'il a sans doute dans les discussions à Vienne sur cet arrangemejjL ou accommodement, comme agent de Télectricc ou comme sujet du nouveau g;rand-duc, le sieur marquis de Mirepoix doit parollre persuadé que ses intentions et ses démarches ne ti'ndeul qu au bien de son pays, de rélecLriee, «le son nouveau maître, et au plu» prompt succès des vues el des désirs salutaires du Roi ut de l'Empereur; eependnnt il un le reg:ardera pas comme rinstrumenl lo plus propre à en priKurer le suceès. Le marquis Bnrtholoraeî a une sorte de considérai ion dans la cour el à la ville de Vienne, acquise moins par les talents et le brillant de t esprit que piu* la façon dont il y a vécu avec des mœurs douces el fariie.«. Il a l'extérieur et le langage de l'homme du monde le plus franc; cependant il ne faut s'y fier qu'avec précaution. Le minislrre de TKaipereur, el surNml le baron de Barlensiriii, lui a reproché d'avoir gâté l'allaire en (pu^stion, commencée plu- »ieui*s mois avant la mort du deniier grand-duc, en traitant plus qu'il ne l'auroil fallu avec les Lorrains. Il est sûr qu'il éloil

1. Anno-Siari(sLouitf) do Tosciuit!, i'lectnc«> |iiilatiuo du Ilhin, fllle (la Co*me Ul Im vrur ilu UernUr prnml-iluc de* XfedîcM, Jfnn-iVaf.ton, niounit en 1742 ou iusti- ■tiuuit le aouvAau graiid-tluc. Étieum«-Pranct)i« d« Loriainis «ou li«rilicr universel.

i. Enroye par Coanic 111 coiumc minisU'c deTMcano u Vionn*. — Voir Rxvkont, GrKhtcAte Tntrima'*, II, p. 20.

difficile de la bien conduire par cette voie, particulièrement à un homme qui, à l'obligation et au désir de concilier la satisfaction du grand'duc et celle de Télectrice palatine, joignoil Tenvie et le besoin de ne pas déj[)laire au prince qu^il voyoit si près du moment de devenir son maître.

Avec le marquis Bartholomei, s'il a déjà pris le personnage de sujet du grand-duc, il n'y a guère à considérer, dans le conseil et dans la suite de ce prince, que les barons Jacqucmin et Pfischner, le sieur de Richecourt, qui faisoit le rôle principal dans ce conseil, étant à Florence'. Le premier, qui a le caractère d'envoyé du duc son maître auprès de TËmpereur, est en discrédit et presque en disgrâce. Les ministres do l'Empereur veulent qu'en France l'on soit persuadé qu'il n'est tombé dans cette situation que pour n'avoir pas été aussi contraire que ses collègues à la cession actuelle de la Lorraine, Us souhaitent . que le Roi et le roi de Pologne l'aient, ou du moins sa famille, en recommandation.

Le baron de Pfischner', qui apparemment, depuis l'absence du sieur de Richecourt, prévaut dans la direction des résolutions du grand-duc, est celui dont les ministres de l'Empereur se servoient, il y a déjà plusieurs mois, pour les insinuations à faire à son maître. Ils étoient tous également rebutés du sieur de Richecourt; le baron de Bartenstcin avoit même supplié le grand-duc, duc de Lorraine alors, de ne lui plus envoyer ce personnage pour parler des intérêts de Son Altesse Royale. Le baron de Pfischner apportera toujours, en parlant à l'ambassadeur du Roi, tous les termes d'un homme qui connoît la distance infinie qu'il y a de Sa Majesté au duc, mais s'il n'est pas homme faux, il a le malheur de passer pour tel dans l'esprit de beaucoup de personnes. Il paroît avoir de la déférence, de la docilité même pour le comte de Zinzendoriï.

1. Le comte de Richecourt, né à Nancy en 1694, conseiller d'État sous le règne de Stanislas, président du conseil de Lorraine, appelé à Vienne en 1735 pour les négociations de rechange, et plus tard envoyé en .Toscane. — Voir d'Haussoxvius, Histoire de la réunion de la Lorraine à la France, IV, p. 424, et Rbumomt, p. 10.

2» Pfischner, Allemand de naissance, avait été sous-gouvcmeur du prince François de Lorraine, devenu grand-duc de Toscane. — D*HaU8son ville, IV, p. 364.

I,A COTR l)K VIENNE.

Ce ïlernicr, li' plus ancien ministro d(* la confêrcnco, est celui r|ui imrit* ot Irailo le plus avec le grand-duf. Tl semble que le grand-duc a plus de rnnfianre on lui qu'aux comtes de Slarhember^, dliuiracli el de Kœiii^seck.

Le référendaire n'avoit pas à beaucoup près, il y a quelques mois, acquis la confiance et l'affection de co prince, «jui lui imputoit d'avoir été trop ardent promoteur de la cession de la Lorraine; néanmoins il ne laissoil pas de l'appeler quelquefois, comme si sa personne lui avoit été ag^réable, et de lui envoyer ivent quelqu'un de ses conseillers; le baron de Barteostein ayant une si gr«nde part à la conliance de l'Empereui', que s'il est possible qu'il se termine quelque affaire, sans qu'il ait été consulté, il ne Test ^iJmv qu'aucune réussisse quand il l'aura contrariée. Il y en a actuellement une très iniporlanle sur le lapis entre le Roi et l'Empereur; et c'est du sort des Étals de la succession de Berjç et Juliers que possède l'électeur palatin après la mort de ce prin«'e'.

On ne peut compreudre dans cette inslruçtioii tout ce qui a rapport à une affaire aussi étendue. Le sieur marquis il<' Mirepoix trouvera dans les papiers qu'il se fera remettre par le sieur de l'Estang tout ce qui est nécessaire pour lui donner U»s notions et les lumii'res (|u'il peut avoir à désirrr sur l'esprit dans lequel tant Sa Majesté que l'Empereur veulent la conduire et la con-

imer. On se contentera d'expliquer ici en un mot que celte ^nccessirm n'est disputée qu'entre le prince de Sulzlweh et le roi de Prusse. Le premier, coumie héritier de l'élecleur palaliu, a le droit le plus apparent, outre qu'au fond il est le plus légitime,

i. Ea i6dA, iiprêtt un loag liti|?e, il avait «té iail, ii CI^vm, un parUiga d« cette kUci-^!i«ion. euir» Fp'(l««ric-Ôuilliiuiue, Hlect«'ur île BriiDil«hourg, et le fine de Neu- (•«urir. Pfiilippe-Ouillaunie. depuis électeur piilatin. l.a part palatine compreaait ■• '■•' Juliers. de Berg et la principauté hrubauconne de Raveastein. Le

l!i -' avilit riève», Mark et Rtivenshei-fr. En 1737, le rameau électoral de

Neudaiir^ mcnaçaut do â'^teindru en la peraonno de l'élocteur palatin Phili|ipd> QuiUaume II, le roi de Fru&se nego<:init à Vieuue pour l'aire passer unx Hnheu- "cm la part p^ilatiue. Il se trouvait eu coullit de prétentions avec CkiArlenttc de Ncubourg-Sulzhaoh, héritier préaoraptir de l'électeur palatin, qui lui daos le palatinat du Rhin et à Juliers en 1742, fUt appelé eu 1777 û lu non de Wleclenr de Bavière et réunit alors les deui éleciurat> d«> Bavière I du Palatinat.

et d'ailleurs le Roi a des engagements secrets avec i^électeur pour lui assurer cette succession. L'Empereur est aiissi disposé à prendre les mêmes engagements au moyen de la garantie que donnera l'électeur palatin de la pragmatique sanction. Ces engagements du Roi et de l'Empereur envers l'électeur palatin doivent demeurer dans le plus grand secret. Les résolutions des États généraux et nos réponses achèveront de met^ le sieur marquis de Mirepoix au fait de la situation actuelle do cette affaire, et il sera informé à mesure des changemons qui pourront y arriver.

L'électeur palatin a deux ministres à Vienne, Tun pour la résidence ordinaire, et l'autre chargé principalement de cet objet, c'est le baron de Wacktendonck , homme de condition, assez versé dans les affaires, poli, d'un caractère doux, mais dont l'attention continuelle à ce qui fait le sujet de sa mission et la passion d'y réussir, le rendra peut-être trop assidu et trop pressant auprès de l'ambassadeur du Roi. A son abord à Vienne, il fut reçu sèchement des ministres de l'Empereur en qui le ressentiment de la conduite de l'électeur pendant la guerre n'étoit point aiïoibli; à mesure qu'ils ont reconnu que l'afTaire de Berg et Juliers ne pouvoit se traiter que do concert avec le Roi, ils se sont adoucis : le baron de Wacktendonck a été mieux traité d'eux, surtout du baron de Bartenstein qui parolt penser plus favorablement que le reste du ministère de Vienne pour la mAison palatine. Il avoue qu'il faut d'autant plus empêcher sa décadence qu'elle seroit désavantageuse à la religion catholique.

L'électeur de Biivière ' n'est pas bien dans l'esprit et dans le cœur de l'Empereur. Il auroit pu trouver de meilleures dispositions pour sa famille dans quelques-uns des ministres, et dans la plupart des personnes de la haute noblesse des États héréditaires de l'Empereur en Allemagne, s'il avoit eu un fils d'un âge proportionné à celui de l'archiduchesse fille aînée de l'Empereur. L'origine de la maison de Bavière, purement allemande, leur est aussi chère que celle de la maison de Lorraine, qu'ils regardent

1. Charles- Albert , né ea 1697, mari de l'archiduchesse Marie- Amélie, fille de Joseph l": il fut empereur, en 1742, sous le nom de Charles VU,

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