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LÀ VALLÉE DE MONTMORENGT

Aussi, c'est le rendez-vous par excellence des bons Gaulois de Paris. Là-bas, là-bas, où fleurit le citronnier! soupirait la tendre Mignon. Là-bas, où rougit la cerise, la cerise de Montmorency I s'écrient les joyeuses Ninettes de Paris quand vient le dimanche et que mai a souri. On va battre la forêt, à cheval, à âne, et les cavalcades font retentir de cris et d'éclats de rire les échos de la forêt, au risque d'éveiller les vieux barons et les grandes ombres sérieuses qui hantent ces lieux où s'est reposé Catinat, où a rêvé Jean-Jacques.

Le chemin de fer du Nord vous transporte aujourd'hui, en une demi-heure, de la fournaise parisienne dans ce rafraîchissant Eden. Partez, vous êtes arrivé. Vous avez passé Montmartre, — le mont des Martyrs, — où saint Denis, saint Rustique et saint Eleuthère furent décapités. C'est là que saint Denis ramassa sa tête et la porta dans ses mains une lieue plus loin, où devait s'élever l'abbaye baptisée de son nom. La légende l'affirme, et pourquoi pas? Dans un pareil effort, on l'a dit, il n'y a que le premier pas qui coûte. Certains ajoutent même que, dans le trajet, le saint baisa tendrement sa tête à plusieurs reprises, action plus difficile à se représenter; mais les miracles sont l'épreuve de la foi.

Voici Saint-Denis même : la ville, l'église, Tab-

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baye. G*est la première station du chemin du Nord. Mais si vous descendez, adieu alors Enghien et Montmorency! La promenade ne sera pas pour aujourd'hui, ou il sera bien tard pour la commencer. Vous vous oublierez devant la vieille église, nécropole des rois, où fut sacré Pépin, où Henri IV abjura, où les vieilles armées de la France venaient prendre leur bannière, Toriflamme, au cri de Mon^oye et Saint-Denis, Vous vous oublierez, et pourtant aucune splendeur visible ne vous tiendra arrêté. Un torrent dévastateur a passé; Thomme a aidé aux ruines du temps. Saint-Denis, une des plus riches églises de l'univers, n'a pas seulement perdu ses joyaux, mais ses ossements et ses poussières. Les caveaux funèbres, à part deux ou trois mausolées, ne contiennent aujourd'hui que des pierres commémoratives, simulacre de ces tombes de rois poursuivis jusque dans la mort, quand la Révolution délirante voulut anéantir le souvenir même de la royauté. Mais on n'efface pas l'histoire, et c'est l'histoire de France qui habite ces cryptes et remplit le sépulcre vide. Passez donc, passez vile, pour ne pas rêver trop longtemps! Vous cherchez pourtant du regard la flèche de la sainte église, flèche funèbre que ne voulait pas voir Louis XIV de sa terrasse de Saint-Germain, et qui fut la

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