CR AIT
trinales que les exégètes néo-protestants élèvent des difficultés sur la sincérité des deux épîtres aux Thessaloniciens et des épîtres aux Philippiens et aux Colossiens, tandis que la lettre aux Éphésiens est mise en suspicion surtout pour une question de style. Disons tout de suite que M. Renan incline à admettre l'authenticité des quatre premières, et il ne doute pas de celle du billet à Philémon, qui est lié à l’épître aux Colossien;. Il croit que la lettre aux Éphésiens n’est pas de S. Paul, mais qu’elle a cependant été écrite sous ses yeux. On voit que nous sommes loin du dédain affiché par M. Havet pour tous les écrits apostoliques, les épîtres aux Galates, aux Corinthiens et aux Romains exceptées.
Si l’on compare à ces dernières celles dont nous abordons présentement l’étude, on constate entre les unes et les autres des caractères de parenté indéniables : même procédé de rédaction, même tournure d'esprit, même milieu, mêmes circonstances, même morale et, sauf les points que nous allons signaler, même doctrine ; avec cela, une grande franchise d’allure, rien qui dénotela simulation d’un faussaire ou la contrainte d’un imitateur. Les épîtres aux Thessaloniciens paraissent avoir été écrites un peu avant la lettre aux Galates ; les autres sont datées de Rome, où l’apôtre avait été, en l’an 61, mené captif.