‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 53 sur 85 · ENS · texte numérisé non relu

ENS

(8) — 1, 4-10 ; in, 14.

Seigneur une indication qui ne se trouve pas dans les écrits de S. Paul. L’apôtre de la circoncision y fait allusion à la transfiguration du Christ à laquelle, dit-il, il était présent (1). Mais, si lPapôtre des Gentils n’a pas l’occasion d’en parler, elle est mentionnée dans l'Évangile de S. Luc, son disciple (2).

La deuxième lettre de Pierre est adressée aux mêmes correspondants que la première dont il leur rappelle Penvoi. La forme ou plutôt le ton y sont assez différents. On sent que l’auteur traverse, au moment où il écrit, une période difficile et douloureuse; il y prévoit même sa mort comme prochaine (3). On ne parle pas, en temps d’épreuve, avec la même placidité qu’au milieu de la paix. Nous avions déjà fait cette observation à propos des derniers écrits de S. Paul. Comme lui, Pierre n’a pas alors seulement à lutter contre des adversaires étrangers à l’Église, mais contre des ennemis du dedans, des hérétiques, et 1l les apostrophe avec la même vigueur et presque dans les mêmes termes que S. Jude dans son épitre catholique, dont nous nous sommes déjà occupés plus haut et sur laquelle nous aurons encore à revenir.

Pourquoi doncM. Renan repousse-t-il la deuxième épiître deS. Pierre ? D’abord, parce qu’elle recommande aux fidèles la lecture des lettres de S. Paul (4). Or, étant donnée l’inimitié qu’il imagine entre ces deux apôtres, l’écrit qui contient une pareille recommandation ne peut être qu’apocryphe. Nous avons démon-

(1) IT Pet., 1, 16-18.

(2) Luc., 1x, 28-36.

(3). IT Pei., 1, 12-15, (4) — in, 15, 16.

tré, dans notre premier chapitre, que cette division entre.les apôtres était une pure invention, bâtie en l'air sur une hypothèse que contredisent les documents mêmes par lesquels on prétendait l’établir. Si S. Paul a pu, dans une de ses lettres, parler de S. Pierre, pourquoi serait-il interdit à S. Pierre de parler de S. Paul? Les épîtres de ce dernier produisaient sur les fidèles une grande impression et ils se les communi-

quaient d’une église à l’autre; S. Paul lui-même le:

constate (1). Dans ce cas, est-ce que S. Pierre pouvait ne pas les connattre? Il devait alors ou en blâmer ou en recommander la lecture. L’ignorance ou lindifférence serait ici seule invraisemblable. On ne s’expliquerait pas que, ayant approuvé la doctrine de S. Paul devant l’Église de Jérusalem, en partie soulevée con-

tre l’apôtre des Gentils, il eût hésité, surtout à un

moment où cette polémique paraissait apaisée, à se prononcer en sa faveur devant les autres communautés chrétiennes. |

On a fait contre la seconde épître de S. Pierre une autre objection. Le motif pour lequel elle aurait été écrite dénoterait, d’après M. Renan, soit la fin du premier siècle, soit même le commencement du deuxième. Elle serait donc apocryphe. Selon cet exégète, les apôtres et les premiers fidèles regardaient un nouvel avènement du Christ comme imminent. Ce miracle se faisant attendre, plusieurs commençaient à se préoccuper de ce retard, et leur foi en était diminuée. L’épitre qui nous occupe a été composée pour leur faire prendre patience. Il serait plus exact de dire que l’auteur l’a écrite pour mettre les Chrétiens en

(1) Col., 1v, 16.

Page 1