‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 60 sur 85 · ES ON PT FER · texte numérisé non relu

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morts qui ressusciteront, et inaugurer le règne éternel de Dieu, en qui les élus jouiront d’une béatitude sans mélange.

Avant de quitter la terre, il fonde une société spiri- tuelle dont il est la tête, qui embrasse tous les temps, tous les lieux, tous les hommes, entre lesquels est - établie une communion de prières, de mérites et de grâces dans le Christ, société gouvernée sous l’autotorité du Christ, pasteur suprême, par des ministres: apôtres, évêques, prêtres, diacres. Pour entrer dans cette société, il faut être marqué du sceau du baptême qui efface les péchés. Une fois devenu chrétien, -si lon retombe dans des fautes graves, on trouve dans la confession un remède qui rend la santé à l’âme malade. Les fidèles ont, dans le pain et le vin consacrés, une nourriture surnaturelle, et ils reçoivent le Saint Esprit. À l’heure de la mort, uneonction d'huile, les fortifiant pour cette épreuve suprême, efface les péchés de leur vie. Un caractère sacré est donné à Punion de l’homme et de la femme. Enfin, le ministre, chargé de distribuer les dons spirituels et de porter aux hommes la parole divine, est muni de ces pouvoirs célestes par l'imposition des mains de ceux qui Vont précédé dans cette dignité.

Toute la partie purement morale de la loi mosaïque oblige les chrétiens, auxquels est en outre proposé le culte de vertus que l’Ancien Testament laissait dans l'ombre: la pauvreté, la chasteté, le pardon des injures. Enfin, trois dispositions qui tiennent ensemble de l'intelligence, de la volonté et du sentiment et qui ont une origine surnaturelle , sont requises pour fonder et développer dans l’âme humaine tout l’édi-

fice chrétien : la foi, l'espérance et la charité (x). Si je ne me trompe, nous avons là tout le christianisme : profession de foi qu’on a appelée symbole des

apôtres, commandements de Dieu, conseils évangé-

liques, vertus dites théologales, sacrements, hiérarchie sacerdotale. :

Ce résultat, me dira-t-on, était prévu d'avance; il n’était pas besoin de tant d’investigations et de tout un volume pour établir que les apôtres avaient enseigné la religion chrétienne. Voilà une entreprise qui, j'en conviens, eût jadis paru pour le moins superflue et que Voltaire lui-même aurait raillée; car, s’il regardait le christianisme comme une création purement humaine, encore faisait-il lhonneur de l'invention aux apôtres. La nouvelle école ne l’admet pas ; elle nie ce que tant de savants, amis ou ennemis, avaient considéré comme certain depuis dix-huit cents ans. Pour elle, la foi chrétienne n’était pas formulée au premiersiècle. C’est pourquoi, sans doute, M. Renan,dans sa longue étude sur la primitive Église, ne présente nulle part, je nedis pas un exposé complet, mais même un simple aperçu de la doctrine chrétienne enseignée par les apôtres.

Un disciple de M. Renan, M. Aubé, affirme que les apôtres n'avaient pas de dogmes. « Quant à l’opinion, dit-il, de ceux qui prétendent » (ceux qui prétendent, vous les voyez d'ici, ce sont toutes les églises : grecque, latine, catholique, schismatiques, hérétiques ; ce sont tous les pères, les docteurs, les théologiens, les historiens depuis le premier siècle jusqu’à nos jours), de ceux donc « qui prétendent que la doctrine chré-

(1) I Cor., xiu, 13.

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tienne est tout entière et dans toutes ses parties contenue dans l’enseignement primitif, elle paraît peu d'accord avec la vérité des faits. » Voilà qui est déjà fort ; cependant, 1l y a encore dans cette phrase quelques mots : « tout entière et dans toutes ses par-

ties, » qui peuvent donner une certaine vraisem-

blance à la proposition ou du moins fournir matière à discussion. Mais l’auteur ne s’en tient pas là. Deux pages plus loin, il écrit en propres termes: « Quant à

distinguer, dans l’histoire de la doctrine chrétienne,

une tradition antérieure à l’enseignement positif des pères et des docteurs, indépendante de cet enseignement et devant servir de règle pour le juger, nous ignorons où l’on trouve cette tradition et quels documents on peut alléguer pour affirmer son existence (1). » Je ne pense pas que M. Aubé ignore l’existence des épîtres deS. Paul, de S. Pierre, de S. Jacques

et de S. Jude; mais il est évident qu’il aura négligé

de les lire et que toute sa science des origines du christianisme lui vient des livres de M. Renan. Je n’insisterai pas; le lecteur jugera lui-même.

IInous reste à examiner les écrits attribués à S. Jean, la troisième colonne de l’Église, suivant l’expression de S. Paul.

(1) Aubé (Benjamin). Histoire des persécutions de l'Église. La polémique païenne à la fin du re siècle, Paris, 1878, in-12, p, 11.

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