‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 72 sur 85 · ST ES · texte numérisé non relu

ST ES

pédant d'école ou d’académie pour être doué d’un génie hardi, d’une intelligence déliée et subtile, d’un cœur ardent et tendre, d’une nature délicate? Les livres sacrés des Juifs ne suffisent-ils pas à développer dans celui qui les étudie le sens du vrai, du bien, du beau, du sublime ? Et les méditer sous la direction d’un maître tel que Jésus (et je ne parle ici que du fils de Marie), n'est-ce pas la plus haute culture morale et intellectuelle qu’âme humaine ait jamais pu recevoir? Nonne cor nostrum ardens erat in nobis dum loqueretur in via et aperiret nobis Scripturas (1)? Que le pêcheur du lac de Génésareth fût grossier le jour où il a suivi Jésus, je le veux bien. Mais il ne l'était plus après trois ans d'intimité avec lui, et cinquante années de prédication et de controverse n’avaient pas manqué de développer et d'affiner son esprit. D'ailleurs, au fond, qu'y a-t-il de plus, dans la théologie du quatrième évangile que dans celle des épîtres de $. Paul? L’apôtre des Gentils, voyant en Jésus le Fils de Dieu, n’enseignait-il point que, avant de naître au monde dans la personne du Fils de l’homme, le Christ vivait dans la divinité de son Père, qu’il était la vertu et la sagesse de Dieu (2), qu’il avait participé à la création du monde, etc.? Que fait de plus l’auteur du quatrième évangile, ‘sinon de lui donner un nom dans cet état divin? Et ce nom était « le Verbe ». M. Renan ne voit pas de difficulté à ce que S. Jean appelle ainsi Jésus-Christ dans l’A pocalypse. Pourquoi ne le pourrait-il plus dans l'Évangile ?

Personne n’a contesté sérieusement que lApoca-

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