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développement a élé coordonné à cel de l'Église elle-même. La simple critique des textes ne peut démontrer l'institution divine du pontificat romain, ni déterminer les conditions légitimes de son exercice ; mais le sens historique de la Bible n'est pas tout ce dont la foi dispose pours'instruire, etiln'est pas davantage une limite imposée à la vérité biblique. La considération historique de l'Écriture ne compromet pas plus l'autorité de l'Église qu'elle ne ruine tout autre élément du christianisme vivant. Elle ne détruit qu'une chose, le mirage du raisonnement par lequel on croyait déterminer d'une manière absolue, en partant d’un texte biblique, la forme nécessaire et immuable du pouvoir ecclésiastique, comme si le texte eût défini cette forme immuable et que celle-ci eût été perpétuellement réalisée. Il n’y a d'immuable ici que le principe, et l'application du principe a suivi nécessairement l’évolution générale de la société chrétienne. Le principe est absolu, l'application est relative. Il n’est pas étonnant que l'Église à laquelle préside le Pape Pie X se gouverne autrement que la première communauté de Jérusalem.
A. Loisy. — Aulour d'un pelil livre. 12
Les.
Vous remarquerez que je n'ai pas beaucoup insisté, dans mon livre, sur la nature de l’autorité ecclésiastique ni sur les formes contingentes de son exercice. Je ne pouvais le faire utilement dans le cadre que je n'étais tracé. J'ai dit cependant que le Christ n'avait pas fondé une hiérarchie de domination, mais une hiérarchie de dévouement, un service. Il ne m'était pas venu à l'esprit que cette assertion pourrait étonner quelques personnes. Me rappelant ce qu'a été Jésus durant son ministère, et qu'il a dit être venu, non pour être servi, mais pour servir ; ajoutant foi au titre de « serviteur des serviteurs de Dieu », qu’a retenu le Pontife romain ; sachant ce qu'est maintenant toute société humaine qui a conscience du droit de l'humanité, j'avais oublié la thèse ingénieuse d’après laquelle le Christ a bien pu choisir la croix pour lui, en réservant un trône à son vicaire. Hélas! les rois aussi sont faits pour les peuples, et les peuples commencent à s’apercevoir qu'ils n'ont aucune raison de conserver les souverains qui croient que les peuples sont faits pour eux. S'il y a quelque part une charte perpétuelle de l'Évangile, elle est bien dans les