RENE
de notre pays, l’auteur n'a rien à dire, si ce n'est qu'il n'y répondra pas. Autant qu'il est en lui, 1l ne veut avoir part ni aux sentiments ni à l'esprit qui caractérisent les principaux documents de cette polémique.
Les lettres qui constituent le présent volume tendent à éclaircir soit la question biblique en général, soit la méthode qui a été suivie dans L'Évangile et l'Église, soil quelques sujets importants qui ont été à peine abordés dans ce livre, à savoir l’origine et l'autorité des Évangiles, la divinité de Jésus- Christ, ou qui y ont été sommairement traités, comme l'institution de l'Église et des sacrements, l'autorité des dogmes.
L'auteur avait adressé L'Évangile el l'Église au « lecteur de bonne foi ». Il fat de même pour les explications qu'il publie maintenant, comme 1l a publié le précédent livre, selon le droit qu'il croit avoir de dire sa pensée, surtout après qu'on l’a travestie, et sous sa propre responsabilité. Il s'était proposé d’y joindre un examen critique des
récits de la résurrection du Sauveur, dans les quatre Évangiles. Mais il a jugé, à la réflexion, qu il en‘avait dit assez sur ce point et que ses conclusions n'avaient pas besoin de commentaire.
écrivant en France, c’est-à-dire en un pays de libre discussion, où la science indépendante a eu des représentants plus brillants et plus écoutés que ceux de l’exégèse traditionnelle, il n’a pas à craindre de surprendre ses lecteurs, même catholiques, en posant devant eux des problèmes nouveaux et déconcertants pour leur foi. Il se ferait scrupule et il aurait honte d’inquiéler les âmes simples dans la païsible possession de leur croyance. Mais il est convaincu, à tort ou à raison, qu'il y à, dans le catholicisme français, trop de personnes, et depuis trop longtemps, qui n'ont pas assez peur de scandaliser les savants. À chacun sa clientèle. Les vrais et bons ignorants ne le lisent pas. Si des ignorants qui‘ devraient savoir, et qui veulent toujours ignorer, viennent chercher dans ces pages de quoi
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s'étonner ets'indigner, ils seront servis à souhait. D'autres pourront trouver cette publication inopportune. Mais «importun » et« inopportun » ne sont pas synonymes. L'on avoue humblement 1e1 n’avoir que trop mérité jusqu'à présent le premier de ces qualificatifs : on croirait pouvoir contester le second.
L'on n'entend point, d’ailleurs, faire de la question biblique le problème religieux ou la question catholique par excellence.
D'autres questions non moins graves, plus directement pratiques, sollicitent l'attention des chefs de l'Église et celle de tous les catho- liquessincères. Mais certains hommes d'action doivent beaucoup s'illusionner en se persuadant qu'une telle question est accessoire et qu'elle pourrait être bien vite réglée par des procédés analogues à ceux qui ont été employés jadis contre Galilée et contre Richard Simon.
Ces expériences n’ont rien d’encourageant. La question biblique, disons-le puisque plusieurs semblent ne pas le com-