LES GOUTS NOUVEAUX DU PUBLIC
Le public allait s'élargir. M. Normand '■ nous montre toute une bourgeoisie riche commençant à venir aa théâtre, où, jusqu'alors, on ne voyait que des petits maîtres et des commis mêlés avec du populaire et des laquais. Ce public de riches marchands, public peu cultivé, ne pourra goûter le genre âpre, emporté et sombre de Racine.
Oui, dès 1680, on pressent les mœurs plus douces de la Régence. Les fureurs de la passion d'amour, nées dans de violentes âmes de féodaux, fureurs ignorées de la si mesurée et douce âme française, disparais-
qu'il n'y a pas plus traditionnaliste que Racine. Qui veut-on donc que le poète eût épousé ? Un bas-bleu comme La Fontaine ? Non ! L'infortune de son cousin ôtait à Racine toute velléité de songer à une femme cultivée.
Et puis enfin — donnons toutes les raisons possibles — l'on a dit (Taine) que l'homme du midi, en mariage, cherche le bonheur, l'homme du Nord, le confortai^le.