HABILE TACTICIEN SA MEILLEURE PIÈGE C'EST SA VIE
Racine, être infiniment logique, mena sa vie encore plus parfaitement qu'aucune de ses pièces, réussit tout ce qu'il entreprit. — Il maîtrisa sa famille, séduisit le public, la Cour et le roi, par des œuvres dont la forme charmait les uns, tandis que le fond ravissait daise le monarque et les grands seigneurs. — Il entra à la Cour, se mit de la dévotion, flatta Port-Royal, mais sans se compromettre. — Il valait infiniment mieux que ses ennemis et que son temps. — Et puis il a dû cruellement souffrir, car, il y eut deux hommes en lui. — Peut-être n'a-t-il eu d'autre tort, ce demi-dieu, que de venir «trop tard, en un siècle trop vieux. »
Racine, malin comme d'Ennery.
F. Sarcet.
Racine était extrêmement malin.
E. Fa GUET.
Racine, stratégiste comme Annibal et Bonaparte.
Gapperon.
Et maintenant, ce livre si impertinent, pourquoi ne pas le terminer * en montrant l'impeccable stratégie
1. Terminaison bien brusque, surtout aux yeux de ceux qui n'auront pas lu Athalie confession de Racine (au Correspondant, 25 sept. 1910). Mais !... il fallait ne faire qu'un volume, et celui-ci est déjà bien gros !
de ce Racine, de qui, soi-disant, rexistence n'aurait été que troubles, ballottements, crises de conscience et orages. Je crois que ce prodigieux, génie, d'autant plus difficile à pénétrer qu'il est plus loin de notre douce mentalité française, dirigea en fait ses opérations, à tous les âges, avec un art, une maîtrise sans précédent, — car jamais ambitieux n'avait visé conquêtes plus difficiles à arracher à la fortune.
Il avait à livrer bataille contre trois adversaires également redoutables, en face de qui, avec qui, ni la même tactique, ni les mêmes armes ne pouvaient réussir : le public, la Cour, le roi.
Le public, c'est Paris, devenu plus libre, Paris « dont le cerveau a changé depuis Corneille » (Jules Lemaître). Paris, railleur, assez routinier, fin, délicat, répugnant aux violences, au contraire modéré, trop modéré en tout. C'est ce Français dont Taine nous a fait le portrait: un sceptique souriant, qui se laisse amuser de « riens » bien présentés * ; qui a du mal à
1. Ce portrait du Parisien, du très Français, a tant de fois été fait par des écrivains célèbres que je me mets, tout de suite, à l'abri derrière leur opinion.
Tout d'abord ceci sur quoi tout le monde est d'accord : un très Français est quelqu'un en qui la marque des provinces originaires n'apparaît plus. La Fontaine n'est pas très français, carie Champenois prédomine en lui (et, dit -on, le Poitevin). Mais Molière semble le parfait Français.
M. Gaston Boissier va préciser : « Un auteur très français est celui qui, en la forme apparaît clair, concis, ordonné » (cela peut être Racine) * mais, comme fond s'exprime de préférence avec malice et enjouement ». (Cela serait bien peu Racine, surtout le Racine des Plaideurs où la gaieté est âpre, forcée, — ce qui, au surplus, ne lui donne que plus de saveur,étant d'un genre presque unique chez nous).
Dans ses Carnets de voyage, Taine :
< S'amuser, causer, vivre en groupe, écouter des vaudevilles, courtiser de jolies femmes, rire et souper avec sa maîtresse, se battre de
s'éprendre de qualités fortes, qui même tout de suite les gouaille quand il les rencontre; le Français, qui, en somme, démolit plus de réputations qu'il n'en crée, et, qui goûtant tout avec quelque légèreté, ne saurait rien aimer très profondément. L'avoir contre soi est fort périlleux, mais l'avoir pour soi donne peu de chose.
La Cour, avec ces gentilshommes qui, hier encore, étaient à l'action, est remplie d'êtres sanguins violents, hautains, passionnés pour tout ce qui flatte leur orgueil. Ceux-là prennent volontiers le contrepied des engouements des petites gens.
Pour le courtisan (et courtisan veut dire homme de Cour ', rien n'existe en dehors des êtres « de qua-
bon cœur ; à la première occasion s'enthousiasmer pour un chef ; ne pas faire son devoir — ou faire plus que son devoir; se prodiguer dès que le but est éclatant ou que l'opinion le déclare tel... Subir l'organisation, le fonctionnaire. Manquer d'initiative morale et intellectuelle, prendre les idées toutes faites, et aimer les phrases, qui, justement, sont des idées toutes faites. Petites adresses et petits moyens. »
1. Parmi les méprises dues à une mauvaise interprétation du sens du mot courtisan — sens fixé par Molière, cependant — il s'est trouvé que des critiques ont mal saisi la phrase de Louis XIV : « Gavois avec Racine fait Racine courtisan. Racine avec Gavois , fait Gavois bel esprit »,C3 qui veut dire que l'intimité des deux hommes, est telle qu'ils échangent leur personnage, — mais pas une minute, que Gavois était obligé de peser sur son ami afin de le décider à faire la cour au roi...
Racine ayant besoin d'un précepteur de courtisanerie ! Mais on le vit en pleine Académie, dire que la langue française l'emporte en gloire sur toutes les autres, parce que c'est celle même qui a servi à célébrer les mérites du plus grand des rois.
Non, Sainte-Beuve avait raison, ce qu'on a le plus de peine à pardonner à Racine, c'est sa platitude envers le roi !
Et certes ce ne sont pas les sonnets religieux découverts récemment à Saint-Pétersbourg — qui nous donneront une meilleure opinion de Racine courtisan. Dix sonnets consacrés à dire à Dieu que le roi est
lité », en dehors de ceux qui ont la naissance, et — par suite — les dignités. La souffrance, les luttes d'âme d'un être humain ne les intéressent qu'en proportion de son rang. Même ce « sang bleu » qui a un rang, cesserait brusquement d'intéresser la Cour s'il sacrifiait ce rang. En littérature, la Cour a des préjugés absolus; et, si puissant que soit le roi, il n'arriverait jamais à la décider à goûter une œuvre qui heurterait ses idées.
Inutile d'ajouter que sa moralité est déplorable, sa loyauté nulle '.
Le roi, c'est surtout celui-là qu'il faut gagner, puisqu'il est la toute-puissance. Même à cette épo-
son chef-d'œuvre — et à lui recommander de ne pas l'oublier I (Sic)
Ils sont d'ailleurs si quelconques que je me refuse —jusqu'à ce que j'en aie contrôlé l'écriture — à croire qu'ils sont de Racine. Mais jusqu'à cet examen pourquoi prendre parti? Rappelons-nous que ce fut à l'écriture seulement que, cinquante ans après la mort de Racine, son Histoire de Port-Royal, tenue d'abord pour apocryphe fut ensuite reconnue être bien de lui.
1. ... Dans cette Cour, Combien ce que l'on dit est loin de ce qu'on pense. Avec combien de joie on y trahit sa foi (sa parole)! {Britannicus).
Albert Sorel nous reproche de juger tout ce vilain monde du XVII» siècle sur ses manières: « Le bon ton, le beau langage, les belles manières, l'inconscience et l'ironie de ces scélérats de haute volée (la Cour) nous empêchent de prendre leur scélératesse au sérieux. »
On sait la fière déclaration du grand seigneur qu'est La Rochefoucauld, lui qui a vu de près la Cour et Louis XtV: « Le siècle présent surpasse les précédents dans l'excès des crimes.»
Nous nous révoltons devant les Caractères que peint La Rochefoucauld. Les personnages de La Bruyère nous semblent des êtres moins méprisables. Mais La Bruyère peint plutôt le bourgeois, La Rochefoucauld le courtisan.
« Il faut se rendre à l'évidence : ce décor magnifique de la France monarchique et chrétienne (Louis XIV) cachait parfois des ruines, des choses usées, finies, n'ayant plus en elles qu'une force apparente» [Ed. Drumont).
que où il semble que la naissance soit tout, la faveur est davantage encore. Qu'un homme « de peu » se rende agréable, et aussitôt sa fortune peut devenir prodigieuse \ Gela, nul ne le sait mieux que le jeune cousin de Nicolas Vitart, Tintendant du duc de Luynes. Cent fois Racine a entendu conter par quelle rouerie un page, habile dans Tart de la vénerie, sut attirer l'attention de Louis XIII. Grand favori, il fait assassiner son rival, le maréchal d'Ancre, et prend sa place et ses dépouilles. Oui, mais, Luynes, pour se faire remarquer, n'avait qu'à se poster sur le passage du roi avec ses faucons ; tandis que le jeune Racine, qui vit loin de Versailles, n'a aucun moyen d'être aperçu. Il lui faut donc faire quelque bruit, lancer à Paris une œuvre que le roi voudra connaître, — où, tout de suite, d'instinct, il flairera un complaisant qui pourrait devenir l'émetteur de certaines idées. Ces idées, le roi, les voudrait voir proclamer par quelqu'un qui les ferait accepter, opérant d'une façon si adroite que personne ne soupçonnerait qu'elles sont celles mêmes du monarque.
Or çà, quelle sorte d'ouvrage le roi souhaiterait-il voir servir au public ?
Pour le savoir, étudions l'homme!
Il n'a rien d'un Français. Même, s'il n'est pas, comme certains le pensent, le fils de Mazarin % c'est
1. « Le roi, de rien, forma plusieurs géants de grandeur > (Saint- Simon).
2. On sait quel triste individu était ce Mazarin. Veuillot avoue qu'il eut tous les vices. L'honnête Boileau, (dans des vers, qu'il voulut
un Italien à tempérament ardent, un brutal. Ses sujets lui appartiennent; il ne doit de compte qu'à Dieu. C'est donc le type de l'autocrate et de l'amoral. Toutefois, parce que sensuel, il est artiste, et il goûte l'élégance de langage, les belles manières, la politesse, l'étiquette souriante.
En fait d'art et de littérature, on sait qu'il souhaite fort voir apparaître quelque genre nouveau, qu'on pourrait dire inspiré par lui, — genre franchement différent de celui, déjà un peu démodé, que le vieux Corneille a fait triompher.
Eh bien Racine va réussir à satisfaire entièrement le demi-dieu et la Cour, — sans cependant trop choquer le public, qui, lui, seul des trois, en fin de compte, est français.
Afin de gagner le monarque. Racine va paraître convaincu que les crimes royaux sont presque vertueux, par cela seul que ce sont actes de rois. Dès lors, — ne faisant jamais agir que des personnages du plus haut rang, du rang suprême, il consacrera la libre satisfaction des instincts, rendra légitimes, fussent-elles monstrueuses, les fantaisies d'êtres C revêtus de la dignité souveraine *.
détruire), nous dit son dégoût de la corruption dont Mazarin a gangrené la France.
Louis XIV aujourd'hui n'est plus défendu. Même M. Funck-Brentano, l'exécute en quelques mots : « Egoïsme absolu, rudesse, dureté, médiocrité d'intelligence. »
On sait qu'il était sale,« puant de partout » (lui dira en face M"« de Montespan), laid, de petits yeux de fouine, grêlé.
Pour M. Lavisse, Louis fut un Espagnol (par sa mère Anne d'Autriche). Tout orgueil, cruel et brutal, un fauve. Son goût de vouloir vivre loin de ses sujets — à Versailles — est plus qu'espagnol, presque arabe, — l'Escurial!
1 . < Racine, avoue Jules Lemaître apparaît un pea poète de Cour;
Pour les grands, il tiendra à bien marquer que toutes les passions doivent s'incliner devant des considérations de rang. Il exaltera ainsi un Titus résistant à une mésalliance, il magnifiera des purs diamants de sa poésie un préjugé de caste. Les beaux animaux quMl mettra sur la scène n'auront, ainsi, qu'une seule conscience, celle de la « sensibilité » à leur rang.
Quant au public français, pour lui, — surtout pour lui — il y aura, éparse sur l'œuvre, une subtile et tendre douceur, une modération, un tact, une réserve dans l'expression des sentiments les plus atroces, qui devront arracher, quand même, — malgré le fond — les applaudissements : « Ah! qu'en termes galants ces choses-là sont dites ! »
Voilà pour la tactique imaginée, savamment combinée : Passons à son exécution.
Racine va se déployer, surtout, comme homme d'infiniment de goût. C'est peut-être — qui sait ? — lui qui a créé le goût.. .{On. dirait que c'est l'opinion de Goethe). Il est unique, en ce sens que, violent comme un homme du Nord, il a cependant au suprême degré le souci de la beauté plastique qu'igno-
ses admtrat^iurs déclares soat Gondé, Colljert, Ghevreuse, Mortemart, Vivonne, M"»» de Montespan. » L'odieux Mithridate fut, parait-il, le personnage de prédilection du roi(Dangeau). Lisez attentivement Bérénice, ce type de la pièce de Gour. Les personnages n'y semblent penser qu"à leurs panaches. Que de phrases de pure vanité ! Quel souci du rang, du tabouret !
M. Haraucourt, fut, je crois, le premier à deviner que certains passages et le ton d'Iphigénie tendaient à faire comprendre au roi que Racine serait tout à fait à sa place à la Cour. Quel beau discoureur que ce majestueu.'î Agamemnon !
rent les septentrionaux, lesquels ne l'ont jamais trouvée, ne la cherchant même pas.
Sa muse sera toujours, en toute circonstance, de manières polies, de langage affiné, ciselé, — un rien précieux et, pourtant, simple, c'est-à-dire sans surcharge d'ornementation, sauf peut-être dans Phèdre.
« Parmi cette cohue de la Cour, toute en gros velours, en broderies et en rubans, dans ces salons épris de falbalas et de chamarrures » * où il y a trop de couleurs, trop de mauvais goût italien, trop de dorures, de pailleté et de clinquant, sa muse va rester « enrobe grise et d'élégance unie »^ Au milieu de ces bruyants seigneurs dont la voix tient à rappeler qu'elle est habituée aux commandements et garde « la sonorité cornélienne », elle apporte la caresse de phrases murmurantes comme des sources, « remplies d'e muets, — molles comme si des bouches florentines les prononçaient », — si douces qu'on les dirait toutes rimées en rimes féminines, de cette poésie où abondent pour l'oreille, les vers de onze ou neuf pieds, rompant ainsi délicieusement «le rythme carré des alexandrins. » Il supprime la tirade dont se fatiguerait ce roi, obligé de subir si souvent l'éloquence ronflante de prédicateurs solennels.
Et, de la sorte, Racine, par une concision si nouvelle, par la modestie des tons de sa palette, par le nuancé
1. Ici nous faisons quelques emprunts à un orateur déjà maintes fois cité, l'abbé Vignot.
2. Gomme le style si pur de la Renaissance française en offre, à La Ferté-Milon,de si merveilleux éclaantillons. Pour Courajod l'élégance unie, des sculptures du vieux château est dorienne ! Au Trocadéro, on tient le couronnement de la Vierge comme une merveille égale au Puits de Moïse de Dijon. Sans doute provient-elle des mêmes artistes wallons.
de ses effets opalins, tout en demi-teinte, — par un je ne sais quoi d'élégant, de souriant, de pudique dans la forme, atténue la brutalité d'éclat des passions hideuses qu'il va déchaîner. On peut l'écouter en fermant les yeux, et alors, les crimes les plus monstrueux semblent acceptables. Ne sont-ils pas, après tout, nés des faiblesses humaines, faiblesses fatales? Et puis, cette musique des mots est si exquise 1 Elle vous transporte. Elle fait tout oublier. Est-ce qu'une femme peut rester odieuse, quand elle inspire cette mélodie ? :
La fille de Minos et de Pasiphaé
Aux pieds de l'Eternel, je viens m'humilier, Et goûter la douceur de me faire oublier.
Ou encore ces deux vers si goûtés de M. Anatole France — ces vers qui transportèrent Banville et Théophile Gautier :
Ariane, ma sœur, de quel amour blessée
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée.
Celui-ci dont raffolait Hérédia ;
Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte.
Le spectacle d'un égorgement peut-il encore choquer, traduit par cette image artiste ?
Dans des ruisseaux de sang Troie ardente plongée
CE QUE FUT RACINE 4l5
Nous serions choqués, si Herraione en furie criait à Oreste; « Eventre Pyrrhus, et aussitôt je me donne à toi ! » — Nous acceptons sans broncher ;
Revenez tout couvert du sang de l'infidèle ; Allez 1... En cet état, soyez sûr de mon cœur.
(Cest la même chose, mais... il y a ce que M. Lavedan a appelé la manière^ — et la manière de Racine est si joliment française !...)
Celui-là seul, parmi les spectateurs, sera quand même heurté, de qui l'œil attentif aura surpris le très furtif geste, geste atroce, ajouté au texte, et qui va restituer à l'acte toute sa sauvage et fébrile animalité. Mais, à la lecture, ce geste échappe... Et ceux qui ignorent — ils sont légion — que Racine ne devrait pas être lu, mais vu, (car Racine n^est pas tout entier dans son texte) peuvent s'y méprendre. C'est ainsi que les lecteurs de Racine — surtout les professeurs
— le croient doux, tandis que pas un de ses acteurs
— j'entends, ses acteurs intelligents — ne le juge tel. Et alors, comme sa pensée est plutôt générale, qu'il
a représenté des types de toujours, personne ne veut voir combien lointains sont ses héros et combien amoraux, combien haïsseurs ! Il les a enguirlandés de tant de fleurs !
Et, nous Français, bon et doux peuple voué aux illusions, nous tenons si peu, si peu à savoir ce qu'on a caché sous les fleurs!... Celles qu'ofl're Racine sont, d'ailleurs d'un éclat si merveilleux, d'un parfum si troublant!... Le sang?... Mais on ne le voit pas... Est-ce qu'il fait tache... sur la pourpre?
Racine a réussi — non sans peine. Oh ! le public de Paris, malgré tant de dextérité, a regimbé, — si effrayante, si menaçante est l'immoralité latente de ses tragédies. Mais du moins le roi, la Cour, Gondé — et aussi les beaux esprits, les artistes en phrases, ont dil qu*il fallait applaudir, — et le public n^aplus autant protesté.
A cette difficile et laborieuse intrigue, Racine s'est •formé, s'est fait la main. Il connaît désormais son f monde — « Une grande bête! On étudie ses inclinations ; on trouve bien ce qu'il trouve bien, mal ce . qu'il trouve mal ! »
Dans la deuxième étape, — celle de l'apparente conversion, étape qui, très vite, va faire de lui un familier de Versailles et de Marly — il opérera avec non moins de maîtrise. Gomment Napoléon, lui « merveilleux préparateur », n'a-t-il pas compris le savoir-faire et admiré le tactique de Racine ? Napoléon « pensait toujours deux ans d'avance » '. Eh bien. Racine, quinze ans avant tout mouvement vers la dévotion, trouve moyen d'employer la préface de Phèdre, Phèdre, la plus criminelle de ses héroïnes, à se frayer les voies. Il nous jure avoir fait cette pièce dans le but de réconcilier avec la tragédie des personnes célèbres par leur piété, « en mettant à jour la vertu » ; et cela prend M